Catégorie : DEVELOPPEMENT

  • Transport aérien : à Lomé, l’Afrique accélère la mise en œuvre de son marché unique

    Transport aérien : à Lomé, l’Afrique accélère la mise en œuvre de son marché unique

    Ouverte officiellement ce 15 jusqu’au 19 juin 2026, Lomé accueille la première Convention et Exposition africaines du transport aérien.

    Cette rencontre continentale vise à lever les obstacles réglementaires et fiscaux qui entravent encore le développement de l’aviation civile et l’intégration du ciel africain.

    La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, également désigné « Champion » du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA) par l’Union africaine.

    Plusieurs personnalités de premier plan ont pris part à l’événement, notamment le président rwandais Paul Kagame, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, ainsi que des représentants de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), de l’Association du transport aérien international (IATA) et du Conseil international des aéroports (ACI Afrique).

    Quatre priorités pour transformer le ciel africain
    Devant les participants, Faure Gnassingbé a présenté quatre axes stratégiques destinés à faire du transport aérien un levier majeur de croissance et d’intégration économique du continent.


    Le premier défi consiste à passer des engagements politiques aux réalisations concrètes. Pour le dirigeant togolais, les États doivent harmoniser leurs réglementations, faciliter les droits de trafic et ouvrir davantage les corridors aériens afin de favoriser une meilleure connectivité entre les différentes régions du continent.


    La deuxième priorité concerne la réduction des coûts du transport aérien. Faure Gnassingbé a plaidé pour la mise en place d’un environnement plus compétitif à travers la modernisation des infrastructures aéroportuaires, le renforcement des compagnies africaines et la rationalisation des taxes qui pèsent sur le secteur. Une simplification des procédures administratives devrait également permettre de faciliter la mobilité des opérateurs économiques, des étudiants et des touristes.


    Le Président du Conseil a également mis l’accent sur le développement du fret aérien, qu’il considère comme un outil stratégique pour accompagner la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Selon lui, l’aviation cargo doit être intégrée à une chaîne logistique multimodale associant les réseaux routiers, ferroviaires et maritimes afin de soutenir les exportations agricoles et industrielles africaines.


    Enfin, il a appelé à l’émergence d’une industrie aéronautique africaine plus souveraine et durable. L’objectif est de réduire la dépendance technologique du continent, de favoriser la création d’emplois qualifiés et de développer des centres de maintenance locaux, tout en prenant en compte les exigences liées à la transition écologique.


    Les propositions du dirigeant togolais ont été saluées par les différents participants. Le président rwandais Paul Kagame a exhorté les pays africains à accélérer la mise en œuvre des réformes nécessaires.


    « Aucun pays ne peut réussir seul ni prospérer dans la fragmentation », a-t-il déclaré, invitant les États à passer des discours aux actions concrètes.
    De son côté, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a salué les efforts déployés par le Togo dans la promotion du marché unique du transport aérien africain. En reconnaissance de son engagement, la Commission africaine de l’aviation civile et l’Union africaine ont décerné une distinction au Président du Conseil togolais.


    À travers l’organisation de cette convention, le Togo entend renforcer son positionnement comme plateforme commerciale et logistique majeure en Afrique de l’Ouest. Une ambition qui, selon Faure Gnassingbé, ne peut se concrétiser qu’à travers une coopération renforcée et une meilleure interconnexion des économies africaines.


    La rencontre de Lomé apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans la construction d’un marché aérien africain intégré, plus compétitif et capable de soutenir les ambitions économiques du continent.

  • 1er juin 2026:  Lancement de la campagne nationale de reboisement 2026

    1er juin 2026: Lancement de la campagne nationale de reboisement 2026

    Le Togo poursuit son grand défi environnemental : restaurer et protéger ses forêts et lutter contre les effets du changement climatique.

    Depuis mai 2021, le Gouvernement, sous l’impulsion du Président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBÉ, s’est engagé dans un programme ambitieux : planter un milliard d’arbres d’ici 2030.

    Dans ce cadre, la journée nationale de l’arbre, célébrée chaque 1er juin depuis 1977, reste un moment fort. Cette année, c’est le centre d’enfouissement technique d’Aképé, dans la préfecture de l’Avé, qui accueillera le lancement officiel de la campagne nationale de reboisement 2026.


