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Victor Bénissan : le dandy de la mode togolaise

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Couturier togolais spécialisé dans le haut de gamme, Victor Bénissan se définit plutôt comme un artiste. De retour à Lomé après plus d’une vingtaine d’année à l’extérieur du pays, l’homme ambitionne mettre son savoir faire au service de la jeunesse de son pays. Focus Infos l’a rencontré.

Ils sont nombreux, ces togolais qui après d’enrichissantes carrières à l’extérieur du pays généralement en Europe et en Amérique du Nord, choisissent de rentrer au pays pour s’y installer et faire profiter le fruit de leur labeur et leurs expériences à leur terre natale. C’est le cas de Victor Bénissan, artiste couturier, qui après une vingtaine d’année dans la mode et le grand luxe, de Paris en passant par Londres, vient de poser ses valises à Lomé. Au-delà de son art qu’il entend partager pour éclore des talents togolais dans le domaine de la couture, Victor souhaite se mettre au service des jeunes togolais issues de milieux défavorisés en leur donnant les moyens d’avoir accès à un éducation de qualité, mais aussi à internet et à l’apprentissage des métiers des arts, dans des « maisons de quartiers ».

 

Presque tout prédestinait Victor Bénissan à devenir artiste. Né d’une mère artiste peintre plasticienne, le futur couturier a grandi à Lomé dans un environnement assez créatif, qui sera l’inspiration et le début de son amour pour l’esthétique.

Quand il débarque à Paris dans les années 90, Victor Bénissan travaille dans le grand luxe pour des maisons comme Yves St Laurent et Christian Loboutin (chaussures de luxe) comme directeur de magasins et chef de commande pour la clientèle VIP. Sa tâche principale était de choisir des collections pour les magasins et de superviser la commande des clients VIP auprès des ateliers sur mesure.

En 2011, mue par le désir d’apprendre un peu plus et d’enrichir son expérience, il arrive à Londres, où il poursuit ses études en couture et patronage. La même année, il lance sa ligne de vêtements Le Cavalier.

Une des créations LeCavalier

La vie du jeune togolais au sourire presque contagieux est désormais partagée entre ses créations de mode et les cours de tennis. Car sportif et ancien champion junior de tennis du Togo, Victor n’a jamais abandonné son amour pour le racket qu’il transpose par delà les frontières. « C’était compliqué financièrement parlant de se lancer immédiatement dans la production de collections massives », confie t’il à Focus Infos dans un lieu huppé à Lomé. Il se spécialise dans le « sur mesure » et accroche rapidement une clientèle chic qui commence a apprécier ces œuvres.

Avant de revenir s’installer définitivement à Lomé, Victor a déjà tâté le terrain. Devrait-il revenir s’installer dans son pays natal ou produire à Londres pour le revendre  sur place, En participant à des événements de mode à Lomé, notamment au Cotton Club, au  Maquis Chic chez Flo et à la Villa, le choix est vite fait. C’est économiquement plus viable et plus rentable.

L’idée aujourd’hui est de former une équipe de tailleurs locaux qui peuvent répondre aux normes exigés sur le plan international. « Ce que j’essaie de vendre dans mon métier, c’est la qualité de finition et ce que j’ai remarqué ici à Lomé, en travaillant avec des tailleurs, c’est qu’il ya beaucoup de compétences, mais il ya un manque d’équipement. Actuellement j’ai ramené beaucoup d’équipement et tous ce dont les tailleurs locaux auront besoin pour une bonne qualité de finition.» Le challenge en gros est de ramener une qualité de finition standard et précise pour une clientèle avisée à Lomé, explique t’il. Cette clientèle existe et est exigeante.

Bénissan qui a été le directeur artistique de la dernière édition du Festival ELIMA, nous confie qu’il a une admiration particulière pour Yves St Laurent qui a su donner une certaine élégance aux femmes, et Channel qui a redonné le pouvoir aux dames. Au plan local, les créations de Gil Touré, Ayannick, Nadiaka, Kris Kali sont pour lui source d’inspiration.

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