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Aspects techniques et financiers de la pêche au Togo

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Au plieudit Habo, déformation du mot anglais « harbour », à l’est de Lomé, les pêcheurs utilisent les pirogues artisanales dont la majorité est manœuvrée par des tiers au service des propriétaires-bailleurs. Cependant, le partage des gains issus d’une partie de pêche est structuré.

Pour investir dans la pêche, il faut acheter une embarcation et chercher un connaisseur dans le domaine à qui il la confie. Ce dernier devient de facto le capitaine de la pirogue et forme son équipage. A raison de 7 à 15 personnes selon la taille de la pirogue.

La pêche est organisée et obéit à des règles tacites. Elle se déroule chaque jour sauf le dimanche où la pêche est formellement interdite, ainsi que l’utilisation d’un groupe électrogène à bord des embarcations. Cette machine leur sert souvent à éclairer la mer en vue d’attirer les poissons pour les capturer.

Les embarcations quittent les côtes  pour la mer entre 2 heures et 3 heures à l’aube pour revenir vers 6 et 8 heures. Sur la mer, les watchavi qui ont besoin de la lumière qu’émettent les navires se positionnent autour de ceux-ci dans le respect des distances réglementaires en vigueur  dans la navigation maritime. Ils sont souvent cinq pirogues autour d’un même navire.

La première embarcation arrivée sur la zone de pêche jette ses filets. Si au bout de quelques heures, elle les retire avec ou sans poissons, elle cesse momentanément de pêcher. Elle aura la possibilité de jeter une fois encore ses filets après les autres embarcations. C’est une règle qui est connue de tous.

De retour sur la côte , l’embarcation débarque sa cargaison de poissons à travers des bidons en plastiques. A 20 mètres de la côte, s’anime un véritable marché aux poissons. Le poisson est vendu à 1100 FCFA le petit panier (image). Ce prix varie très rarement et se limite à une diminution de 100FCFA le prix du panier.

Les acheteurs  sont pour la plupart des femmes revendeuses et quelques patronnes de ménages qui viennent s’approvisionner à la source.

Une fois la vente effectuée, l’équipage et l’armateur se partagent les gains issus de la vente des poissons. Les retombées financières de la pêche quotidienne peuvent varier entre  700 mille et un million de FCFA, 1400 ou 2000 USD.

Le gain se répartit selon l’intervention de chaque acteur. Automatiquement, une somme de 45 mille francs est retenue pour le carburant utilisé ; ensuite, une somme de 50 mille est mise de côté d’où 1500 FCFA  dégégés pour nouviga (…), 2 mille pour la restauration en mer de l’ équipage, le reste de la somme est divisé en deux dont une partie pour le propriétaire et l’équipage. Au sein de l’équipage chaque personne est payée en fonction de son rôle.

Par ailleurs, la pêche est rentable lors des saisons pluvieuses c’est-à-dire d’avril à juin et de septembre à novembre, chaque année. Les moments sont méticuleusement choisis pour les parties de pêche. Les pêcheurs vont ainsi en mer en suivant la forme de la lune, qu’elle soit pleine ou partielle et par rapport à la direction du vent.

Les problèmes auxquels font face les pêcheurs sont entre autres la déchirure de leurs filets qui souvent sont déchirés par l’amas de fer des navires passants.

La pêche reste une activité très lucrative sur la côte togolaise. Mais, elle reste toujours à l’étape artisanale, ce qui freine le développement de ce secteur pourtant pourvoyeur d’emplois.

K.A. Midas TIGOSSOU

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