    Une mobilisation citoyenne à travers tout le pays
    En prélude à cette grande activité, le ministère de l’environnement, des ressources forestières, de la protection côtière et du changement climatique organise dès le 25 mai 2026 une vaste campagne de communication.

    Radios locales et télévisions donneront la parole aux responsables régionaux et préfectoraux de l’environnement, ainsi qu’aux acteurs du bois et aux pépiniéristes.


    Les échanges se feront dans les langues locales pour expliquer le bilan des cinq premières années du programme, pourquoi le reboisement est une priorité nationale et comment la campagne sera organisée dans chaque région et préfecture.

    Le ministère insiste sur le rôle essentiel des collectivités locales, des femmes, des jeunes, de la société civile et des ONG… Au-delà de la mise en terre, l’entretien et le suivi des plants seront au cœur de cette dynamique. L’objectif est clair : rassembler toute la population autour d’un même projet de reboisement, afin de bâtir un avenir plus vert et durable pour le Togo.


    Une responsabilité partagée pour l’avenir du Togo
    Le reboisement est une question de survie nationale. Les forêts togolaises protègent les sols contre l’érosion, régulent l’eau, et offrent des ressources vitales aux communautés rurales.

    Dans un contexte où le pays fait face à la pression démographique, à l’exploitation du bois et aux effets visibles du changement climatique, chaque arbre planté devient un acte de résistance et d’espoir.


    Le Gouvernement appelle ainsi chaque citoyen, des villages aux grandes villes, à prendre part à cette mobilisation, car l’avenir du Togo dépend de la capacité collective à préserver son environnement.

    Cette mobilisation doit s’incarner dans un tryptique clair et porteur : planter et entretenir les arbres tout au long de l’année afin d’assurer leur pérennité, restaurer durablement nos paysages forestiers pour renforcer la résilience écologique et sociale, et enfin transformer structurellement notre économie en faisant des ressources naturelles abondantes un véritable levier de prospérité.


    Somme toute, l’Afrique doit désormais s’appuyer sur ses ressources naturelles pour impulser une transformation économique durable et inclusive, reliant ainsi l’action environnementale à la construction d’un avenir prospère par et pour tous.

  • Grand Lomé : la CCI-Togo ouvre une nouvelle délégation pour se rapprocher des entreprises

    Grand Lomé : la CCI-Togo ouvre une nouvelle délégation pour se rapprocher des entreprises


    La Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) poursuit son déploiement territorial avec l’inauguration d’une nouvelle délégation régionale dans le Grand Lomé, précisément à Agoè-Nyivé 1.

    Après Sokodé et Dapaong, cette nouvelle implantation marque une étape supplémentaire dans la stratégie de proximité de l’institution consulaire.

    Cette délégation a pour objectif de rapprocher les services de la CCI-Togo des acteurs économiques d’une zone qui concentre une importante activité commerciale et industrielle. Elle permettra notamment aux entreprises et aux promoteurs de TPME et TPMI d’accéder plus facilement aux informations, aux services d’accompagnement ainsi qu’aux opportunités de développement.

    L’initiative a été saluée par plusieurs autorités, dont la Gouverneure du Grand Lomé et le ministre de l’Économie, qui y voient un levier de renforcement du secteur privé et de la politique de décentralisation engagée par le gouvernement.

    À travers cette nouvelle représentation, la CCI-Togo entend promouvoir une gouvernance de proximité fondée sur l’efficacité, l’écoute et l’appui aux opérateurs économiques, afin de contribuer davantage à la dynamique de croissance économique du pays.

  • Togo–Kirghizistan : des accords concrets pour bâtir un partenariat stratégique multidimensionnel

    Togo–Kirghizistan : des accords concrets pour bâtir un partenariat stratégique multidimensionnel


    La visite officielle du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, au Kirghizistan commence déjà à produire des effets tangibles. Le 29 avril 2026 à Bichkek, le dirigeant togolais et son homologue, Sadyr Japarov, ont supervisé la signature d’une série d’accords et de mémorandums couvrant huit secteurs clés.

    À travers cette démarche, Lomé et Bichkek affichent leur ambition de bâtir une coopération durable, structurée et orientée vers des résultats concrets.

