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NET: Gerry Komandega Taama du NET quitte la scène politique togolaise

Gerry Komandega Taama, président national du Nouvel Engagement Togolais (NET), annonce son retrait de la scène politique togolaise après plusieurs années d’engagement politique et de lutte pour la démocratie au Togo.

Dans un long message publié sur sa page Facebook, l’ex-député expose les raisons de cette décision, liées à sa récente expérience électorale au Togo. Il dénonce des élections marquées par des « irrégularités, des obstacles et des désillusions ».

Pour l’homme politique, les événements survenus lors de ce double scrutin ont motivé son retrait définitif de la scène politique togolaise.

Gerry Taama, autrefois jeune politicien et fondateur d’un parti émergent, met fin à sa carrière politique et explique franchement, offrant un rare aperçu de la réalité politique dans son pays.

« Il me faut mettre de l’ordre dans les affaires du parti. Le 30 avril 2024, dès le lendemain du double scrutin, j’avais déjà annoncé à la fédération de l’Est-Mono que je quittais la politique. Au niveau national, cela a pris plus de temps, puisqu’il faut, avant de démissionner de la tête d’un parti disposant de 35 mille adhérents, prendre un certain nombre de dispositions. C’est chose faite à présent. La démission est actée et le parti sera dirigé par le premier Vice-président, jusqu’à l’organisation d’un congrès dès le mois prochain, » annonce-t-il.

Le fondateur du NET revient sur la campagne électorale de son parti avant de détailler les « irrégularités » qui ont entaché la crédibilité et la transparence des élections législatives et régionales du 29 avril dernier.

Pour cette première prise de parole après les élections, Gerry Taama affirme que les résultats n’ont pas reflété la réalité des urnes. Il dénonce des « irrégularités massives » et une « manipulation » généralisée des procès-verbaux.

« Le jour de l’élection, quelques incidents sont signalés. Ils sont documentés et enregistrés. Dans deux bureaux de vote d’un canton, deux personnes sont surprises en train de bourrer les urnes. Le superviseur de la CELI déployé sur le secteur (Unir) est interpellé et se saisit lui-même du surplus de bulletins tombés à terre. Dans un autre canton, un membre de bureau de vote a été surpris avec 150 bulletins de vote chez lui. Ces bulletins seront retournés dans le bureau de vote. Je suis moi-même allé sur le terrain vérifier les deux premières irrégularités et ce sont les seuls incidents qui me seront rapportés dans la journée. C’est à partir de 16h, quand commencent les dépouillements, que le processus va complètement sortir de son cadre légal, » a-t-il ajouté.

Face à l’absence de transparence et à la persistance des pratiques antidémocratiques, il a choisi de se retirer de la scène politique, refusant de participer à un système qu’il considère comme corrompu et irrémédiablement biaisé.

« J’ai pris la décision de quitter la politique ce 30 avril 2024, au vu de la vanité de tous nos efforts. Il ne sert à rien de perdre son temps en politique au Togo, tant que les résultats des élections n’ont aucun rapport avec le vote des électeurs. Cette situation, cette férocité et cette voracité, je ne l’ai observée dans aucune des quatre élections auxquelles j’ai déjà participé. Cette année était spéciale… J’ai essayé de faire la politique autrement et j’ai échoué. Il faut croire, avec les résultats de cette élection, que les Togolais sont satisfaits de la politique du parti Unir. En bon démocrate, je respecte ce choix. Mais s’il fallait le refaire, je voterais toujours contre ce texte. Nous avons besoin de rêver d’une alternance politique par des élections au suffrage universel direct au Togo et le régime parlementaire enlève ce rêve, » a-t-il indiqué.

Après avoir consacré 12 années de sa vie à la politique au Togo, l’ex-officier des Forces Armées Togolaises (FAT) se félicite de son parcours politique et parlementaire. Il estime avoir contribué à désacraliser la fonction de député et à montrer qu’on peut faire bouger certaines choses même en étant minoritaire. Toutefois, son expérience le pousse à déconseiller la politique aux jeunes Togolais.

« Il ne sert à rien de perdre son temps en politique au Togo, » affirme-t-il avec une amertume à peine voilée, soulignant le décalage entre les aspirations démocratiques et la réalité politique du pays.

« Je n’encouragerai aucun jeune à entrer en politique, sauf dans les rangs du parti Unir. C’est une perte de temps et d’argent. Occupez-vous de vos vies et faites du business, » conclut-il.

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