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Covid-19: L’anxiété expliquée par le psychologue Pari

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La pandémie du coronavirus a occasionné plus de 220000 morts dans le monde et plus de 3000000 de cas contaminés. Cette situation crée l’anxiété au sein de la population.

Pari Paboussoum, Ergonome et Psychologue du Travail et des Organisations, Enseignant chercheur des Université du Togo, 2em vice-doyen de la Faculté des Sciences de l’Homme et de la Société (FSHS) de l’Université de Lomé, prix de la chaire UNESCO de la recherche innovante 2019, explique tout dans son article paru en avril et publié avec psychologue sans frontière, propose des solutions pour venir à bout de ce mal. Découvrez l’intégralité de l’article ci-dessous.

L’anxiété créée par COVID 19 défraie la chronique, et c’est pour de bonnes raisons. C’est une pandémie qui sème partout l’ANXIÉTÉ, l’ANGOISSE, la PANIQUE, la PEUR, etc.

Ce sont des sentiments qui font partie de notre vécu quotidien en tant que des humains et qui relèvent, malgré les nuances qu’on peut établir entre eux, du registre de l’émotion. 

Par ÉMOTION, nous entendons ce qui nous met en mouvement vers l’extérieur, c’est-à-dire ce qui nous met en mouvement, nous secoue et nous fait bouger. Dans ce mouvement, « les émotions changent l’homme en l’amenant à modifier son jugement et qui sont accompagnés par la souffrance ou le plaisir ». On peut donc dire que l’émotion est une réponse psychophysiologique, dans la mesure où elle fait appel tant au corps (sensations physiques) qu’à l’esprit (mémoire), à une stimulation sensorielle ou une modification de l’environnement. Cela peut être une réaction à une stimulation extérieure perçue grâce à nos cinq (5) sens et provoquer une chaîne de réactions internes nous affectant, de façon « positive » ou « négative ». Cette réaction d’adaptation de l’organisme à son environnement est propre à chaque individu. Elle survient généralement lors d’une situation importante pour la personne, et l’importance qui y est donnée par chacun peut être différente. Donc, la réponse émotionnelle nous aide à savoir si l’expérience que l’on vit est agréable ou désagréable, sécurisante ou dangereuse, pour s’orienter dans nos comportements et nos choix immédiats. C’est par conséquent une réaction naturelle et utile face à une situation inattendue (exemple : la peur qui pousse à fuir le danger, la tristesse qui permet de vivre une séparation, la joie pour savourer un instant de la vie …). Ainsi, l’émotion régule l’état interne de l’organisme et produit une réaction adaptée à la situation.

Par contre l’ANXIÉTÉ, l’ANGOISSE, la PANIQUE, la PEUR, la TRISTESSE … sont compris sous l’angle unique de pénibilité et de souffrance. Ces sentiments apparaissent face à une menace ressentie. Ils sont normaux lorsqu’ils sont bien tolérés, qu’ils restent contrôlables, qu’ils ne sont pas perçus comme une souffrance excessive et qu’ils n’ont pas de retentissement sur la vie quotidienne et sur le corps. Nous ressentons toutes ces émotions face aux incertitudes de l’existence. Nous avons peur de tomber malade, de perdre des êtres chers. Étant donc normales, toutes ces émotions peuvent donc être considérées comme jouant un certain rôle dans notre capacité à nous adapter à ce qui nous arrive. Seulement, lorsque ces troubles deviennent intenses et perdurent dans le temps, ils perturbent l’adaptation donnant lieu à une détresse émotionnelle et provoquent un bouleversement chez l’individu. Ce qui peut affecter dangereusement la vie et le risque de mort est très élevé. Et pourquoi ?