    Une coopération diplomatique renforcée
    Au cœur de cette dynamique figure un accord d’exemption de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques, officiels et de service. Cette mesure vise à fluidifier les échanges institutionnels et à instaurer un dialogue politique régulier entre les deux pays.

    Le numérique comme levier de transformation
    Les deux États ont également scellé un partenariat dans le domaine des technologies de l’information. L’accord prévoit la modernisation des administrations publiques, le développement de l’e-gouvernement, le renforcement de la cybersécurité et le déploiement d’infrastructures avancées, dont la 5G. Pour le Togo, engagé dans une dynamique de transformation digitale, cette collaboration ouvre des perspectives d’innovation et de performance.
    Culture : un pont entre les peuples

    La coopération culturelle vise à promouvoir les patrimoines, encourager les échanges artistiques et soutenir les industries créatives. Cette ouverture permettra de connecter artistes et créateurs des deux pays, tout en favorisant l’accès à de nouveaux marchés culturels.

    Deux accords majeurs portent sur l’amélioration du climat des affaires et la protection des investissements. Ils posent les bases d’une coopération économique renforcée, avec des opportunités accrues pour les entrepreneurs togolais, notamment vers les marchés d’Asie centrale.

    L’enseignement supérieur constitue un autre axe prioritaire. Les accords signés prévoient la mobilité académique, la reconnaissance des diplômes et le renforcement des capacités des enseignants. Une orientation qui vise à diversifier les partenariats scientifiques et à positionner le savoir comme moteur de développement.

    Dans le domaine sanitaire, les deux pays misent sur la coopération en santé publique, la prévention et la recherche. Le partenariat inclut le partage d’expertise, des initiatives conjointes de vaccination et le renforcement des compétences du personnel médical.
    Agriculture : vers plus de résilience
    L’accord agricole couvre les filières végétales, animales et halieutiques. L’objectif est de mutualiser les savoir-faire et de développer des projets conjoints afin de renforcer la sécurité alimentaire dans un contexte international incertain.

    Au-delà des signatures, cette coopération se distingue par son approche pragmatique : mise en place de mécanismes de suivi, groupes de travail dédiés et échéances précises. Une méthode qui traduit une volonté claire de transformer les engagements en résultats concrets.

    En consolidant cette relation avec le Kirghizistan, le Togo élargit son champ diplomatique et s’inscrit dans une stratégie de diversification de ses partenariats, aux côtés de ses relations avec l’Europe, l’Asie et les Amériques. Cette ouverture vers l’Asie centrale positionne désormais le pays sur un nouvel axe stratégique, entre Afrique de l’Ouest et Eurasie.

    Plus qu’une simple visite officielle, ce déplacement marque une étape importante dans la construction d’opportunités durables pour les Togolais, en matière d’investissement, de formation et de développement.

  • Université de Lomé : le journaliste Charles Kolou obtient son doctorat avec la mention Très Honorable

    Université de Lomé : le journaliste Charles Kolou obtient son doctorat avec la mention Très Honorable

    Le journaliste togolais Kolou Essodina Charles a soutenu avec succès sa thèse de doctorat à l’Université de Lomé, le jeudi 26 mars 2026, décrochant la mention « Très Honorable ».


    Portant sur le thème « Décentralisation et stratégies d’adaptation au changement climatique au Togo : cas de la région des Plateaux », son travail met en exergue la nécessité d’intégrer pleinement les enjeux climatiques dans les politiques de développement à l’échelle locale.

    Face à un jury présidé par le Professeur Sélom Komi Klassou, le candidat a défendu une approche territoriale pour faire face aux effets du changement climatique.


    À travers une analyse approfondie des politiques publiques locales et des réalités vécues par les populations, notamment dans une zone à forte vocation agricole, le chercheur s’est intéressé à la manière dont les communes de la région des Plateaux mettent en œuvre des stratégies d’adaptation.


    Les résultats de ses travaux révèlent plusieurs insuffisances. Sur les 32 communes que compte la région, seules 20 disposaient en 2025 d’un Plan de Développement Communal (PDC). Cinq autres sont en cours d’élaboration, tandis que sept n’ont pas encore engagé ce processus essentiel.


