# Les cours de l’économiste Taama sur le CFA

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- Published: 2019-01-29T19:58:44+00:00
- Author: La Rédaction

Depuis que le débat sur le franc CFA fait rage et que même des présidents de pays
africains abordent la question, au Togo, seuls les économistes se prononcent. Le
pouvoir togolais se mure dans un silence assourdissant et les acteurs politiques
semblent fuir cette question du maintien ou non de ce franc. D’ailleurs, ce n’est
pas leur préoccupation. Les uns et les autres luttent permanemment pour conserver
ou conquérir le pouvoir.

Gerry Taama, acteur politique connu pour être volubile, tente de sauver cette image
écornée. Le député et président d’un parti politique, en l’occurrence le Nouvel 
engagement togolais (NET) vole au secours du franc CFA. Pour lui, l’impact du francs
CFA sur la vitalité des économies africaines est ‘négligeable’.

« D’abord, seulement 14 États sur 55 utilisent cette monnaie en Afrique et plus 
de 40% des 10 pays qui enregistrent les meilleures performances économiques en Afrique
sont de la zone CFA. Ensuite, les réserves de change africain dans la banque de 
France en 2017 ne représentaient que 4,5 des réserves propres de la France, dont
le PIB correspond à celui de toute l’Afrique », écrit-il.

Comme une réponse à Kako Nubukpo, professeur titulaire de Sciences économiques à
l’Université de Lomé au Togo et ardent détracteur du franc CFA, l’ancien officier
des Forces armées togolaises (FAT) relève que la parité et la convertibilité que
garantit le franc CFA aux 14 pays africains concernés, est ‘le prix à payer’ pour
dit-il, contrôler l’inflation et assurer une stabilité d’une monnaie qui est certes‘
surévalué’, mais dont profitent des pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal pour
s’assurer des taux de croissance record.

Les vrais problèmes, insiste-t-il, sont ailleurs. « Tant que nous n’aurons pas le
courage de contrôler notre croissance démographique, toutes ces croissances économiques
ne mettront pas un terme à la pauvreté », écrit le malthusianiste.

Pour lui, il est souhaitable que les pays africains concernés par ce franc sortent
de cette monnaie. Mais encore faut-il qu’ils se garantissent d’abord une diversité
des produits d’exportation, à commencer par des produits transformés, une maîtrise
de l’inflation et une vraie lutte contre la corruption, contrairement, dit-il, «
à la pagaille à laquelle on assiste dans nos pays ».

Tant que tout cela n’est pas fait, il est mieux de garder cette monnaie. Car, va-
t-il souligner, des pays comme la Guinée, la Mauritanie et Madagascar l’ont rejeté
mais ils ne figurent nulle part en haut des classements de pays dont l’économie 
est émergente.

Source: [GlobalActu](http://globalactu.com/index.php/economie/item/1912-taama-donne-un-cours-sur-le-franc-cfa-et-attire-l-attention-sur-les-vrais-problemes)