CAS SPÉCIFIQUE DU COVID-19

Face au coronavirus, chaque individu a sa réaction qui lui est propre. Cette réaction varie en fonction de la personnalité et oscille entre faible et très violente. On peut ne pas être atteint de coronavirus, mais, notre appréhension, notre perception de cette pandémie, au vue de tout ce qu’on entend, voit ou lit à travers les médias, les réseaux sociaux peut plus ou moins affecter notre santé. Si cette lecture de coronavirus provoque chez un individu une émotion très forte (on parlera, selon les cas, de crise d’anxiété, d’angoisse, de panique, etc.), cela déclenche dans l’organisme la sécrétion des substances chimiques, en l’occurrence, l’adrénaline et le cortisol, qui poussent cet organisme à mobiliser ses défenses contre l’élément perçu comme dangereux ou menaçant son intégrité. Jusque-là, il s’agit d’un jugement ou d’une perception ne correspondant pas à la réalité ; mais tout le corps est mis en alerte.

L’adrénaline, sécrétée en réponse à un état de stress entraîne une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la vitesse des contractions du cœur, une hausse de la pression artérielle ; le cerveau et les muscles reçoivent plus d’oxygène, tandis que notre digestion se ralentit, les pupilles se dilatent pour augmenter la vigilance. On appelle, l’adrénaline, “ l’hormone guerrière ” dans la mesure où elle mobilise l’énergie disponible pour nous donner la force musculaire de combattre ou de fuir une situation menaçante, réelle ou imaginée.

Mais l’adrénaline n’agit pas seule. Quelques minutes après que sa production ait été déclenchée, une autre hormone cruciale vient à sa rescousse : le cortisol. « Cette hormone transforme les gras en sucre pour appuyer l’action de l’adrénaline. » Les deux hormones travaillent de concert tout au long de la réaction. C’est le cortisol qui prend les commandes pour que l’organisme réagisse au danger. Le mot d’ordre : mobiliser toute l’énergie contenue dans les sucres pour l’expédier à certains endroits précis. Dans les muscles des bras et des pieds pour avoir la force pour soulever (dégager un obstacle) ou pour fuir. Pour une efficacité maximale, certains organes, comme ceux liés à la digestion, cessent de fonctionner, l’appétit sexuel, et même le système immunitaire, sont mis en veilleuse pour faciliter l’action du cortisol. 

Donc, l’adrénaline et le cortisol sont produits pour combattre une menace qui peut être réelle ou imaginaire. Et quand l’organisme est contraint de produire l’adrénaline et le cortisol jour après jour, le corps doit renouveler constamment ses réserves d’énergie. Sur-utilisé, notre mécanisme de défense risque en outre de se dérégler. Autrement dit, si l’organisme est constamment sollicité, le mécanisme de protection risque de s’épuiser et le cortisol peut venir à manquer. CONSÉQUENCE : un trop faible taux de cortisol dans l’organisme, ce qui peut mener à des crises aigües d’anxiété, d’angoisse, d’inquiétude, puis à l’épuisement, voire la mort suite à une imagination. 

Que voulons-nous démontrer à travers ce développement ?

Une pandémie, telle que coronavirus est une réalité; la conscience de cette réalité amène tout individu à adopter des mesures de protection. Pendant que nous prenons ces dispositions de protection, l’organisme, sous l’effet de la conscience qui sur notre psychisme, mobilise ses ressources de défenses pour faire face à toute éventualité d’attaque. Mais la panique, l’anxiété, la peur…, sans menace objective, et en fonction de l’intensité et de la durée, peuvent désorganiser le fonctionnement de notre organisme qui peut relâcher. C’est en ce sens qu’il faudrait comprendre l’adage “africain” qui dit que « la pauvreté ne tue pas, mais ce sont les soucis qui tuent ».

QUE DIT LA BIBLE PAR RAPPORT À LA PEUR, L’ANXIÉTÉ, LA PANIQUE, ETC. ?

