# Les zmen au Togo, dispersés, et pourtant organisés

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- Published: 2020-07-20T16:40:53+00:00
- Author: Kevin Dah

Donnant l’apparence de travailler en rangs dispersés, [les conducteurs de taxi-moto](https://elitedafrique.com/economie/zem-un-metier-en-pleine-mutation/)
au Togo ont une organisation magnifique derrière leur travail.

Déjà 4 ans, après l’arrivée de ce métier au Togo, un syndicat du nom d’USYNCTAT,
Union Syndicale des Conducteurs de Taxi-moto du Togo a vu le jour depuis 1994. C’est
la toute première organisation représentative des conducteurs de taxi-moto. L’importance
de la création d’un syndicat pour défendre les droits des conducteurs fait surface
lorsque le gouvernement décide de les faire disparaître en prétextant que « les 
taxi-motos ont vu le jour au Togo avec la grève générale illimitée et doivent donc
disparaître avec la fin de la grève. »

Face à cette menace ils se sont regroupés en organisation syndicale pour entrer 
en négociation avec le Gouvernement. Ayant eu gain de cause, l’organisation s’est
vue perdurer jusqu’à ce jour.

L’objectif de ce syndicat est la reconnaissance des taxi-motos par les autorités
administratives. Ensuite, œuvrer et contribuer à l’organisation et à l’assainissement
du secteur pour permettre aux acteurs de mener librement en toute tranquillité et
sécurité leur travail.

Quatre ans après sa création, le premier objectif est atteint et aujourd’hui les
taxi-motos sont reconnus et le secteur est réglementé en 1996 avec un Arrêté interministériel.

Aujourd’hui, avec l’arrivée d’autres organisations de conducteurs de taxi-moto comme«
Olé », « Gozem » et « ZMobile », l’USYNCTAT n’est plus seul à opérer. Plusieurs 
syndicats ont alors vu le jour en fonction de ces organisations.

Notons que chaque syndicat a un siège où ils se retrouvent pour leurs différentes
activités. « Ce métier n’étant pas stable, au même moment que certains raccrochent
parce qu’ayant trouvé mieux, d’autres font leur entrée. Aussi chaque conducteur 
de taxi-moto ne fait pas partie du syndicat, seuls ceux qui font le métier en temps
plein. La plupart des personnes qui le font juste pour joindre les deux bouts ne
font pas partie intégrante. Dans les autres organisations comme « Olé », « ZMobile»
et « Gozem », l’appartenance à l’organisation implique l’appartenance au syndicat»,
rapporte un membre de l’USYNCTAT.

**Les syndicats  entre difficultés, COVID-19 et incertitudes de l’avenir**

Les syndicats rencontrent des difficultés telles que : difficultés avec le service
des impôts par rapport au fisc, les incompréhensions entre eux-mêmes, surtout chez
les indépendants, ainsi que des difficultés relatives à la propriété des motos et
aussi au niveau des assurances. Le syndicat est aussi souvent confronté au problème
de confiance. Il faut gérer l’argent des cotisations et souvent le mouvement est
affaibli par le détournement de l’argent des cotisations. Et cela, bien évidemment,
développe la réticence au sein du groupe.

Notons que la crise sanitaire de la [COVID19](https://elitedafrique.com/societe/covid-19-souci-zero-offre-des-kits-de-protection-a-succes-plus-de-fondacio/)
a eu un impact considérable sur leurs activités. Dépendants de l’activité des conducteurs
de taxi-moto, les travaux se sont vus presque aux arrêts depuis l’arrivée du coronavirus.
Les clients évitent la prise des taxi-moto à cause de la méfiance. Les actions et
discussions avec le gouvernement sur des décisions qui mettent à mal l’activité 
des conducteurs de taxi-moto restent entre autres l’une de leur activité phare en
cette période de COVID19.

Nous connaissons aujourd’hui l’avancée du nombre de conducteurs de taxi-moto, ainsi
que l’installation des organisations formelles des conducteurs de taxi-moto à l’intérieur
du pays. On peut noter des organisations régionales, préfectorales et locales. Au
niveau des autres organisations, seul la société « Olé » s’est installée pour l’instant
à Tsevié.

Dans un environnement dynamique et non stable avec l’urbanisation des localités,
on se demande si ce secteur est durable. Pourtant on connaît l’arrivée de nouvelles
organisations qui cherchent à rendre le métier plus professionnel, avec une avancée
dans le formel. Évoluerons-nous plutôt vers la conservation de ce métier dans notre
société avec une amélioration et un professionnalisme ? Si tel est le cas, le Togo
ne serait-il pas en train d’évoluer en reculant ? Sachant que dans des grandes villes,
les taxi-moto n’existent pas, allons-nous connaître sa disparition à Lomé ? Les 
organismes qui se créent pour tenter de formaliser ce secteur ne seraient-ils pas
en train d’investir dans un projet non durable ? En tout cas, l’avenir nous en dira
plus.