    Selon l’hypothèse défendue par Kolou Essodina Charles, les collectivités territoriales intègrent encore faiblement les problématiques climatiques dans leurs politiques. Pourtant, dans un contexte de décentralisation, elles jouent un rôle clé dans la mise en œuvre des politiques nationales de développement et devraient anticiper davantage les risques liés au climat.


    L’analyse des budgets locaux illustre cette réalité. Dans la commune d’Akébou 1, par exemple, sur un budget prévisionnel de plus de 301 millions de francs CFA pour 2026, à peine 14 millions sont alloués aux actions liées au climat, traduisant une prise en compte encore marginale de ces enjeux.

    Pour y remédier, le nouveau docteur formule plusieurs recommandations, notamment la révision du guide national d’élaboration des PDC afin d’y intégrer systématiquement les questions climatiques. Il propose également de faire du Fonds d’appui aux collectivités territoriales un instrument central de financement de l’action climatique, tout en misant sur la diplomatie locale pour renforcer les capacités et mobiliser davantage de ressources.


    Saluant la qualité scientifique du travail, le Professeur Sélom Komi Klassou a rappelé que « le changement climatique n’est plus un concept abstrait, mais une réalité quotidienne dont les impacts sont essentiellement locaux ».

    À travers cette recherche, Kolou Essodina Charles apporte une contribution à la fois scientifique et pratique. Il espère que ses conclusions serviront de référence aux communes togolaises pour améliorer leurs politiques publiques et intégrer efficacement les enjeux climatiques dans leurs stratégies de développement.

  • Togo – Nations Unies : un partenariat consolidé

    Togo – Nations Unies : un partenariat consolidé


    La récente session du Comité de pilotage du Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable (2023-2026) a mis en lumière la solidité et la montée en puissance du partenariat entre le Togo et le Système des Nations Unies.

    Cette collaboration se renforce en cohérence et en efficacité, dans un contexte institutionnel marqué par l’avènement de la 5ᵉ République.
    Intervenant au nom du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, la ministre, Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson, a dressé un bilan positif d’une coopération désormais pleinement arrimée à la nouvelle architecture institutionnelle du pays.

    Signé le 14 février 2023, le Cadre de coopération 2023-2026 constitue le principal instrument d’appui du Organisation des Nations unies au Togo pour la mise en œuvre de l’Agenda 2030. Son alignement avec la Feuille de route gouvernementale 2020-2025 traduit une convergence claire entre les priorités nationales et les interventions onusiennes.

    Trois axes structurent ce partenariat :
    la promotion d’une croissance inclusive génératrice d’emplois décents ; le renforcement du capital humain et l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base ; la consolidation de la cohésion sociale à travers une gouvernance plus inclusive et plus redevable.

    Ces orientations accompagnent les réformes institutionnelles engagées sous l’impulsion du Président du Conseil, notamment la mise en place progressive des institutions de la 5ᵉ République, perçue comme un facteur de stabilité politique et de meilleure lisibilité de l’action publique.

    La coopération entre le Togo et le Système des Nations Unies se traduit par des impacts mesurables : 5 057 femmes soutenues via des dispositifs d’épargne et de crédit communautaires ;
    107 630 petits producteurs accompagnés pour améliorer leur productivité ; plus de 2 000 emplois ruraux créés ; 3 millions de plants mis en terre ;
    88 500 hectares d’aires protégées placées sous gestion durable ; 64 salles de classe construites ou réhabilitées ; 64 000 enfants bénéficiant de cantines scolaires ; 83 forages réalisés ou réhabilités ; 113 204 accouchements assistés dans la région des Savanes ; 6 370 victimes de violences basées sur le genre prises en charge.

    Ces performances traduisent une approche centrée sur les résultats et l’impact, en phase avec l’exigence d’une gouvernance axée sur la performance.

    Dans un contexte international marqué par des crises géopolitiques, climatiques et économiques, le Togo poursuit une trajectoire de consolidation budgétaire, soutenue par le Fonds monétaire international. Cette discipline, conjuguée aux réformes continues du climat des affaires, renforce la crédibilité du pays en tant que partenaire fiable et prévisible.

