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Madame Confort Kabissa-Lamboni : « L’accès des femmes à la terre ne profite qu’à la famille »

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La femme doit disposer de la terre et l’accès de la femme à la terre ne devrait aucunement être perçu comme une prise de pouvoir mais plutôt un atout pour les ménages. C’est ce qu’a déclaré samedi la coordinatrice du Réseau Femmes et Développement des Savanes (REFED/S) Mme Kabissa-Lamboni I. Confort lors d’un webinaire international organisé par le journal d’intelligence économique agricole en Afrique, « Agridigitale » pour marquer la journée du 1er mai de l’agriculteur.

Selon cette actrice de la société civile togolaise, les femmes rurales font face à plusieurs difficultés pour accéder à la terre qui reste le support de toutes les activités agricoles. 

Madame Confort Kabissa-Lamboni

« La terre c’est une importante ressource pour toutes activités humaines. Pour le développement d’une activité agricole, la disponibilité de la ressource terre reste un préalable fondamental. Son contrôle est synonyme de richesse. Dans la région des Savanes où l’agriculture reste la principale activité économique, la femme n’a pas droit à la terre, et c’est une difficulté pour elle de mener une activité agricole », explique-t-elle.

Face à cette difficulté Mme Confort mentionne que les femmes n’ont pas d’autres choix que de recourir à la location de terre en cas d’une disponibilité de moyens financiers. 

« La femme ayant difficilement accès à la terre, elle est contrainte de recourir à sa location. Elle devra payer en moyenne 40 mille FCFA/an pour accéder à un demi hectare de terre. Etant pour la plupart pauvres, la majorité des femmes de cette région ne parviennent pas à supporter ses coûts », a-t-elle précisé dans l’une de ses interventions.

Les panelistes

Pour cette femme connue pour son engagement pour l’épanouissement des femmes rurales, l’une des principales causes reste les règles coutumières qui interdisent le droit d’accès à la terre aux femmes. L’ancrage de ses coutumes qui s’opposent aux textes juridiques au niveau national entrave parfois l’action des organisations de société civile dont REFEDS. 

« Dans la région des savanes, on nous pose la question généralement à savoir pourquoi venons-nous créer des problèmes autour de la terre. Ceux qui s’opposent à notre combat pour l’accès des femmes rurales à la terre nous rappelle constamment les règles coutumières qui établissent l’homme comme chef de famille et le seul à disposer des droits sur la terre », élucide notre combattante. 

En plus, elle énumère l’ignorance des textes par les femmes elle-même et par les autorités locales et chefs coutumiers comme handicap à l’accès à la terre.  

Cette barrière à l’accès à la terre pénalise doublement la femme. « Malheureusement le problème auquel nous faisons face est un problème de droit et à la fois économique. Comme exemple dans plusieurs ménages certains hommes ont abandonné leur rôle de chef de famille et les femmes sont contraintes de supporter les charges familiales bien qu’étant privé du droit de propriété sur le foncier », déplore-t-elle.  

Pour mettre fin à cette injustice dont est victime plusieurs femmes rurales, le REFEDS a mené plusieurs actions dans les Savanes. Il s’agit entre autres des activités de sensibilisations des femmes, des chefs de ménages et des chefs coutumiers et des émissions radios. Cette organisation de la société civile a aussi exécuté plusieurs projets en ce sens dont celui « de plaidoyer pour le renforcement du droit des femmes à la propriété foncière » en 2015. 

Loin d’abandonner le combat pour l’accès équitable des femmes et des hommes à la terre, Mme Confort Kabissa-Lamboni a lancé au cours de ce panel ayant regrouper plusieurs acteurs et personnalités de plusieurs pays africains un appel au renforcement des actions de plaidoyers et de sensibilisation prioritairement au niveau local. 

« Nous devons poursuivre les actions. Il faudrait que tout le monde comprenne que quand la femme a accès à la terre ce n’est pas un pouvoir mais plutôt cela aide à une bonne gestion de la cellule familiale dans la couverture des besoins alimentaires, financiers et d’autres besoins primaires », a-t-elle conclu. 

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