Le journaliste togolais Kolou Essodina Charles a soutenu avec succès sa thèse de doctorat à l’Université de Lomé, le jeudi 26 mars 2026, décrochant la mention « Très Honorable ».

Portant sur le thème « Décentralisation et stratégies d’adaptation au changement climatique au Togo : cas de la région des Plateaux », son travail met en exergue la nécessité d’intégrer pleinement les enjeux climatiques dans les politiques de développement à l’échelle locale.
Face à un jury présidé par le Professeur Sélom Komi Klassou, le candidat a défendu une approche territoriale pour faire face aux effets du changement climatique.
À travers une analyse approfondie des politiques publiques locales et des réalités vécues par les populations, notamment dans une zone à forte vocation agricole, le chercheur s’est intéressé à la manière dont les communes de la région des Plateaux mettent en œuvre des stratégies d’adaptation.

Les résultats de ses travaux révèlent plusieurs insuffisances. Sur les 32 communes que compte la région, seules 20 disposaient en 2025 d’un Plan de Développement Communal (PDC). Cinq autres sont en cours d’élaboration, tandis que sept n’ont pas encore engagé ce processus essentiel.
Selon l’hypothèse défendue par Kolou Essodina Charles, les collectivités territoriales intègrent encore faiblement les problématiques climatiques dans leurs politiques. Pourtant, dans un contexte de décentralisation, elles jouent un rôle clé dans la mise en œuvre des politiques nationales de développement et devraient anticiper davantage les risques liés au climat.
L’analyse des budgets locaux illustre cette réalité. Dans la commune d’Akébou 1, par exemple, sur un budget prévisionnel de plus de 301 millions de francs CFA pour 2026, à peine 14 millions sont alloués aux actions liées au climat, traduisant une prise en compte encore marginale de ces enjeux.
Pour y remédier, le nouveau docteur formule plusieurs recommandations, notamment la révision du guide national d’élaboration des PDC afin d’y intégrer systématiquement les questions climatiques. Il propose également de faire du Fonds d’appui aux collectivités territoriales un instrument central de financement de l’action climatique, tout en misant sur la diplomatie locale pour renforcer les capacités et mobiliser davantage de ressources.
Saluant la qualité scientifique du travail, le Professeur Sélom Komi Klassou a rappelé que « le changement climatique n’est plus un concept abstrait, mais une réalité quotidienne dont les impacts sont essentiellement locaux ».

À travers cette recherche, Kolou Essodina Charles apporte une contribution à la fois scientifique et pratique. Il espère que ses conclusions serviront de référence aux communes togolaises pour améliorer leurs politiques publiques et intégrer efficacement les enjeux climatiques dans leurs stratégies de développement.