    Elle favorise également une meilleure coordination des interventions des agences du Système des Nations Unies.
    Dans son discours sur l’état de la Nation et son message de fin d’année 2025, le Président du Conseil a articulé l’action gouvernementale autour de trois priorités :
    Protéger : renforcer la sécurité et élargir les filets sociaux ;
    Rassembler : approfondir la décentralisation et promouvoir l’équité territoriale ;
    Transformer : investir dans les infrastructures, l’agriculture, la logistique et l’industrie verte.
    Ces orientations constituent désormais le socle d’alignement des interventions onusiennes avec les politiques publiques nationales.


    Vers un partenariat plus exigeant et plus structuré
    Les récents travaux ont permis de réaffirmer les exigences du Gouvernement en matière de performance et de redevabilité : amélioration de la qualité de la dépense publique, renforcement du suivi-évaluation, alignement strict des plans de travail 2026 sur les priorités nationales, et exploration d’un fonds fiduciaire multipartenaire (« basket fund ») pour optimiser la mobilisation des ressources.


    Cette évolution marque une nouvelle étape du partenariat : davantage de cohérence stratégique, moins de dispersion et une focalisation accrue sur des résultats mesurables.


    À l’approche de l’échéance de la Feuille de route 2025 et en perspective de la prochaine stratégie nationale de développement, la coopération entre le Togo et le Système des Nations Unies s’affirme comme un levier structurant de transformation. Portée par une vision politique claire, un cadre institutionnel stabilisé et une exigence renforcée de résultats, elle ambitionne d’accompagner le pays vers une croissance inclusive, une cohésion sociale consolidée et une transformation structurelle durable à l’horizon 2030.

  • Les députés valident une réforme sur le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest

    Les députés valident une réforme sur le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest

    L’Assemblée nationale togolaise a adopté à l’unanimité, ce mardi 24 décembre, la réforme du cadre juridique et fiscal encadrant le projet du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (WAGP). Un vote consensuel qui confirme l’importance stratégique accordée par le Togo à la gouvernance énergétique et à l’intégration sous-régionale.

    Le texte adopté vient modifier la loi n°2004-002 du 15 décembre 2004, laquelle définit le régime juridique et fiscal harmonisé applicable au projet sur le territoire togolais. La séance plénière s’est tenue sous la présidence du Professeur Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale, en présence du ministre délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières, Robert Koffi Messan Eklo.

    La réforme repose sur trois axes majeurs. Elle prévoit, d’une part, la prorogation de la période d’exemption fiscale accordée à la West African Gas Pipeline Company (WAPCo).

    Elle vise, d’autre part, à ajuster le taux d’imposition afin de l’aligner sur ceux pratiqués par les autres États parties au projet. Enfin, elle renforce le rôle de l’Autorité du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (AGAO), désormais chargée de la supervision des nouveaux chargeurs.

    Au total, neuf dispositions législatives ont été révisées, notamment les articles 4, 17, 34, 35, 36, 56, 59, 64 et 73 de la loi initiale.

    Pour le président du groupe parlementaire Unir, Aklesso Atcholi, cette réforme dépasse le cadre technique d’une simple mise à jour législative. Elle s’inscrit dans une vision de développement à long terme.

    « Il ne peut y avoir d’industrialisation sans infrastructures énergétiques fiables, ni de développement inclusif sans une énergie durable et accessible », a-t-il souligné, présentant le gazoduc comme un outil de souveraineté économique et un moteur d’intégration régionale.

    Le gouvernement partage cette lecture stratégique. Devant les députés, le ministre Robert Koffi Messan Eklo a salué un vote décisif pour l’avenir énergétique du pays. « L’énergie est au cœur du processus d’industrialisation, et le gazoduc y joue un rôle central », a-t-il affirmé, qualifiant la réforme d’acte structurant aux effets durables.


    En clôturant les travaux, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la dimension sous-régionale de la réforme. « L’acte que nous venons de poser dépasse les frontières nationales », a déclaré le Professeur Komi Selom Klassou, rappelant que le projet s’inscrit pleinement dans la dynamique d’intégration portée par la Cédéao et consacrée par la Constitution de la Ve République.

    Il a également rendu hommage au président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, saluant son engagement et sa diplomatie active dans la mise en œuvre de projets structurants au service de la sous-région.


