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Mariage et famille en Afrique: enjeux et défis de la dot

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Mariage et famille en Afrique: Enjeux et défis de la dot. Tel est le thème retenu ce samedi 24 août 2019 par l’Action pour le Bien-Etre et l’Epanouissement Féminin (ABEEF) à l’occasion de la célebration de la journée de la femme africaine à la grande salle de conférence de la paroisse Notre Dame de Fatima.

Après les mots de bienvenus du président de l’ABEEF, Monsieur Brice DANI, il était important aujourd’hui de comprendre la dot dans sa conotation juridique avec Gédéon TEBIE, psychologique avec Emilie ADEOLA, traditionnelle avec le Chef et réligieuse avec le Père Patrice SOSSOU.

Pour de nombreuses ethnies au Togo, le versement de la dot suffit amplement à sceller une union. « Verser ou accepter une dot, c’est comme dire “oui” devant le maire selon une sociologue. C’est un rite qui a survécu à la période coloniale, alors même que des colons, notamment français, s’en offusquaient. Une longévité qui tient à sa double, et parfois triple, légitimité : coutumière, légale et religieuse (la dot est mentionnée à plusieurs reprises dans la Bible et le Coran). »

Les questions, des réponses, des apports des contradictions, des éclaircissements sont des élements qui ont meublé le débat autours de cette conference débat.

Aujourd’hui la societé tend vers la dénaturation de la dot. Les parents de la future mariée profitent pour amasser des biens du jeune homme. Certaines fois le haussement des montants de la dot est fixé par les filles car elles se disent que leur futur mari a du blé et c’est l’occasion d’en amasser autant. Des fois la société avec son caractère de comparaison sociale amène les filles à vouloir se comparer aux autres. Au regard de tout ce qui précède, nous assistons à des femmes que nous appellons généralement au togo les vieilles filles. C’est à dire celles qui sont en âge de mariage mais ne sont pas encore en couple. Elles sont le plus souvent à la maison en disant qu’elles attendent un homme qui viendra les dotées. Les jeunes se posent la question de savoir si finalement les filles sont “achetées” ou épousées.

Face à ces diverses inquietudes, les interventions des allocuteurs ont permis à chaque participant de trouver un point d’entente sur le sujet de la dot.

En Afrique subsaharienne, la dot est vue comme un acte symbolisant les fiançailles et officialisant le fait que les fiancés sont pris . C’est aussi un moyen pour l’homme, de s’assurer qu’il ne sera pas haï par sa nouvelle famille. Dans de nombreuses cultures africaines, il prouve la capacité du jeune homme à prendre en charge une famille puisqu’il lui est demandé de fournir lui-même les cadeaux qu’il apporte. C’est également un élément d’alliance entre les familles puisqu’elle se fait en présence des membres des familles élargies de part et d’autre. Dans beaucoup de cultures au Togo, ce sont généralement les oncles et les tantes des fiancés qui président la cérémonie, et non leurs propres parents. Cela suppose, et donc exige, une certaine harmonie familiale, la famille devant être vécue au sens large et non une cellule nucléaire. Suivant les ethnies, ce système a un sens symbolique très fort. La dot est aussi un geste de gratitude de la part de la famille du marié envers la famille de la mariée pour avoir élevé et pris soin de cette dernière.

Jeunes, moins jeunes, surdiplômées ou illettrées, féministes ou traditionalistes, rares sont les femmes africaines mariées à ne pas être passées par la case dot.

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