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Covid-19 et taxis-motos, la guerre manquée

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«Ce métier échappe à leur contrôle, ils ne peuvent pas l’arrêté». «Ils n’y peuvent rien, ils ont peur de ce que cela peut engendrer », lancent en chœur Joël et ses collègues conducteurs de taxi moto à Lomé.

Le taxi moto, un métier considéré comme celui de la dernière chance regorge de jeunes qui ne cherchent qu’à joindre les deux bouts. Ce métier qui d’ordinaire est loin d’être du beurre s’est muté en “pain sec” avec la pandémie de la Covid-19 qui s’est imposé à tous et a fait voir de toutes les couleurs aux professionnels du domaine.

En guise de rappel, au soir du 1er avril, le chef de l’Etat a décidé que s’en était fini du métier de taxi moto du moins le temps que durait la crise sanitaire. Coup dur pour les Zmans qui d’une seule voix ont décidé de boycotter cette décision avec une grande manifestation sur toute l’étendue du territoire. Face aux conséquences prioritairement désastreuses que pouvait engendrer cette situation l’échéance de cette décision a été repoussée au 11 avril afin de permettre à tous les conducteurs de taxi moto de rentrer en possession de 20.000 francs CFA, une somme censée les dissuader de poursuivre leurs activités.

Mais à l’heure actuelle, selon ce qui ressort de nos investigations, les 20.000 francs ne sont restés que des promesses. Pourquoi donc ?

« Ils nous ont demandé au niveau de chaque station d’envoyer une liste de chaque conducteurs. Après ils ont appelé deux de nos collègues et ont fait de même pour chaque station pour soutirer des informations sur la nature réelle de leur activités. Après sondage, ils se sont rendus compte qu’il y avait beaucoup d’intrus dans le métier. Moi par exemple j’étais enseignant dans le privé et c’est mentionné sur ma carte. Du coup pas de 20.000 ni même les 5000 que certains ont reçu», a expliqué Joël, avant de poursuivre, «puisque les mesures d’accompagnement ont peiné à suivre, ils nous ont finalement lâché la bride».

Un problème de moins peut-on dire mais la situation est loin d’avoir été décantée. L’autre problème majeur, «les gens s’ils n’ont pas de course urgente à faire ne sortent plus et c’est difficilement que tu arrives à faire 2500, 3000 francs par jour».

Dans ces conditions où les clients se font rare, les quelques clients qui se pointent dictent leurs prix. On en était encore là quand deux jeunes ont sollicité leurs services pour 300 f sur une distance qui nécessitait 500 f au moins. N’ayant pas trop le choix il dit « montez, allons-y (j’ai des bouches à nourrir).»

En dernier ressort, un troisième zem a évoqué la question des interventions parfois musclées de la force anti-pandémie (FOSAP) dues au non port des caches nez. «Certains sont gentils, ils vous demandent de l’acheter, d’autres par contre vous retirent les clefs de la moto et d’autres même tentent d’en venir aux mains. Certes c’est pour notre santé mais il faut qu’on se respecte tous. Moi je respire à peine avec ce masque au visage toute la journée.»

Si la Covid-19 a fait mouche dans presque tous les secteurs, il n’en demeure pas moins que les Zmans en ont tellement et continuent d’ailleurs d’en baver. Vivement un retour à la normale

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