    Par ce vote unanime, le Parlement togolais réaffirme ainsi une orientation stratégique forte : faire de l’énergie un pilier de la transformation économique nationale et de l’intégration régionale un horizon politique durable.

  • À Belém, Émile Atigaku appelle à localiser le financement climatique

    À Belém, Émile Atigaku appelle à localiser le financement climatique

    Participant à la COP 30 qui se tient à Belém au Brésil, le maire de la commune Kloto 1, Emile ATIGAKU se fait le porte-voix des communes vulnérables au changement climatique.


    Invité à un panel organisé au Pavillon de la Francophonie, il a, selon nos confrères de Vert Togo, lancé un appel vigoureux à la reconnaissance du rôle central des territoires dans la lutte climatique ainsi qu’à la décentralisation effective des financements.
    « Les solutions climatiques naissent des territoires, et c’est à eux que doit bénéficier en priorité le financement climatique », a-t-il déclaré.
    Au cours de ce panel réunissant divers acteurs institutionnels et techniques, le maire a dressé un constat sans appel : les mécanismes actuels de financement climatique demeurent encore largement éloignés des collectivités territoriales, pourtant en première ligne face aux impacts du dérèglement climatique.
    « Si les villes secondaires comme Kpalimé subissent de plein fouet les effets du dérèglement climatique, elles restent paradoxalement les grandes oubliées des financements. Nous sommes en première ligne face au climat, mais en dernière ligne dans l’accès aux financements », a-t-il regretté.
    Émile Atigaku a rappelé que Kloto 1, pôle urbain majeur de la région des Plateaux, fait face à de multiples défis : urbanisation rapide, pression croissante sur les ressources en eau, inondations récurrentes, dégradation des sols et gestion complexe des déchets. Autant de vulnérabilités nécessitant des réponses urgentes.
    Il a pour l’occasion présenté plusieurs projets locaux qui pourraient transformer la résilience climatique de sa commune s’ils bénéficiaient de financements adaptés, notamment des systèmes de drainage pour lutter contre les inondations, des programmes de reboisement urbain et la création d’une ceinture verte, l’installation d’éclairage public solaire, une gestion intégrée des déchets avec valorisation, l’extension du réseau d’eau potable, le développement de l’agriculture urbaine régénérative et un écotourisme résilient au climat.
    « Nous avons des idées, nous avons des potentialités, mais nous avons besoin d’ingénierie financière pour transformer ces idées en projets finançables », a insisté le maire.
    Émile Atigaku a dans la synthèse de son intervention plaidée pour une refonte complète de la gouvernance des financements climatiques, avec des mesures concrètes comme la dédicace de budgets directement aux collectivités territoriales, la simplification des procédures d’accès aux fonds, la reconnaissance de la maîtrise d’ouvrage locale, le renforcement durable des capacités institutionnelles et le développement de l’ingénierie financière territoriale.
    « Le climat se vit localement. Le financement climatique doit aussi être local et la gouvernance climatique doit être inclusive. Donnez-nous les moyens, impliquez-nous véritablement et nous livrerons les résultats pour le bonheur de nos populations. », a-t-il laissé entendre.
    Ce message fort, porté par le maire de Kloto 1 reconnu pour son expertise en développement local durable et en gestion des ressources en eau rappelle qu’en l’absence d’une véritable localisation des financements, l’action climatique risque de rester à la porte des territoires qui en ont le plus urgent besoin.

    Charles Kolou

  • La Déclaration de Dakar: Un appel fort à l’action pour garantir la souveraineté sanitaire en Afrique

    La Déclaration de Dakar: Un appel fort à l’action pour garantir la souveraineté sanitaire en Afrique

    La présidente du Forum, Pr. Awa Marie Coll Seck, a prononcé, le vendredi 31 octobre dernier, lors de la cérémonie de clôture du Forum Galien Afrique à Dakar, la Déclaration de Dakar sur la souveraineté sanitaire en Afrique.

    Ce texte, adopté en présence du président sénégalais Bassirou Dioumaye Faye, marque un tournant dans la lutte pour la souveraineté sanitaire du continent. Il appelle à une transformation radicale des systèmes de santé en Afrique, afin de garantir l’autonomie sanitaire du continent face aux défis actuels.


