La 9ᵉ édition du Colloque sous-régional du Dialogue interreligieux, une rencontre consacrée cette année à la problématique de la désinformation liée au fait religieux s’est tenue à Lomé.
L’événement est organisé par la Konrad Adenauer Stiftung, en partenariat avec le Centre de Recherche Politique d’Abidjan, l’ambassade d’Israël en Côte d’Ivoire et le Centre d’Observation de Promotion de l’Etat de Droit au Togo.
Pendant deux jours, des leaders religieux, universitaires, spécialistes des médias et représentants de la société civile venus du Togo, du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la Guinée échangent autour du thème : « Religion et Désinformation ».
Dans un contexte marqué par la circulation massive de fausses informations sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques, les participants réfléchissent aux moyens de prévenir les manipulations et de promouvoir une communication responsable.

Les travaux s’articulent autour de trois panels thématiques et de sessions de réflexion en groupe réunissant une quinzaine de participants.
Lors du premier panel consacré à l’approche contemporaine du phénomène, le docteur Zoulkoufoulou Ouro-Gbélé a mis en avant la désinformation historique dont les religions endogènes africaines auraient longtemps été victimes.
Selon lui, la transmission orale de ces croyances a favorisé des interprétations erronées, souvent héritées de la période coloniale.
« Depuis l’époque coloniale, d’autres ont défini ce qu’était la religion endogène africaine, parfois en la présentant comme idolâtre ou polythéiste », a-t-il expliqué, estimant que cette perception déformée a contribué à nourrir des tensions sociales et religieuses.
L’universitaire a insisté sur le rôle essentiel de l’éducation dans la promotion de la tolérance et de la coexistence pacifique entre les différentes croyances.
Le deuxième panel, consacré à l’approche théologique, a été marqué par l’intervention du père Dominique Rosario Agbalenyo. Le religieux catholique a dénoncé les dérives liées aux fake news et à l’usage abusif des technologies de l’information.
Pour lui, la désinformation constitue une forme de déshumanisation de la communication et représente un danger pour la cohésion sociale.
Il a rappelé que l’Église catholique encourage depuis plusieurs décennies une culture de vérité, de responsabilité et de discernement à travers ses réflexions sur la communication sociale.
Face aux défis du numérique, il a plaidé pour un renforcement de l’éducation aux médias et à la citoyenneté numérique afin de mieux préparer les populations à faire face aux manipulations de l’information.
Le troisième panel a permis d’explorer plusieurs pistes d’action pour renforcer le rôle des acteurs religieux dans la lutte contre la désinformation.
Les participants ont notamment évoqué la mise en place de réseaux interreligieux de veille, le développement d’outils de vérification adaptés aux réalités africaines ainsi que l’organisation de formations spécifiques à destination des communautés religieuses.

La deuxième journée du colloque est consacrée à des travaux de groupe visant à formuler des recommandations concrètes destinées aux institutions publiques et aux organisations religieuses de la sous-région.
À travers cette rencontre, les organisateurs ambitionnent de faire du dialogue interreligieux un outil de prévention des tensions et un levier pour promouvoir une information fiable et responsable dans l’espace africain.

