# La France pousse le Mozambique dans le piège du gaz

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- Published: 2020-06-15T10:27:13+00:00
- Author: La Rédaction

Dans un rapport publié ce lundi 15 juin, l’organisation [les Amis de la Terre ](https://www.amisdelaterre.org/)
accuse la France d’ « amorcer une bombe climatique » au Mozambique, où le groupe
français Total, développe un méga-projet d’exploitation de [gaz naturel](https://elitedafrique.com/economie/developpement/lacjl-au-coeur-de-deux-produits-100-naturels/).

Estimées à 5.000 milliards de m³, les vastes réserves sous-marines découvertes en
2010 au large des côtes nord du Mozambique doivent transformer un des pays les plus
pauvres de la planète en un exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL) de tout premier
plan, selon africanews.

“Les pouvoirs publics français se sont activés depuis plusieurs années pour que 
les industriels du gaz (…) et leurs banquiers profitent de l’eldorado gazier à 60
milliards de dollars au Mozambique, contribuant ainsi à enfoncer le pays dans la
dépendance aux énergies fossiles”, affirme les Amis de la Terre dans un rapport 
intitulé “De l’Eldorado gazier au chaos : Quand la France pousse le Mozambique dans
le piège du gaz”, d’après l’AFP.

Dans le pays, l’Américain ExxonMobil, le Français Total ou encore l’Italien ENI 
espèrent débuter l’exploitation d’ici 2022-2023. Le groupe Total a prévu d’y investir
25 milliards de dollars.

“La France est bien décidée à assurer que cet eldorado gazier profite en premier
lieu à ses multinationales, quitte à semer le chaos et amorcer une bombe climatique
représentant sept années de ses émissions de gaz à effet de serre”, déclare les 
Amis de la Terre dans le rapport.

Les réserves de gaz sont situées dans la province mozambicaine du Cabo Delgado (
nord), théâtre depuis deux ans et demi d’une insurrection islamiste qui a fait au
moins 1.100 morts, selon un décompte de l’ONG Armed Conflict Location and Event 
Data Project (Acled).

Selon l’AFP, l’organisation accuse la France d’ “enliser la planète entière un peu
plus dans la crise climatique” avec l’exploitation future de ces hydrocarbures, 
source de pollution, et d’ “attiser les tensions dans une région qui s’embrase”.

Les Amis de la Terre “somment les entreprises françaises impliquées” dans l’exploitation
du gaz au Mozambique, notamment les banques privées, Crédit agricole et la Société
générale, ainsi que les industriels de l’énergie comme Total, “de se retirer”.
