# Mariage et famille en Afrique: enjeux et défis de la dot

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- Published: 2019-08-25T00:32:33+00:00
- Author: Kevin Dah

Mariage et famille en Afrique: Enjeux et défis de la dot. Tel est le thème retenu
ce samedi 24 août 2019 par l’Action pour le Bien-Etre et l’Epanouissement Féminin(
ABEEF) à l’occasion de la célebration de la journée de la [femme africaine](https://elitedafrique.com/societe/que-dire-de-la-journee-internationale-de-la-femme-africaine-jifa/)
à la grande salle de conférence de la paroisse Notre Dame de Fatima.

Après les mots de bienvenus du président de l’ABEEF, Monsieur Brice DANI, il était
important aujourd’hui de comprendre la dot dans sa conotation juridique avec Gédéon
TEBIE, [psychologique](http://www.monpsychomag.wordpress.com) avec Emilie ADEOLA,
traditionnelle avec le Chef et réligieuse avec le Père Patrice SOSSOU.

Pour de nombreuses ethnies au Togo, le versement de la [dot](http://www.google.com)
suffit amplement à sceller une union. « Verser ou accepter une dot, c’est comme 
dire “oui” devant le maire selon une sociologue. C’est un rite qui a survécu à la
période coloniale, alors même que des colons, notamment français, s’en offusquaient.
Une longévité qui tient à sa double, et parfois triple, légitimité : coutumière,
légale et religieuse (la dot est mentionnée à plusieurs reprises dans la Bible et
le Coran). »

Les questions, des réponses, des apports des contradictions, des éclaircissements
sont des élements qui ont meublé le débat autours de cette conference débat.

Aujourd’hui la societé tend vers la dénaturation de la dot. Les parents de la future
mariée profitent pour amasser des biens du jeune homme. Certaines fois le haussement
des montants de la dot est fixé par les filles car elles se disent que leur futur
mari a du blé et c’est l’occasion d’en amasser autant. Des fois la société avec 
son caractère de comparaison sociale amène les filles à vouloir se comparer aux 
autres. Au regard de tout ce qui précède, nous assistons à des femmes que nous appellons
généralement au togo _les vieilles filles._ C’est à dire celles qui sont en âge 
de mariage mais ne sont pas encore en couple. Elles sont le plus souvent à la maison
en disant qu’elles attendent un homme qui viendra les dotées. Les jeunes se posent
la question de savoir si finalement les filles sont « achetées » ou épousées.

Face à ces diverses inquietudes, les interventions des allocuteurs ont permis à 
chaque participant de trouver un point d’entente sur le sujet de la dot.

En Afrique subsaharienne, la dot est vue comme un acte symbolisant les fiançailles
et officialisant le fait que les fiancés sont pris . C’est aussi un moyen pour l’homme,
de s’assurer qu’il ne sera pas haï par sa nouvelle famille. Dans de nombreuses cultures
africaines, il prouve la capacité du jeune homme à prendre en charge une famille
puisqu’il lui est demandé de fournir lui-même les cadeaux qu’il apporte. C’est également
un élément d’alliance entre les familles puisqu’elle se fait en présence des membres
des familles élargies de part et d’autre. Dans beaucoup de cultures au Togo, ce 
sont généralement les oncles et les tantes des fiancés qui président la cérémonie,
et non leurs propres parents. Cela suppose, et donc exige, une certaine harmonie
familiale, la famille devant être vécue au sens large et non une cellule nucléaire.
Suivant les ethnies, ce système a un sens symbolique très fort. La dot est aussi
un geste de gratitude de la part de la famille du marié envers la famille de la 
mariée pour avoir élevé et pris soin de cette dernière.

Jeunes, moins jeunes, surdiplômées ou illettrées, féministes ou traditionalistes,
rares sont les femmes africaines mariées à ne pas être passées par la case dot.