La Bible renferme des informations importantes sur les facteurs psychologiques qui impactent la vie de l’homme. Job déclare ceci : « Ce que je crains, c’est ce qui m’arrive, ce que je redoute c’est ce qui m’atteint » (Job 3 : 25). Cette déclaration nous enseigne que nos pensées, (aussi bien positives que négatives) affectent notre corps, voire notre vie en général. Comme dit plus haut, la panique, la peur, l’anxiété, l’angoisse relèvent de l’émotion et donc de la pensée. En lisant l’histoire du peuple d’Israël dans le désert, nous pouvons bien entrevoir l’effet de nos confessions sur nos vies. Jésus dit à juste titre que « … c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle » (Luc 6 : 45). Autrement dit, ce que déclare la bouche vient du cœur, la source de nos pensées et c’est ce qui souille l’homme, affecte l’homme (Matthieu 15 : 19, 20). Nos conduites et nos comportements tirent leurs racines du cœur et de nos pensées.

L’histoire du peuple d’Israël dans le désert, nous donne beaucoup d’exemples. Au sortir d’Égypte, le premier obstacle est la mer rouge pendant que l’ennemi arrive en galop derrière.  La bible dit qu’ils eurent une grande frayeur et commencèrent à confesser la mort (Exode 14 : 10-12). Vous constaterez la même confession à chaque défi dans le désert (Exode 16 : 3 ; 17 : 3).   Et vous verrez par la suite que toute cette génération ne parvint pas à la terre promise, tous sont morts dans le désert. Il ne s’agit pas d’une simple confession de la bouche, ce qui est déterminant est la manière dont on vit une situation, comment on l’a perçoit. Nos jugements, nos pensées affectent nos motivations et nous poussent à des actes de bravoure ou à la résignation. Prenons l’exemple du peuple d’Israël face à Goliath (qu’on peut assimiler à Covid 19). 1 Samuel 17 : 4-7 décrit les caractéristiques de Goliath, son armure, ses propos de défi. Mais, ce qui est important c’est la manière dont le peuple d’Israël perçoit ce seul individu. Pour nous en convaincre, les versets 24 et 25 de 1 Samue l7, mettent de l’emphase sur la VUE « A la vue de cet homme…. Avez-vous vu s’avancer cet homme ? … » C’est ce qui avait créé le désespoir et le peuple d’Israël se sentait très abattu. 

Voyons la même attitude avec les espions envoyés par Moïse pour explorer le pays de Canaan (Nombres 13 : 27-33). Leurs rapport était plus inspiré par la peur et le découragement, source de stress et dans sa forme élevé du burn-out. Dans ce rapport figure la VUE comme élément de poids qui explique la CRAINTE : Nombres 13 : 33 « nous y avons vu des géants : enfants d’Anak, de la race des géants : nous étions à nos yeux et aux leurs comme des sauterelles »

Face à Goliath et aux enfants d’Anak, la faiblesse, l’échec, le stress venaient de la VUE. La bravoure, le succès, la santé viennent du même canal. David a vu Goliath autrement (1 Samuel l7 : 32-36, 43-9) ; Caleb a vu les Anak autrement (Nombres 13 : 30). Même le roi Saül a tenté de dissuader le jeune David (1 Samuel l7 : 33), qui était obligé de lui donner un témoignage afin de le convaincre à le laisser affronter seul le terrible et redoutable Goliath (1 Samuel l7 : 34-37). La détermination et la foi de Caleb (Nombres 13 : 30 ; 14 : 6-9) et de David (1 Samuel l7 : 48-51) en leur Dieu ont conduit au succès et la victoire du peuple d’Israël face aux défis, humainement impossibles à surmonter. Il s’agit là de la capacité à gérer le stress, l’anxiété. La bible nous dit que « si tu faiblis au jour de la détresse, ta force n’est que détresse » (Proverbes 24 : 10)

Le Seigneur Jésus donne une véritable leçon sur cette gestion du stress et de l’anxiété qu’il appelle inquiétude de la vie. Lorsque nous lisons Matthieu 6 : 25-34, ce mot (avec ses formes conjuguées) retient particulièrement l’attention. Jésus pose une question au verset 27 à laquelle tout le monde est appelé à répondre : « Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? ».  La réponse est évidemment “personne !. Autrement dit, l’inquiétude, l’anxiété, les soucis, la panique, l’angoisse, etc. écourtent la vie. 