    Le Forum a d’abord mis en lumière la situation alarmante de la santé en Afrique, soulignant que le continent « supporte plus de 24% de la charge mondiale de morbidité pour seulement 3% des effectifs mondiaux de santé et moins de 5% des dépenses mondiales de santé ». Cette inégalité se traduit par une dépendance inquiétante aux importations de médicaments, avec des coûts élevés, des pénuries et des risques d’insécurité thérapeutique. « Plus de 70% des médicaments essentiels et des produits de soins de base sont importés », exposant les pays africains à des ruptures d’approvisionnement et à des médicaments de qualité douteuse, comme cela a été révélé lors de la pandémie de COVID-19.
    « Définir ses propres politiques de santé… »


    La déclaration insiste sur la nécessité de renforcer la souveraineté sanitaire de l’Afrique, qui se définit par la capacité du continent à « définir ses propres politiques de santé, se doter soi-même des produits de santé stratégiques » et garantir « un accès équitable pour tous ». Cette souveraineté est essentielle pour la sécurité, la stabilité économique et le développement humain durable de l’Afrique. Elle repose sur un engagement politique fort de la part des États africains, le financement endogène, l’autonomie scientifique, ainsi que l’innovation locale.
    Pour réaliser cette souveraineté, plusieurs leviers stratégiques sont mis en avant. La production locale est un élément clé de cette transformation. Il est proposé de « créer des environnements favorables » pour attirer les investissements dans la fabrication de médicaments, de vaccins et de technologies médicales. À cet égard, la création d’un Fonds Africain pour l’Innovation en Santé est envisagée pour co-financer la recherche et le développement (R&D) de nouveaux médicaments, en particulier pour les « maladies transmissibles, non transmissibles, maladies tropicales négligées ».
    En parallèle, la déclaration de Dakar appelle à promouvoir les savoirs traditionnels et endogènes et à les intégrer dans les chaînes de valeur modernes de la santé. Un équilibre entre « l’accès aux innovations et la protection des brevets » est également nécessaire, avec une stratégie continentale sur la propriété intellectuelle visant à encourager l’accès aux technologies tout en protégeant les droits des inventeurs.
    Appel à l’application de l’accord d’Abuja sur le financement de la Santé
    Le financement des systèmes de santé reste un défi majeur. La Déclaration de Dakar insiste sur l’augmentation de l’allocation budgétaire nationale à la santé, conformément à l’Accord d’Abuja de 2001, qui préconise d’allouer au moins 15% des budgets nationaux à la santé. Des mécanismes de financement innovants, tels que des taxes sur les produits nuisibles à la santé et des partenariats public-privé (PPP), doivent être mis en place pour assurer un financement pérenne des systèmes de santé africains.
    Le renforcement de la gouvernance et de la régulation des systèmes de santé est un autre point essentiel. La Déclaration appelle à l’opérationnalisation de l’Agence Africaine des Médicaments (AMA) pour harmoniser l’enregistrement des médicaments à travers le continent et garantir leur qualité. Les Communautés Économiques Régionales (CER) doivent également être soutenues dans la mise en œuvre coordonnée de politiques pharmaceutiques régionales.
    Le Forum insiste aussi sur l’importance de former et de retenir le personnel de santé. Il est proposé de mettre en place des plans de carrière attractifs et des conditions de travail décentes pour les professionnels de santé, tout en développant des programmes de leadership pour les jeunes et les femmes. Cette initiative vise à placer ces groupes au cœur de la transformation sanitaire du continent.
    Soutenir les start-ups de santé…
    La souveraineté sanitaire ne saurait être réalisée sans garantir un accès universel aux soins. La Déclaration de Dakar recommande d’intégrer la « souveraineté sanitaire » dans les stratégies nationales de la Couverture de Santé Universelle (CSU), de réduire les inégalités d’accès aux soins, en particulier pour les populations rurales et vulnérables. Le Forum appelle aussi à « renforcer les systèmes d’approvisionnement et de distribution logistique » pour garantir que les médicaments essentiels parviennent au dernier kilomètre, un enjeu majeur pour de nombreux pays africains.
    Le rôle de la jeunesse et des femmes dans cette transformation sanitaire est également mis en avant. La Déclaration appelle à « créer des incubateurs et des fonds dédiés pour soutenir les start-ups de santé dirigées par des jeunes et des femmes », en garantissant leur participation dans les instances décisionnelles. Il est également recommandé de mettre en place des programmes de mentorat et de bourses pour encourager les jeunes chercheurs et entrepreneuses en santé.
    En conclusion, la Déclaration de Dakar constitue un appel fort à l’action collective et solidaire pour garantir la souveraineté sanitaire en Afrique. Elle invite les États africains, les partenaires internationaux et le secteur privé à s’engager pleinement pour renforcer l’autonomie sanitaire du continent et garantir l’accès de toutes les populations à des soins de qualité. La mise en œuvre de ces engagements, suivis annuellement, est essentielle pour construire un avenir plus sain et plus équitable pour l’Afrique.

