Emploi et Civisme : le CNJ s’engage pour la jeunesse

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Lomé accueille en octobre prochain un sommet africain, sur la sécurité maritime et le développement. Pendant que tout le pays prépare d’arrache pied cette rencontre d’envergure qui devrait repositionner le Togo sur la scène internationale, les jeunes ne veulent pas rester en marge. Le conseil national de la Jeunesse (CNJ) envisage organiser prochainement « les journées sur la mer », une activité qui permettra aux jeunes de découvrir les différentes opportunités que leur offre la mer. Dans cet entretien accordé à Elite d’Afrique, Regis Batchassi, président du CNJ, parle des motivations de cette rencontre et reviens sur le travail du CNJ.

 

EA : M. Régis Batchassi, voudriez vous bien nous rappeler le rôle du Conseil National de la Jeunesse (CNJ)?

Régis BATCHASSI : Le Conseil National de la Jeunesse est une plateforme des associations ou ONG de jeunes. Quand je dis jeune, c’est toute personne dont l’âge est compris entre 15 et 35 ans selon la Charte Africaine de la Jeunesse. Donc Le Conseil National de la Jeunesse est une plateforme des jeunes instituée par le gouvernement en 2008 pour servir en tant qu’organe consultatif national sur des questions de la jeunesse. C’est également un instrument d’exécution et de mise en œuvre dans le cadre des politiques publiques élaborées par le gouvernement ou des partenaires. Le  CNJ est en quelque sorte l’interlocuteur privilégié de la jeunesse togolaise auprès du gouvernement et des instituions internationales et nationales en plaidant pour les préoccupations venant de cette jeunesse.

 

EA : Lomé accueille en mi octobre, la conférence de l’Union Africaine sur la sécurité maritime. En prélude à cette grande rencontre, le CNJ organise une activité à l’attention des jeunes. De quoi s’agit-il?

Régis BATCHASSI : En tant que citoyen togolais, je me réjouis et félicite d’abord les premières autorités qui ont pris l’initiative d’organiser le sommet de l’Union Africaine sur la sécurité maritime et le développement au Togo. Je voudrais affirmer le grand intérêt de la jeunesse pour ce sommet. Cet intérêt se traduira par la forte implication de la jeunesse Togolaise dans l’organisation de ce sommet. Le Conseil National de la Jeunesse envisage organiser une activité que nous appelons « les journées sur la mer » qui constituent un cadre de découverte des opportunités de la mer pour notre jeunesse. Et également l’engagement en faveur des défis liés à la préservation de la mer, la lutte contre l’érosion côtière, la salubrité côtière et la sécurité maritime. Mais en dernier ressort aussi, un cadre ou une tribune qui permettra aux jeunes de découvrir les installations portuaires à travers une visite guidée que nous allons organiser à leur intention. Je dis que c’est un projet et je voudrais profiter de ce canal pour inviter et solliciter l’appui de tous les partenaires techniques et financiers pour accompagner cette initiative du Conseil National de la Jeunesse qui vise à amener notre jeunesse à appréhender les enjeux et défis de ce sommet et  à y jouer sa partition pour la réussite de ce sommet.

EA : A part cette rencontre, quels sont les défis sur lesquels vous travailler au CNJ pour l’épanouissement de la jeunesse togolaise?

Régis BATCHASSI : A l’entame de notre mandat, nous avons diligenté un diagnostic de défis auxquels étaient confrontés notre jeunesse et il ressortait clairement que notre jeunesse était confrontée à deux (02) grands défis notamment celui de la citoyenneté et celui de l’emploi. Le défi de la citoyenneté parce que les comportements civiques et l’esprit d’engagement civique sont insuffisamment mis en pratique au sein de notre jeunesse ; ce qui réserve des conséquences négatives dans le développement même de cette jeunesse et de facto dans le développement de notre pays, le Togo en général. Le second défi qui est celui de l’emploi, qui est une préoccupation majeure de notre jeunesse qui représente la frange la plus importante de notre pays le Togo ; et malgré les innombrables  efforts consentis par le gouvernement notamment dans la mise en place des dispositifs et mécanismes d’accompagnement des jeunes, il y a encore beaucoup d’attentes qui sont enregistrées auprès de cette jeunesse. Pour nous au Conseil National de la Jeunesse, c’est un grand défi à relever et nous comptons agir à deux (02) niveaux :d’abord pour un plaidoyer fort auprès du gouvernement pour d’avantage l’encourager à poursuivre et à accroître les opportunités d’emploi pour notre jeunesse ; mais également à un deuxième niveau pour sensibiliser cette jeunesse, renforcer ses capacités, lui permettre de disposer du potentiel nécessaire pour accéder à toutes ces opportunités et mécanismes d’accompagnement envisagés par le gouvernement.