Dans Actes 16 : 25, 26, Paul et Silas étaient en prison, au lieu de se laisser terrasser par le découragement, l’anxiété, le désespoir, la bible nous dit qu’ « ils priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les prisonniers les entendaient ». Et nous connaissons le résultat ; le miracle s’est produit : les portes blindées de la prison sont ouvertes spontanément et d’elles-mêmes. Observez bien l’attitude du geôlier dans le verset 27. La panique, l’inquiétude allaient le « tuer, PENSANT que les prisonniers s’étaient enfuis ». Encore la PENSÉE, son JUGEMENT, c’est dire sa PERCEPTION qui ne cadre pas avec la réalité. On peut multiplier bien d’autres exemples dans la bible. Quelle devrait être alors notre perception du Covid-19 en tant que croyant chrétien ?

LES REMÈDES BIBLIQUES AU COVID-19 

Je ne sais pas comment vous percevez Covid-19. C’est une pandémie réelle à laquelle il faut des mesures pratiques, scientifiques. Mais il faut également la foi en Dieu. Nous lisons cette combinaison dans 2 Rois 20 : 1-7 ; le verset 7 dit que le prophète Ésaïe a demandé d’appliquer une masse de figues sur l’ulcère d’Ézéchias afin qu’il soit guéri ; ce qui fut fait et le roi fut guéri. Tout le monde sait qu’Ésaïe n’est pas n’importe quel prophète devant Dieu. Dieu aurait pu lui dire prie pour lui et qu’il soit “guéri“. Mais Dieu a dit de lui appliquer un antibiotique pour qu’il soit guéri. Devant Covid-19, nous avons besoin des remèdes médicaux, mais aussi la foi en celui qui a la vie de toute chair entre ses mains. Les mesures de protection sont importantes et pratiques pour éviter la contamination. Ceux qui sont infectés doivent se faire soigner. 

Toutefois on peut en souffrir sans être atteint. On peut développer des symptômes apparents alors même qu’on n’est pas infecté :

 « Je me rappelle le cas d’une sœur de l’église. Cette dernière, après avoir lavé le linge ensanglanté d’une de ses parentes qui venait d’accoucher, apprend par le rapport médical que sa sœur avait le VIH-Sida. Immédiatement, elle s’est dit qu’elle était sûrement infectée en lavant le linge. Elle a commencé par développer des symptômes d’un malade du VIH-Sida. Son pasteur lui a demandé d’aller faire le test pour être sûr. Elle maigrissait tellement que son pasteur a dû faire une injonction ferme de faire le test, et lui fit accompagner d’une autre sœur de l’église. Après le test, le fait d’aller chercher les résultats était un problème pour elle. Il a fallu encore l’intervention de son pasteur pour qu’elle aille les chercher. Et dès qu’elle a su que le test était négatif, en peu de jours elle reprit sa forme avec un visage très détendu. Elle a failli mourir sans être infecté. Sous l’inquiétude, le stress, l’anxiété, l’angoisse, toutes ces émotions, à un niveau trop élevé, parfois sans objet réel, mettent en branle l’action de l’adrénaline et le cortisol qui vont s’attaquer à la graisse des muscles et la conséquence peut être fâcheuse. » 

La psychose de Covid-19 comporte le germe d’une mort prématurée. Il y a un remède scientifique, mais aussi un remède divin. S’il arrivait que Covid-19 devienne impossible aux hommes, sachons que « rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1 : 37 ; 18 : 27 ; Marc 10 : 27). LA BIBLE N’EST PAS OPPOSÉE À LA SCIENCE ; ELLE EST LA SCIENCE.

Que la grâce de notre Seigneur et sauveur Jésus-Christ, qui connait nos besoins du moment, soit avec tous les lecteurs de cet article. Amen !

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