  • Sokhna Adou : une pionnière ivoirienne de la construction durable au service d’une Afrique résiliente

    Sokhna Adou : une pionnière ivoirienne de la construction durable au service d’une Afrique résiliente

    À seulement 30 ans, Sokhna Adou, informaticienne ivoirienne, incarne une nouvelle génération de femmes africaines qui allient technologie, innovation et impact social.

    Titulaire d’un diplôme en ingénierie informatique, elle a débuté sa carrière à la Banque Africaine de Développement (BAD), où elle a passé quatre années à gérer un portefeuille de projets énergétiques et à coordonner des budgets complexes. Cette expérience lui a permis d’acquérir une solide expertise en gestion de projet, en analyse stratégique et en innovation sociale.

    Animée par le désir d’apporter des solutions concrètes aux défis environnementaux et économiques du continent, Sokhna décide en 2019 de se lancer dans l’entrepreneuriat. Convaincue que la construction durable est un levier essentiel pour le développement de l’Afrique, elle fonde COSNA Investments, une entreprise sociale et écologique spécialisée dans la production et la commercialisation de briques de terre comprimée stabilisée (BTCS).

    Ces briques, produites grâce à une machine innovante conçue localement par son équipe, allient efficacité et durabilité. Capable de fabriquer jusqu’à 10 000 briques par jour, cette technologie réduit considérablement l’impact environnemental de la construction. En parallèle, COSNA Investments a déjà formé plus de 110 jeunes et artisans aux techniques d’écoconstruction, favorisant ainsi l’emploi, l’autonomie et la résilience communautaire.

    Les débuts n’ont pourtant pas été faciles. Sokhna Adou se souvient des obstacles rencontrés, notamment la difficulté d’accès au financement et la méfiance du marché vis-à-vis d’une technologie encore méconnue. Mais la persévérance a fini par porter ses fruits.

    « Le souvenir le plus marquant de mon parcours reste la première maison construite entièrement avec nos briques écologiques. C’était la preuve tangible que l’innovation locale pouvait transformer durablement notre manière de construire », confie-t-elle avec fierté.

    Aujourd’hui, COSNA Investments s’impose comme un acteur clé de la construction écologique en Côte d’Ivoire. L’entreprise ambitionne de former plus de 1 000 jeunes d’ici 2030, de réduire l’usage de matériaux polluants sur les chantiers et d’étendre l’utilisation des briques écologiques aux projets publics et privés.

    Son approche unique alliant innovation technologique, durabilité environnementale et inclusion sociale lui a valu plusieurs distinctions. Sokhna Adou est lauréate du programme YALI Challenge (2024), du Hub ES CI de la Fondation Soleterre (2025) et du programme Afrik De Demain (2025), autant de reconnaissances qui saluent son leadership et son engagement pour un avenir plus vert et solidaire.

    Forte d’une équipe permanente de huit collaborateurs, COSNA Investments prévoit désormais de déployer sa technologie dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et de lancer une académie de formation spécialisée en écoconstruction. Elle souhaite aussi renforcer ses partenariats avec les acteurs publics et privés afin de démocratiser l’usage des briques écologiques sur le continent.

    Le programme Afrik De Demain, auquel elle participe, constitue pour elle une plateforme stratégique pour valoriser le potentiel des jeunes entrepreneurs africains, bénéficier d’un accompagnement personnalisé et créer des synergies durables entre innovateurs.

    Avec passion, vision et audace, Sokhna Adou continue de bâtir, brique après brique, une Afrique plus durable, inclusive et résiliente.