Les experts et personnes ressources des organisations de la société civile et structures publiques, à l’initiative de l’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement JVE, ont validé vendredi dernier à Lomé au cours d’un atelier technique, un document stratégique.
Dénommé « Livre Blanc togolais sur la Transition Juste », ce document représente une étape stratégique pour concilier développement agricole, équité sociale et durabilité environnementale.
Son élaboration, est partie du constat le Togo dépend de l’extérieur pour la satisfaction de ses besoins alimentaires notamment les protéines animales dont 40% sont importés, pour une dépense annuelle estimée à 50 milliards de FCFA selon les récentes statistiques officielles. Cette dépendance aux importations fragilise la souveraineté alimentaire et expose le pays aux fluctuations des marchés internationaux.
L’atelier à l’issue duquel, ce document a été validé a permis d’intégrer les connaissances, les préoccupations et les propositions des participants pour renforcer sa pertinence, sa légitimité et son applicabilité.
De fait, il s’agissait aussi de favoriser une appropriation collective en renforçant l’engagement et la capacité d’action des OSC dans sa mise en œuvre des recommandations du livre blanc dans leurs actions.
« L’objectif de cet atelier c’est de pouvoir associer les différentes couches de nos populations, notamment les organisations de la société civile, les autorités locales, les ministères pour faire des recommandations par rapport au document. Ledit document a été élaboré à travers une étude qui a été faite au Togo pour toucher du doigt l’impact de la production animale industrielle sur la population. Il contient les questions de l’agroécologie, la question liée à la consommation de la viande au niveau de la population, étant donné que le Togo malgré ses importations a du mal à satisfaire les besoins de ses populations, il est de notre devoir de soutenir les petits producteurs », a déclaré Charles Fomedi, environnementaliste, chargé des questions du changement climatique à l’ONG JVE.
Ce document stratégique propose également à l’ensemble des acteurs du développement une nouvelle approche visant à sortir progressivement du modèle industriel de production animale, développé pour répondre aux besoins d’une population en constante augmentation, mais dont les effets destructeurs sont perceptibles et démontrés par de nombreuses études.

« Ce livre blanc n’est pas un document de plus. Face aux défis que fait émerger le modèle industriel notamment la déforestation, la hausse des émissions de gaz à effet de serre, la perte de la biodiversité, la pollution des sols et des eaux ainsi que la précarisation des petits producteurs, le livre blanc propose une transition vers des systèmes alimentaires centrés sur l’agroécologie, l’équité sociale, la justice gouvernementale et l’innovation. Mais sa pertinence dépendra avant tout de votre regard, de vos recommandations mais aussi de la validation de son contenu », a précisé aux participants Aluora A.Luttah, directrice des programmes à l’ONG JVE à l’ouverture de l’atelier.
Le livre blanc, avec sa validation, constitue un outil réellement porteur de changement. C’est du moins l’attente des acteurs