# Jeunes filles Leaders en lutte contre l’extrémisme violent dans la commune de tandjoare 2 à travers l’initiation des activités génératrices de revenus

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- Published: 2024-02-09T20:41:00+00:00
- Author: Biscone ADZOYI

Les groupements de femmes et de filles mères de la commune de Tandjoare se sont 
constitués en 3 coopératives et ont initié des activités génératrices de revenus
en vue de réduire leur vulnérabilité face à la pauvreté et à l’extrémisme violent.
Comme activités transformation du soja en lait et en fromage ainsi que les graines
de karité en beurre.

 Elles produisent également l’huile de neem qui est très recherchée pour ses vertus,
notamment ses propriétés thérapeutiques dans le traitement des maladies de la peau.
Mais le manque de moyens matériels et financiers et le caractère traditionnel de
la production limitent les revenus de ces femmes. C’est ainsi qu’elles ont sollicité
l’appui de l’association « Jeunes Filles Leaders et Engagées (JFLE) » pour les accompagner
à mieux s’organiser dans l’identification des sources de financement et l’amélioration
significative de leur production.

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Dans ce cadre, le projet vise à prévenir l’enrôlement de jeunes femmes et hommes
vulnérables dans des organisations extrémistes violentes en renforçant la résilience
et la cohésion sociale grâce à l’amélioration des moyens de subsistance. Il permet
aussi de contribuer à la réduction des vulnérabilités socioéconomiques dans un contexte
de menace sécuritaire liée à l’extrémisme violent par l’accroissement des revenus
des femmes, réduire les risques de recrutement des jeunes et des femmes par les 
groupes djihadistes en les mettant dans les bonnes conditions de travail générateur
de revenu.

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Dans le but d’atteindre les objectifs fixés par le projet, des activités regroupant
les femmes et les jeunes ont été organisées. Il s’agit notamment du renforcement
de capacité qui a été organisé à l’endroit de ces femmes des 3 coopératives et des
7 autres groupements ainsi que des jeunes dynamiques de la commune sur les nouvelles
approches de gestion d’activités génératrices de revenu.

Sur les 3 coopératives, les 7 groupements et les jeunes dynamiques, 30 leaders ont
été identifiés et ont reçu des formations des formateurs. Ces formateurs se sont
constitué en binômes de 2 formateurs encadrés par les membres de l’association JFLE
pour former les autres membres des coopératives et groupements. En moyenne, 20 personnes
par coopérative et 15 personnes par groupement ont été formées sous la supervision
de l’association JFLE. Par ailleurs, 06 jeunes leaders ont formé à leur tour 40 
personnes.

Il faut noter qu’au total 235 personnes (femmes et jeunes) ont bénéficié directement
de ce projet.

il faut comprendre que la préfecture de Tandjoare, tout comme de nombreuses autres
localités de la région des Savanes, fait face à des proportions alarmantes d’extrême
pauvreté, qui affectent la majorité de la population. Selon l’enquête harmonisée
sur les conditions de vie des ménages réalisée en 2018-2019, 7 personnes sur 10 
vivent dans la pauvreté dans la région des Savanes. Cette situation est préoccupante
pour les femmes, qui sont les plus vulnérables, car victimes de normes coutumières
qui restreignent leurs droits fondamentaux, notamment le droit de propriété foncière.
Dans un contexte où l’agriculture constitue la principale source de revenus pour
les populations locales, la précarité des femmes s’intensifie car elles n’ont pas
accès à la terre. Cela les plonge dans une situation de vulnérabilité absolue parce
qu’elles n’ont pas la capacité de subvenir à leurs besoins les plus essentiels.

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 Face à ces défis considérables, des filles mères et des jeunes filles se trouvent
contraintes de prendre le risque de migrer vers des pays voisins tels que le Burkina
Faso, le Ghana, le Bénin ou le Nigéria, dans des conditions souvent précaires, laissant
auprès de leurs parents plus âgés leurs enfants. De plus, ces aventures peuvent 
les exposer aux pièges des promesses des djihadistes qui les orientent vers leurs
objectifs. Ces filles mères et jeunes filles sont susceptibles de devenir facilement
des intermédiaires entre ces groupes extrémistes et les jeunes vivant dans la pauvreté
à Tandjoare, amplifiant ainsi les risques liés à la radicalisation et à la déstabilisation
sociale de la préfecture.
