# Les préparatifs des 20ans du FESPACO vont bon train

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- Published: 2019-01-29T19:45:37+00:00
- Author: La Rédaction

Si aucune opération exceptionnelle n’est annoncée pour son cinquantenaire, le festival
panafricain du cinéma de Ouagadougou a déjà annoncé la liste des films en compétition
pour l’Étalon d’or de Yennenga.

Ceux qui s’attendaient à un « coup de folie » pour l’anniversaire des cinquante 
ans du[ Fespaco](https://www.jeuneafrique.com/408410/culture/burkina-a-25e-edition-se-porte-fespaco/)
en sont pour leurs frais. Le délégué général du festival, Ardiouma Soma, a bien 
promis lors de la conférence de presse qui s’est tenue le 15 janvier la projection
de films du patrimoine restaurés… mais c’est à peu près tout. Ce qui ne veut pas
dire que cette 26e édition ne sera pas accompagnée, comme à l’accoutumée, de scènes
de liesse – lors de concerts sur les places publiques, avant les projections – et
de bousculades enthousiastes à l’entrée des cinémas.

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## Âge d’or

[Le Fespaco](https://www.jeuneafrique.com/evenements/fespaco/), qui aura lieu à 
Ouagadougou du 23 février au 2 mars prochains, rentre donc dans son « âge d’or ».
C’est en effet en février 1969, une dizaine d’années après la grande vague des indépendances,
qu’eut lieu le premier festival de cinéma panafricain de Ouagadougou. Dont l’ambition
affichée, dès cette époque où la production en matière de septième art était encore
dans les limbes sur le continent, était de proposer autant que possible « des images
de l’Afrique, par l’Afrique et pour l’Afrique ».

[Malgré parfois ses difficultés d’organisation](https://www.jeuneafrique.com/depeches/409541/culture/fespaco-crise-cinema-ouest-africain-cherche-voie/),
ses sélections de films souvent d’une qualité très inégale, il a réussi au cours
de son demi-siècle d’existence à s’affirmer incontestablement comme une manifestation-
phare, qui permet tous les deux ans à un très grand nombre de professionnels de 
l’audiovisuel et [surtout de cinéastes du continent ou de la diaspora](https://www.jeuneafrique.com/225681/culture/diaporama-les-stars-de-la-24e-dition-du-fespaco/)
de se rencontrer et à [un public toujours très nombreux](https://www.jeuneafrique.com/mag/437763/culture/cinema-burkinabe-cinephiles/)–
les projections étant ouvertes à tous dans la capitale du Burkina – de découvrir
une bonne partie de la production africaine récente. Les officiels ont particulièrement
insisté cette année sur l’efficacité du dispositif de sécurité qui doit permettre
d’assurer la sérénité des festivaliers.

Le Fespaco du cinquantenaire sera-t-il un grand cru ? La divulgation à la mi-janvier
par le délégué général du festival, Ardiouma Soma, de la liste des vingt films sélectionnés
pour concourir dans la principale compétition – celle des longs métrages de fiction–
afin d’obtenir [l’Étalon d’or de Yennenga](https://www.jeuneafrique.com/409542/culture/fespaco-deuxieme-etalon-dor-alain-gomis-palmares-a-loupe/)
ne permet pas pour l’instant de répondre à cette question. Peu de grands noms du
cinéma africain seront à l’affiche et ceux qui bénéficient déjà d’une incontestable
notoriété ne présenteront pas le plus souvent des œuvres totalement inédites.

