# Côte-d’Ivoire : Les ex-rebelles faiseurs du Roi Alassane Outara paralysent le pays.

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- Published: 2017-05-15T21:34:14+00:00
- Author: Marc ABOFLAN

Si un calme précaire et trompeur a régné en Côte-d’Ivoire ce week-end, la situation
s’est empirée le lundi 15 mai à Abidjan, Bouaké, et dans certains centres urbains
du pays. Les ex-rebelles des Forces Nouvelles qui, à coup de mutinerie, avaient 
obtenu la promesse du versement d’une prime et l’amélioration de leur condition 
de vie et de travail, sont à nouveau descendus dans les grandes artères du pays.
Pour cause, la diffusion d’une séance de demande pardon et de renoncement de ces
mêmes primes par certains de leurs frères d’armes sur la chaine nationale ivoirienne.

Selon le porte-parole des mutins, _« Ce n’est pas un coup d’Etat. Nous voulons nos
primes. Le président_ _a signé un papier pour __dire__ qu’il était d’accord pour
nos primes. Quand il paiera, on rentrera chez nous. On ira jusqu’au bout. On ne 
baissera pas les armes. Nous sommes les 8 500 qui avons porté Ouattara au __pouvoir__,
on ne veut pas le __faire__ partir mais il doit __tenir__ sa parole. C’est simple.»_.
Ces propos, en eux seuls, témoignent du rôle capital de l’ex-rébellion des Forces
Nouvelles dans le couronnement d’ADO.

En effet, après les élections de 2010 qui auraient vu la victoire de Alassane Ouatara,
et face au refus de Laurent GBAGBO de quitter le pouvoir, ADO a fait appel à un 
groupe d’hommes armés pour entrer en possession de son dû. Amis hier, adversaires
aujourd’hui. Entre l’entente pour chasser Gbagbo du pouvoir pour le mettre au cachot
à la CPI et la mésentente des  jadis alliés, il n’y a qu’un seul pas.

La situation semble être réglée avec l’intervention d’Alassane Ouatara, le 7 janvier
dernier, reconnaissant la légitimité des réclamations des mutins et acceptant le
règlement des primes réclamées. Mais avec la comédie musicale jouée sur la chaine
nationale ivoirienne le 11 mai dernier, avec comme contralto et chef d’orchestre
Alassane Outara qui a accepté pardonner ses « jeunes », où certains soldats ont 
été exhibés demandant pardon et renonçant aux primes réclamées autrefois, le pays
s’est à nouveau plongé dans l’incertitude. C’est dire que certains hommes d’Etats
africains, oublient vite l’histoire et préfèrent prendre des cours de rattrapage
express avec les évènements. Comme le dirait l’autre, le chemin qui mène à la cime,
est le même qui ramène à terre.

Le nouvel accord annoncé, suite à cette nouvelle mutinerie suffira-t-il à calmer
les uns et les autres ? L’avenir n’attend rien de plus de nous pour nous le dire
un jour. Mais déjà, on peut s’assurer d’une chose, le payement de ces primes aura
un impact considérable sur l’économie d’un pays qui s’apprête à lancer un emprunt.

 
