# Mgr. Philippe Fanoko Kpodzro ou l’engagement d’un prélat assoiffé par l’alternance

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- Published: 2020-05-11T10:03:50+00:00
- Author: La Rédaction

L’homme est rapidement redevenu un acteur central de la lutte contre le pouvoir 
de Faure Gnassingbé. En signant son grand retour sur la scène politique togolaise
après plus de 20 ans de silence, l’ancien archevêque de Lomé, Philippe Fanoko Kpodzro
a entamé un bras de fer avec le pouvoir en place. Son seul objectif : « dégager 
Faure Gnassingbé du fauteuil présidentiel ».

Le jeu politique est un jeu d’alliance, et conscient de cela, le prélat noue une
alliance pour le moins inattendue avec Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, ancien « sbire»
du RPT reconverti en opposant et qu’il a fait candidat de sa dynamique pour l’élection
présidentielle de 2020.

Mais tout porte à croire que pour cette fois, le vent de l’alternance n’a pas soufflé
en faveur des aspirations du natif de Tomégbé. En effet, c’est dans ce village situé
à 15 km à l’ouest de Kpalimé que Philippe Kpodzro vit le jour, un 30 mars 1930. 
Il est le troisième né d’une fratrie de six enfants, avec pour père un ancien catéchiste
allemand. C’est donc tout naturellement que le jeune a pris la trajectoire religieuse.

Le petit séminaire de Ouidah au Bénin en 1945 ainsi que les murs de la faculté des
lettres de Fribourg (Suisse) ont sans aucun doute toujours en mémoire les prouesses
du jeune Philippe lors de son passage. Titulaire d’une double licence en Philosophie
et Théologie à Rome, le jeune Fanoko a toujours fait preuve d’une certaine rigueur
et d’un engagement ferme pour la justice et l’équité. Les titres de « Prêtre » en
décembre 1959 et d’ « Évêque » le 2 mai 1976 ont vite fait d’honorer ce grand homme
qui a accepté, de retour du bercail d’endosser la grande responsabilité de présider
la Conférence nationale souveraine.

Mais très vite, les événements des années 91-92 et la très fameuse Conférence nationale«
souveraine » auront raison de lui. L’enthousiasme de faire enfin goûter à son pays,
la douceur de la démocratie lui passeront rapidement donnant lieu au relâchement
et à la peur suite aux intimidations et même sa séquestration par des éléments de
l’armée du 22 au 23 Octobre 1992, alors qu’il assurait la présidence du Haut Conseil
de la République(HCR) qui avait pour mission de rédiger la constitution de la IVe
République.

Il restera après ces incidents, bien à l’écart de la scène politique, se consacrant
uniquement à ses charges de prélat avant de ressortir de l’ombre à la veille des
élections présidentielles du 22 février 2020, mais cette fois-ci avec une détermination
nouvelle et de la hargne pour « déclarer la guerre à Faure Gnassingbé ». Son message,
il était clair « Allez dire à Faure Gnassingbé que, (…) comme une colle forte, je
me collerai à ses fesses, (…) je serai son cauchemar ».

Même si la première bataille de cette guerre pour l’alternance que vient d’entamer
Mgr Philippe Fanoko Kossi Kpodzro contre le pouvoir d’UNIR semble perdu le 3 mai
dernier, « l’Homme de Dieu » ne démord pas car selon lui, la victoire du peuple 
le 22 février a « été volée ».