Ainsi, pour citer deux des grands favoris de la compétition, le film-événement [_Rafiki_ ](https://www.jeuneafrique.com/mag/632813/societe/kenya-rafiki-une-censure-qui-ne-passe-pas/)
de la [Kenyane Wanuri Kahui](https://www.jeuneafrique.com/videos/635200/wanuri-kahiu-rafiki-nest-pas-un-film-politique-cest-un-film-damour/)
a été projeté lors du festival de Cannes en mai 2018 et est sorti en salles dans
de nombreux pays et _Fatwa_ du Tunisien Mahmoud Ben Mahmoud a obtenu le Tanit d’or
au dernier festival de Carthage en octobre 2018. On attend cependant avec intérêt
de découvrir bien d’autres longs métrages et en particulier _Les Armes miraculeuses_,
la dernière œuvre du Camerounais Jean-Pierre Bekolo qui avait obtenu en 2007 l’Étalon
d’argent avec le superbe et dérangeant _Les Saignantes_, _Desrances_ de [la réalisatrice burkinabè Apolline Traoré](https://www.jeuneafrique.com/561755/culture/apolline-traore-le-racket-aux-frontieres-est-systematique-en-afrique-de-louest/),
qui avait séduit nombre de festivaliers en 2017 avec son très tonique et très féministe
_Frontières_, ou _Jusqu’à la fin des temps_, le premier long métrage de fiction 
de Yasmine Chioukh, la fille du grand réalisateur algérien Mohamed Chioukh. Mais
comme toujours, on espérera surtout découvrir des auteurs encore peu connus venus
des 16 pays qui seront représentés dans la sélection.

[Sélection officielle Fespac…](https://www.scribd.com/document/397582134/Selection-officielle-Fespaco-2019-les-longs-metrages-de-fiction#from_embed)
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#### Les Anglophones mieux représentés

Hormis le Burkina, qui bénéficie comme toujours en tant qu’État organisateur du 
privilège de projeter plus de films que les autres à Ouagadougou, trois cette année,
seuls deux pays, l’Afrique du Sud et la Tunisie, pourront présenter deux longs métrages
de fiction en compétition, tous les autres n’ayant qu’un représentant. On peut cependant
noter que l’Afrique anglophone, peu visible sur les écrans lors des dernières éditions
du Fespaco, sera cette fois bien présente avec six films pouvant obtenir l’Étalon
d’or de Yennenga. Deux de plus que le Maghreb.

L’Afrique lusophone devra se contenter pour sa part de la sélection d’un seul long
métrage, originaire du Mozambique. Parmi les grands absents, on peut signaler le
Sénégal, qui ne pourra donc rééditer son succès de 2017, où [Alain Gomis avait obtenu l’Étalon d’or avec le remarquable _Félicité_.](https://www.jeuneafrique.com/depeches/409523/culture/fespaco-bonheur-felicite-realisateur-alain-gomis/)
Il apparaît enfin que seules quatre réalisatrices devront affronter seize cinéastes
hommes dans cette compétition. Mais il est vrai qu’il n’y en avait pas plus les 
années précédentes.

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**Le documentaire remis en avant**

On ne connaîtra la teneur des autres sélections (documentaires longs ou courts, 
courts métrages de fiction, films d’animation, films des écoles africaines de cinéma,
séries télévisées) que dans les semaines à venir. Tout comme la liste des longs 
métrages hors compétition qui seront projetés, les œuvres de la diaspora et les 
films de patrimoine doivent être mis à l’honneur pendant cette édition du cinquantenaire.

Mais on peut déjà remarquer que le documentaire aura droit cette année à une place
de choix puisqu’une section particulière lui est consacrée, ce qui n’était plus 
le cas depuis assez longtemps au Fespaco, et que des Étalons seront remis aux lauréats
de cette compétition renaissante. On peut par ailleurs supposer que le traditionnel
colloque qui accompagne la manifestation sera cette année de grande qualité : présidé
et animé par le grand cinéaste burkinabè Gaston Kaboré (Étalon de Yennenga en 1997
pour _Buud Yam_), il bénéficiera de la participation de personnalités comme notamment
[ le philosophe et historien camerounais Achille Mbembe](https://www.jeuneafrique.com/mag/553582/culture/les-50-africains-les-plus-influents-10-achille-mbembe/),
de [l’écrivain sénégalais Felwine Sarr](https://www.jeuneafrique.com/mag/671042/culture/restitution-du-patrimoine-africain-le-combat-de-felwine-sarr/)
ou l’ancienne ministre française de la Justice [Christiane Taubira.](https://www.jeuneafrique.com/mag/298467/politique/christiane-taubira-femme-debout/)
