Le courage constitutionnel et citoyen des juges kenyans

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Les membres de la cour suprême

A travers la réponse à trois questions, les juges de la cour suprême du Kenya viennent d’invalider les résultats de l’élection présidentielle du 08 août dernier. Ces juges ont déclaré contraire aux dispositions de la constitution, la réélection de Uhuru Kenyatta.

Kenyatta avait été déclaré vainqueur avec 1,4 million de voix d’écart et 54,27 % des suffrages contre 44,74 % pour Raila Odinga. S’en est suivi une contestation violemment réprimée par la police et le dépôt d’un recours à la cour suprême par le regroupement de l’opposition.

Si maints observateurs et analystes prédisaient une décision en faveur de Uhuru Kenyatta, la cour suprême a, contre toute attente, invalidé ce 1er septembre 2017 l’élection présidentielle du 08 août dernier. Une décision qui fera date dans les annales de l’histoire politique du continent si on sait que c’est une première.

Courages constitutionnel et citoyen, tel est le qualificatif qui pourra au mieux qualifier ce geste des derniers remparts de la constitution kényane ce vendredi de l’Aïd-El-Kébir où furent immolés sur l’autel de la République, fraude électorale, corruption d’électeurs et trucage des résultats.

En effet, le regroupement de l’opposition kényane autour du candidat commun Raïla Odinga, l’éternel perdant, avait crié fraudes électorales et dénoncés des irrégularités constatées au cours de la période préélectorale, électorale et postélectorale. La proclamation de la victoire de Uhuru Kényatta et la contestation qui s’en est suivie avaient des dégâts matériels et de pertes en vies humaines dont le décompte dépend du bord politique.

Faisant preuve d’une maturité politique, le déclaré perdant, a saisi la cour suprême malgré sa précédente déception auprès de la même cour. L’invalidation de l’élection du président sortant par la cour suprême kényane est un signal fort lancé à ses institutions sœurs de l’Afrique surtout subsaharienne où dans nombre de pays, élections présidentielles riment avec fraudes électorales, bastonnade de contestataires et boucheries partisanes. Pour le juge en chef de la cour suprême kényane, David Maraga, « La grandeur d’une nation réside dans sa fidélité à la Constitution, dans le strict respect de la loi, et surtout dans la crainte de Dieu ».

Le Président déclaré par la commission électorale respecte la décision de la cour constitutionnelle malgré qu’il soit en désaccord avec celle-ci. De nouvelles élections présidentielles sont à organiser dans les 60 prochains jours mais pour l’heure, les Kényans et l’Afrique toute entière attendent avec impatience les détails de la décision de la cour suprême.

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