EA : Vous avez ciblé des actions phares pour redresser la situation?

Régis BATCHASSI : Oui. Nous avons partagé en fin d’année dernière avec les associations, les organisations membres du Conseil National de la Jeunesse, notre stratégie d’action triennale ( NDLR 2015-2018) qui décline clairement les grandes orientations et les objectifs que nous nous assignons pour les trois (03) années en lien avec les défis que je venais de relever un peu plus haut. Ce plan d’actions stratégique est à décliner sur six (06) axes notamment nous avons voulu ressortir l’historique du Conseil National de la Jeunesse, nous avons aussi voulu renforcer la visibilité et l’image du  Conseil National de la Jeunesse en second plan. Sur le 3e axe, nous avons voulu renforcer les partenariats  au niveau du Conseil National de la Jeunesse. Le 4e axe avec le renforcement des capacités managériales notamment le management externe et interne de l’institution. Nous avons également voulu renforcer les capacités des jeunes. Le renforcement des capacités est un aspect très important et en dernier point renforcer l’engagement de la jeunesse dans les actions de plaidoyer et de représentation auprès des instituions internationales.

EA : Vous avez bouclé une année à la tête du CNJ en janvier 2016, Au regard de tout ce que vous venez de décliner, quel est le bilan ?

Régis BATCHASSI : J’avoue qu’un an après notre élection, nous pouvons noter avec satisfaction les résultats obtenus au regard des objectifs assignés. Mais j’avoue que nous ne sommes pas encore au bout du tunnel parce qu’un grand travail reste encore à faire. Nous avons réussi beaucoup au cours de cette année particulièrement à accroître la crédibilité et l’image du Conseil National de la Jeunesse. Nous avons senti un regain d’intérêt auprès de la jeunesse eu égard à l’utilité de cette institution. Ce regain d’intérêt est aussi constaté auprès des partenaires et nous pensons que c’est un grand acquis. Nous avons également eu à renforcer la citoyenneté au sein de notre jeunesse par des ateliers de renforcement de capacité que nous avons initiés dans toutes les Régions du Togo et par la mise en place des clubs civiques dans les écoles. Nous avons également pu susciter chez les jeunes apprenants, les jeunes élèves l’esprit entrepreneurial et développer en eux, un potentiel orienté vers le secteur de l’entrepreneuriat à partir d’un projet que nous avons dénommé éco métiers où nous avons pu insérer les jeunes élèves pendant les vacances dans les structures d’accueil artisanales où ils ont pu apprendre avec les patrons d’ateliers. Nous avons constaté que ce projet a connu un grand engouement et nous pensons le rééditer. Nous avons également eu des tournois de football qui ont été organisés, des compétitions sportives, des séances d’assainissement. Nous participons également à l’édification d’un Togo propre et nous nous impliquons dans l’incitative citoyenne entreprise par le département de la formation civique.

EA : Quelle est votre message en ce moment précis pour le jeune qui vous lit?

Régis BATCHASSI : Je voudrais tout simplement inviter chaque jeune à renfoncer d’avantager son esprit citoyen, à s’engager au service de sa communauté, à se déterminer avec beaucoup de courage et positivement dans toutes les actions et initiatives entreprises surtout de ne pas perdre courage à accéder à toutes les informations et opportunités d’emploi. Le CNJ poursuivra le plaidoyer sur les préoccupations exprimées par les jeunes pour le plus grand bonheur de nous tous. Merci

Propos recueillis par  Yannick Agboka

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