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Les zem et le tramadol, un poison lent

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“Deux (2) Zemidjan man togolais sur trois (3) se droguent à la tramadol

La scène se déroule à Adidogomé. Une foule s’active autour d’un jeune, à peine la vingtaine gisant au sol, inconscient devant l’étalage d’une vendeuse de bouillie. La dame, toute effarée, tente d’expliquer ce qui s’est passé.

En réalité le jeune a fait usage à tort d’un code usité par les zemidjan man pour s’approvisionner en Tramadol auprès de la dame. Il a donc été servi en conséquence, résultat il est tombé dans les vapes.

Signe de mains, Efferalgan (…) voilà quelques codes usités pour désigner cet anti douleur détourné en drogue nocive par des contrebandiers de la sous-région. Selon les informations recueillies, un comprimé normal de tramadol est dosé à 50mg mais celui de la rue est surdosé (120, 200, 250 mg) ce qui renforce l’addiction des consommateurs.

⅔ des conducteurs de taxis-motos togolais en consomment, soit disant pour «combattre la fatigue et bien travailler.» Ils sont partout, sur les routes, aux feux tricolores, hélant vigoureusement les passants. Ils paraissent les plus habiles, n’ont aucune difficulté à foncer dans les embouteillages, se faufilent fièrement entre des voitures en mouvement avec une aisance à vous glacer le sang.

Ces réflexes n’ont qu’une seule et unique source, le tramadol. Dans un grand reportage réalisé et tourné au Togo par la chaîne Allemande Arte, le laborantin Pakame Midamou officiant au laboratoire de la police scientifique de Lomé a expliqué que le tramadol, est un produit pharmaceutique qui est «utilisé normalement pour réduire les douleurs, mais les gens préfèrent l’utiliser d’avance pour peut-être minimiser la fatigue.

Une version corroborée par un Zman initié qui depuis 3 ans, n’arrive pas à s’en défaire. « J’ai constaté que quand je prends du tramadol cela me fait du bien, je travaille plus, cela me donne de l’énergie et sur la moto je suis à l’aise».

Autant cela procure du bonheur, autant ses conséquences sont dramatiques. Entre autres, l’overdose, la démence, des accidents de circulation conduisant bien souvent au trépas.

Partis pour réduire la fatigue, plusieurs sont-ils, conducteurs de taxis motos mais pas seulement, footballeurs, portefaix, militaires (…) à se retrouver pris au piège de l’addiction. Malheureusement, le pays ne dispose d’aucun centre de désintoxication. Qu’adviendra-t-il de ces jeunes ? « J’ai peur» a déclaré l’un d’eux.

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