Pascal Bodjona : de la prison à la Présidence ?

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La question mérite d’être posée, vu la grande mobilisation spontanée de la population pour accueillir, l’ancien ministre de l’intérieur, Pascal Bodjona à sa sortie de la prison de Tsévié (30 km de la capitale) le samedi 06 février 2016.

On se croirait aux moments forts d’une campagne électorale. Conducteurs de taxi-moto, les sympathisants avec la famille en tête de foule, se sont transportés à Tsévié malgré le fait que jusque tard dans la nuit du vendredi 05 février, aucun bruit n’a fuité sur sa libération.

Tout espoir était dissipé après le rejet le mercredi 02 février du fond, de la requête de mise en liberté provisoire formulée par le collectif d’avocats du premier Directeur de Cabinet de la Présidence sous Faure Gnassingbé, déposé à la maison d’arrêt de Tsévié le 21 août 2014 sur mandat du juge d’instruction du 4ème cabinet du Tribunal de Première Instance de Lomé, Komi Soumdina.

Le portail de son domicile à Lomé était noir de monde, venu constater l’effectivité de la libération de Pascal Bodjona qui n’a rien perdu de son physique imposant et de son éloquence après 525 jours de détention.

« Vous me voyez sans avenir ? Je viens d’arriver, je suis chez moi, je vous donne clairement la conviction et le sentiment que le débat est ouvert. Mais l’avenir d’un  homme est dicté par son créateur », a-t-il lancé à la fin des quelques heures de bain de foule de Tsévié à Lomé.

Toute porte à  croire à son retour imminent au devant de la scène politique togolaise, comme l’ont fait bons nombres de politiciens Africains après leur moment de disgrâce avec le parti au pouvoir.

« Tout comme on ne peut interdire à un menuisier de scier son bois, personne ne peut empêcher Pascal Bodjona de faire la politique (…), je suis donc loin de prendre ma retraite politique… J’entends poursuivre mon action politique dans la dignité », avait-il déclaré à la presse locale deux mois avant sa nouvelle arrestation.

Reste à voir, l’orientation que le bras droit du pouvoir en place va donner à sa popularité, issue des sept  mois de détention à la Gendarmerie Nationale, couplés des 19 autres à la Prison Civile de Tsévié qu’il vient de boucler.

Son plaignant, l’Emirati Abass Al-Youssef, l’accuse depuis 2012 d’une escroquerie qui lui aurait coûtée une bagatelle de 48 millions de dollars entre 2008 et 2010.

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