# Pour la 18è année consécutive, JVE va rassembler des jeunes de toute l’Afrique pour célébrer l’agroécologie, le patrimoine et les traditions

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- Published: 2022-08-01T15:17:12+00:00
- Author: Biscone ADZOYI

Du 15 au 30 août 2022 prochain s’ouvre dans le grand Kloto plus précisément à kpélé
Tsiko, le Festival Agro Bio Culture (FABC) autrefois appelé Semaine de la Biodiversité
Culturelle (SBC). Organisée par Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), cette
rencontre de formation des jeunes autour de l’agroécologie, le patrimoine et les
traditions, est à sa 18 ème édition cette année. Le festival est organisé chaque
année pour créer un espace de dialogue entre les jeunes, les enfants et les plus
âgés au sein des communautés ainsi que d’apporter une expertise et des connaissances
provenant de sources scientifiques et traditionnelles.

Organisé en collaboration avec les autorités locales et d’autres parties prenantes,
ce festival célèbre la diversité culturelle, le patrimoine et les traditions tout
en promouvant les pratiques qui préservent la nature et améliorent le développement
communautaire durable et un cadre de tourisme et d’apprentissage.

Il a pour but d’optimiser l’action de la jeunesse africaine pour une gestion collaborative
des ressources naturelles, la restauration et la promotion d’une culture durable
de connaissances et ressources combinées pour une transition efficace vers des solutions
fondées sur la nature.

Il est un moyen de célébrée des pratiques cultuelles et culturales transmises de
génération en génération pour la préservation de l’environnement et de la Biodiversité.
Il permet de faire valoir les connaissances endogènes notamment celle des femmes
dans la conservation des semences, la transmission du savoir et la promotion de 
la consommation locale, les pratiques fondées sur la nature. Cette semaine sera 
meublée d’ateliers de formation, de foires aux semences et des échanges sur l’agroécologie,
des expériences pratiques de sélection des semences, des processus de valorisation
des produits locaux, de spectacles culturels, chants et danses et visites sur le
terrain.

Selon les organisateurs, « La crise alimentaire mondiale est la conséquence de systèmes
agricoles à forte intensité d’intrants externes et de ressources qui sont souvent
à l’origine d’une déforestation massive, de pénuries d’eau, d’une perte de biodiversité,
d’un épuisement des sols et d’importantes émissions de gaz à effet de serre ».

Ils pensent qu’en Afrique, les paysans font partie des plus vulnérables face au 
changement climatique. Les pratiques agroécologiques représentent un potentiel majeur
pour faire face aux enjeux de gestion durable des ressources naturelles et de la
croissance démographique.

Au Togo, l’agriculture occupe 57 % de la population active. Le type d’agriculture
pratiqué est de type familial. Or, l’impact des changements climatiques globaux 
qui se traduit par une forte tendance à l’aridification dans le nord du pays, amplifie
la menace que les pratiques agricoles inadaptées représentent pour la fertilité 
des sols, dont l’état de dégradation est déjà avancé. Confrontée à la dégradation
des terres cultivables, l’agriculture traditionnelle et de type familial ne permet
plus de subvenir aux besoins des familles. L’agriculture industrielle, basée sur
une forte mécanisation et des intrants coûteux (semences améliorées, engrais et 
pesticides de synthèse), reste inaccessible à la majorité des cultivateurs. Les 
produits souvent issus de ce type d’agriculture ne connaissent pas assez de transformation.
Aussi observe-t-on une préférence des produits importés souvent transformés par 
rapport aux produits locaux.

Face à cette situation, il est urgent de trouver une solution et d’engager le potentiel
des jeunes et des femmes dans la possession et la gouvernance foncière à travers
la formation, l’accès à l’information et la reconnaissance et la protection de leurs
droits.

Ainsi, l’agroécologie constitue pour les organisateurs du festival une réponse favorable,
car « elle prend en compte l’aspect environnement, social, politique, économique
et culturel. Elle est également une réponse à la dégradation des terres et à l’exode
rural des jeunes, facteurs clefs pour la reconquête de la souveraineté alimentaire
et pour l’amélioration des conditions de vie en milieu rural et la préservation 
de l’écosystème. Mener des actions en vue de promouvoir l’agroécologie, ou de pratiquer
l’agroécologie revient alors à la prise en compte des défis de la décennie des nations
unies de la restauration des écosystèmes… ».

Pendant une semaine d’activités, les participants venus principalement de chaque
préfecture du Togo, mais aussi de la sous-région africaine découvriront les meilleures
pratiques et actions qui pourraient inspirer et soutenir la mise en œuvre de solutions
fondées sur la nature pour relever les principaux défis mondiaux, notamment le changement
climatique. Ils seront sensibilisés à la nécessité urgente d’enrayer la perte de
biodiversité et de rétablir la santé des écosystèmes par des pratiques durables 
d’utilisation des terres et la restauration des paysages forestiers. Les capacités
et les connaissances des jeunes, des femmes et d’autres groupes sur les politiques
de conservation seront renforcés afin d’améliorer la coopération avec d’autres parties
prenantes et de les aider à identifier et à profiter des opportunités locales et
nationales.

Une aubaine de mobilisation de multi-acteurs pour la promotion de la culture, des
connaissances indigènes, de la souveraineté alimentaire, de la consommation et de
la production locales et pour soutenir la transition territoriale vers l’agroécologie.

Diverses activités sont prévues pour le festival. Il s’agit notamment des formations
de l’Université forestière d’Agame (UFA), le fonctionnement de système AVEC, l’Élaboration
de projet, l’entrepreneuriat social, l’économie circulaire, la pratique de l’agroécologie,
le marketing social, et l’Artisanat locale sans oublier des visites touristiques,
de partage d’expérience et restauration de la nature et de visite d’étude de l’écosystème.

 

 
