À Belém, Émile Atigaku appelle à localiser le financement climatique

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Participant à la COP 30 qui se tient à Belém au Brésil, le maire de la commune Kloto 1, Emile ATIGAKU se fait le porte-voix des communes vulnérables au changement climatique.


Invité à un panel organisé au Pavillon de la Francophonie, il a, selon nos confrères de Vert Togo, lancé un appel vigoureux à la reconnaissance du rôle central des territoires dans la lutte climatique ainsi qu’à la décentralisation effective des financements.
« Les solutions climatiques naissent des territoires, et c’est à eux que doit bénéficier en priorité le financement climatique », a-t-il déclaré.
Au cours de ce panel réunissant divers acteurs institutionnels et techniques, le maire a dressé un constat sans appel : les mécanismes actuels de financement climatique demeurent encore largement éloignés des collectivités territoriales, pourtant en première ligne face aux impacts du dérèglement climatique.
« Si les villes secondaires comme Kpalimé subissent de plein fouet les effets du dérèglement climatique, elles restent paradoxalement les grandes oubliées des financements. Nous sommes en première ligne face au climat, mais en dernière ligne dans l’accès aux financements », a-t-il regretté.
Émile Atigaku a rappelé que Kloto 1, pôle urbain majeur de la région des Plateaux, fait face à de multiples défis : urbanisation rapide, pression croissante sur les ressources en eau, inondations récurrentes, dégradation des sols et gestion complexe des déchets. Autant de vulnérabilités nécessitant des réponses urgentes.
Il a pour l’occasion présenté plusieurs projets locaux qui pourraient transformer la résilience climatique de sa commune s’ils bénéficiaient de financements adaptés, notamment des systèmes de drainage pour lutter contre les inondations, des programmes de reboisement urbain et la création d’une ceinture verte, l’installation d’éclairage public solaire, une gestion intégrée des déchets avec valorisation, l’extension du réseau d’eau potable, le développement de l’agriculture urbaine régénérative et un écotourisme résilient au climat.
« Nous avons des idées, nous avons des potentialités, mais nous avons besoin d’ingénierie financière pour transformer ces idées en projets finançables », a insisté le maire.
Émile Atigaku a dans la synthèse de son intervention plaidée pour une refonte complète de la gouvernance des financements climatiques, avec des mesures concrètes comme la dédicace de budgets directement aux collectivités territoriales, la simplification des procédures d’accès aux fonds, la reconnaissance de la maîtrise d’ouvrage locale, le renforcement durable des capacités institutionnelles et le développement de l’ingénierie financière territoriale.
« Le climat se vit localement. Le financement climatique doit aussi être local et la gouvernance climatique doit être inclusive. Donnez-nous les moyens, impliquez-nous véritablement et nous livrerons les résultats pour le bonheur de nos populations. », a-t-il laissé entendre.
Ce message fort, porté par le maire de Kloto 1 reconnu pour son expertise en développement local durable et en gestion des ressources en eau rappelle qu’en l’absence d’une véritable localisation des financements, l’action climatique risque de rester à la porte des territoires qui en ont le plus urgent besoin.

Charles Kolou

Biscone ADZOYI
Biscone ADZOYIhttp://elitedafrique.com
Biscone Adzoyi est journaliste rédacteur à Elite d'Afrique depuis 2017. Il s’intéresse particulièrement aux questions environnementales et de développement durable
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