# Difficultés de commercialisation du soja au Togo : les producteurs appellent le gouvernement à agir

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- Published: 2023-05-31T13:53:55+00:00
- Author: Biscone ADZOYI

A l’orée d’une nouvelle campagne faudrait-il produire ou pas du soja ? Ce questionnement
est celui des producteurs de soja du Togo. Malgré des réflexions depuis des mois,
ces premiers acteurs de la filière du soja n’ont pas encore trouvé une réponse adéquate.
Jusqu’à la matinée de ce 30 mai, ils sont toujours indécis. Pour cause un problème
de non écoulement des stocks de soja de la précédente campagne de production.

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Réuni devant le siège du Conseil Interprofessionnel de la filière Soja (CIFS) à 
Lomé en cette matinée de mardi, ces derniers estiment avoir encore dans leur entrepôts
et magasins plus 80 mille tonnes de soja graines récoltés non vendu.

« Nous sommes ce matin venus voir le CIFS pour trouver une solution à nos problèmes.
Nous avons encore du soja que nous n’avons pas encore vendu, et nous nous posons
la question si on pourra produire au cours de la nouvelle saison. Les agrégateurs
ne sont pas venus acheter nos produits. Si le CIFS ne fait rien nous n’allons plus
produire du soja cette campagne » a lancé, LARE Ibrahim, Secrétaire général de la
fédération national des Coopératives productrices de soja du Togo.

 

**Une situation complexe à plusieurs déterminants**

 

Filière en bonne progression selon les bilans de productions des campagnes agricoles
ces dernières années, le soja traverse depuis l’ouverture de la campagne de commercialisation
2022-2023 une phase sombre. Motif : les producteurs ont des difficultés à écouler
leur soja. Les industries annoncées sur la plateforme Industrielle d’Adéticopé, 
n’auraient pas assuré l’achat de l’ensemble de la production.

« La filière soja, est devenue une filière stratégique ces dernières années. Avec
la création de la PIA, nous avons rêvé mieux vendre, mais au cours de cette campagne
2022-2023 on s’est rendu compte que le rêve n’est plus devenu une réalité », a laissé
entendre Réné Tewou grand producteur de soja dans la région des plateaux.

De même le prix proposé sur le marché n’est pas apprécié par les producteurs. « 
La filière soja actuellement fait face à un petit souci. Deux ans auparavant on 
était la filière la plus solide que tout le monde appréciait. Les producteurs étaient
fiers parce qu’on prenait facilement leur produit et à bon prix. Mais à partir de
l’année dernière les produits n’ont pas pu vendre comme il se doit et le prix qu’on
leur propose n’est pas avantageux », explique Komlan Kadzakadè, président du CIFS.

En plus l’on évoque aussi à la CIFS un problème lié à un retard de délivrance des
agréments pour les exportateurs/ commerçants de soja.

« Le problème que vit aujourd’hui les producteurs s’explique, d’une part du fait
qu’on a lancé tardivement la campagne de commercialisation. Secundo les agréments
devant permettre aux acteurs d’effectuer leurs opérations ont été signé tardivement»,
explique le patron du CIFS.

**Un plaidoyer au gouvernement**

A ce jour, les producteurs de soja vivent une période un peu difficile. Ils font
face à une pression des institutions financières qui attendent le remboursement 
des crédits contractés au lancement de la campagne de production.

« Les paysans que nous sommes, nous avons des stocks importants, près de 80 mille
tonnes de soja sont encore des magasins alors que les paysans doivent payer de l’argent
aux microfinances, aux banques ainsi qu’à des personnes privées chez qui ils avaient
pris des crédits. Et ces personnes nous menacent. Plusieurs personnes d’entre nous
ne dorment plus paisiblement », indique Réné Tewou.

Face à cette situation les producteurs de soja lancent un cri de détresse à l’endroit
du gouvernement. Ils attendent une action diligence pour éviter à la filière qui
fait vivre des milliers de togolais de sombrer.

« Nos gouvernants doivent se mettre à notre place, nous les aimons, et nous pensons
qu’ils nous aiment aussi. Nous avons toujours compté sur eux, c’est peut-être qu’ils
ne savent pas ce qui se passe. Nous voudrions qu’ils nous écoutent à travers ce 
rassemblement pour pouvoir apporter une solution. Et nous savons qu’une solution
idéale existe », plaide notre producteur de soja.

Pour les producteurs, leur regroupement au CIFS est une opportunité à saisir pour
résoudre le problème et pour pouvoir lancer la campagne. « La campagne, c’est maintenant,
c’est juin et juillet. C’est maintenant qu’il faut le faire et nous n’avons rien
pour lancer la campagne. C’est important que le gouvernement fasse quelque chose
au plus vite pour que nous arrivions à produire l’année prochaine », lance cet agriculteur.

**Les promesses du CIFS**

 

Le bureau exécutif de l’Interprofession du soja ne voudrait faire sourde oreille
à ces cris de détresses des premiers acteurs de la filière. Le Président de l’Interprofession
du soja, Komlan Kadzakadè entouré des membres du conseil, ont assuré les producteurs
que des solutions seront trouvées dans les prochains jours.

Il a annoncé, la prise d’initiative pour mieux cerner la difficulté et trouver des
compromis avec l’Etat en faveur des producteurs d’après les préoccupations exprimées
par les producteurs. Le CIFS a promis aussi se rapprocher des entreprises installées
sur la PIA pour « ensemble trouver des solutions durables ».

Il invite ces derniers à pouvoir produire au cours de la nouvelle campagne. En ce
sens, l’Interprofession annonce une tournée nationale de remobilisation des producteurs
et de l’ensemble des acteurs de la filière. L’objectif premier est de convaincre
les producteurs à ne pas quitter la filière soja au risque de mettre en difficulté
un pan l’économie national.

« S’il n’y a pas de soja, les usines installés ne vont plus trouver de matière première
à transformer, et finalement, on se retrouvera devant une situation qu’on ne pourra
pas gérer. Cela mettra en mal la vision du gouvernement pour le secteur », estime
le président KADZAKADE.
