# Le président Faure Gnassingbé lance officiellement les travaux de  l’Africa financial industry summit

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- Published: 2022-11-28T18:02:23+00:00
- Author: Biscone ADZOYI

Le Président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, a officiellement ouvert
ce lundi 28 novembre 2022, les travaux de l’édition 2022 de l’Africa financial industry
summit (AFIS).

 

A l’ouverture, le chef de l’Etat s’est réjoui du choix porté sur le Togo, “terre
d’accueil et d’encouragement des institutions financières”, et sa capitale, “reconnue
comme un acteur important en matière d’industrie financière, dans la sous-région
et sur le continent”, pour l’organisation de cet événement.

 

Le leader togolais est également revenu sur la nécessité de repenser l’avenir de
la finance africaine, avec l’implication effective des pouvoirs publics et du secteur
privé.

 

« A quelques pas des sièges d’Ecobank, de la BIDC, de la BOAD, d’Orabank et de la
CICA-RE, les occasions de séjourner au 2 Février ne manquent pas ! » a relevé le
président.

 

Le président togolais a noté que fin 2021, le marché estimait que la probabilité
que les taux de la Fed dépassent 2,5% en décembre 2022 était nulle. Une majorité
des investisseurs s’attendaient à des taux en dessous de 0,75%. Aujourd’hui, la 
quasi- totalité des investisseurs anticipent des taux autour de 4,5%.

 

Il serait ensemble dangereux de sous-estimer les conséquences de ces bouleversements,
en particulier pour les plus fragiles de nos concitoyens, mais également pour l’ensemble
des acteurs économiques et financiers impliqués dans le développement de notre continent.

 

La carrière du banquier est tout entière dédiée à séparer le bon grain de l’ivraie.

 

« Sans votre discernement, le système financier serait condamné au gâchis et à l’arbitraire.
Après deux ans de crises continues, le gaspillage est un luxe que peu peuvent se
permettre. Et certainement pas l’Afrique » a rappelé le président Faure Gnassingbé.

 

Les opportunités d’en débattre ne manquent pas et je suis certain que vos travaux
de ces prochains jours apporteront des éclairages essentiels à la prise de décision
des pouvoirs publics et des Institutions Financières Internationales qui sont pour
nous, des partenaires importants.

 

Ce moment de recomposition laisse entrevoir un paysage financier transformé. Ce 
sommet est une belle occasion pour penser l’avenir de la finance africaine.

 

Le président a rappelé que l’avenir de la finance africaine se construira sur la
collaboration étroite entre les gouvernements et le secteur bancaire.

 

Le rôle du banquier -votre métier- n’est pas simplement le financement, mais le 
financement des bons projets. Et vous le savez bien, la leçon principale du monde
des affaires est que les opportunités pour perdre de l’argent ne manquent pas.

 

La carrière du banquier est tout entière dédiée à séparer le bon grain de l’ivraie.

Le Togo revendique cet attachement au rôle du secteur privé dans le système bancaire.

 

L’État doit vous épauler dans cette tâche. Notre succès commun dépend de cette collaboration
entre les pouvoirs publics et le secteur financier.

 

De notre côté, je vois quatre grandes missions. Tout d’abord, l’État doit promouvoir
un environnement des affaires attractif.  

 

Combien d’investisseurs étrangers, s’étant rarement rendus sur notre continent, 
se représentent un environnement des affaires anarchique et impraticable ? La réalité
est toute autre et elle s’améliore tous les jours. Qu’il s’agisse de fiscalité, 
de stabilité juridique ou de contraintes administratives, les progrès sont considérables
même si beaucoup reste encore à faire. Mais ce qui a été fait, il faut le faire 
savoir, se réclame le président togolais.

 

La SFI le sait bien : sans atténuation de ces inquiétudes irrationnelles, de nombreux
investissements parfaitement viables risquent d’être ignorés par des investisseurs
souvent trop frileux.

 

Pour ce faire, l’État doit favoriser l’information, et c’est sa deuxième grande 
mission. Pas seulement l’information sur l’environnement des affaires, mais l’information
sur les affaires elles-mêmes.

 

C’est dans la construction d’une banque de projets que l’État est votre meilleur
allié. Nombreux sont les investisseurs étrangers trouvant que l’offre de projets
viables et de qualité dans les pays en développement, le pipeline, reste trop limitée.

 

Conscient de cette demande toujours croissante, nous travaillons sans relâche pour
permettre une juste perception des occasions d’investissements. C’est ainsi que 
le Togo a développé sa Feuille de Route 2025, offrant une banque de projets cohérente
et -dans votre jargon- bancables. Issus d’un travail de longue haleine et d’une 
connaissance minutieuse du terrain, nous avons pensé ces projets comme le chaînon
manquant dans le financement de l’économie par le secteur privé. Pour autant, nous
ne nous priverons pas des opportunités qu’offrent les Partenariats-Public- Privé(
PPP) qui demeurent un outil pertinent au bénéfice du financement dans les pays en
voie de développement.

 

La troisième mission, c’est que l’État doit jouer son rôle d’arbitre. 

C’est particulièrement vrai dans le développement des investissements durables. 
Les investisseurs des pays développés cherchent de plus en plus des opportunités
d’investissements responsables. Leurs actionnaires le demandent.  Leurs clients 
le souhaitent. J’en veux pour preuve les montants considérables gérés par des fonds
reposant sur des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, dits ESG.
Ils ont atteint aujourd’hui la somme considérable de 36.000 milliards de dollars.

 

Pourtant, seule une faible partie de ces investissements revient aux pays en développement.
C’est qu’au-delà de la question de l’information que j’évoquais à l’instant, il 
y a la question des externalités. Pour juger du caractère durable et responsable
d’un investissement, il faut pouvoir tenir compte des éléments qui touchent à la
pollution, à la perte de la diversité, etc. Et là, évidemment, la puissance publique
retrouve son rôle d’arbitre entre les résultats positifs de l’investissement en 
termes de profit et d’emplois d’un côté, et, de l’autre, les contraintes environnementales.

 

Enfin, l’État peut organiser l’innovation. 

S’il profite à tous les acteurs financiers, le secteur public reste avant tout, 
l’allié des éléments les plus innovants de la communauté financière. Les exemples
abondent.

 

Au Brésil, où le programme de paiements PIX, amorcé en 2018 et lancé en 2020 par
la Banque centrale, a réussi en un an à convaincre 67% des adultes et 60% des entreprises
déjà bancarisées. Cette coopération entre la Banque centrale, l’État et le secteur
privé a permis, en un temps record, de réduire les coûts de transaction et d’accélérer
la bancarisation de l’économie brésilienne.

 

De même, en Inde, où le programme UPI de la banque centrale a révolutionné le système
des paiements, en coopération étroite avec le secteur privé. Géré par la banque 
centrale et le secteur privé, ce système a enregistré 8,57 milliards de transactions
pour le seul mois d’août 2022.

 

Ici même, au Togo, le programme Novissi et le projet e-ID montrent le lien étroit
entre action publique et innovation.

 

Comme toutes les crises avant elle, celle qui nous frappe aujourd’hui trouvera les
voies de sa résolution, un nouvel équilibre macroéconomique s’imposera et l’optimisme
reviendra. Cet avenir, il faut que nous le construisions ensemble.

 

Ensemble, nous identifierons les grands projets qui vont structurer le continent.
Ensemble, nous attirerons les investisseurs étrangers en quête d’investissements
durables. Et ensemble nous saurons révolutionner le secteur de la finance africaine
