Tikpi Atchadam a rejeté mercredi les réformes adoptées le 8 mai dernier par l’Assemblée nationale togolaise. Le président du Parti national panafricain (PNP) qualifie les nouvelles dispositions de « costume tout cousu pour Faure Gnassingbé ».
Le leader du PNP condamne l’arrestation de certains responsables de son parti politique qui se retrouvent actuellement en prison. Il appelle à des comités de résistance contre un 4e mandat de Faure Gnassingbé en 2020.
« L’Assemblée a rejeté le
texte projet de réformes constitutionnelles de la CEDEAO. Elle a adopté qui,
quoi qu’on dise, a tous les traits d’un costume tout cousu pour Faure. Le
message à travers l’attitude du pouvoir est clairement décelable :
taisez-vous, nous monarchisons », a commenté Tikpi Atchadam dans un
nouveau message publié mercredi.
Le juriste estime que toutes les modifications
constitutionnelles intervenues au Togo répondent au même dessein, celui de
« s’opposer à l’alternance au sommet de l’Etat ». Me Atchadam martèle
que le régime togolais ne veut pas de limitation de mandat dans le temps et
dans les prérogatives.
« Autrement dit, le régime
en place ne veut pas d’une constitution. C’est pourquoi depuis 1992, tous ses
efforts déployés de façon permanente consistent à rejeter la lettre et l’esprit
de la Constitution du 14 octobre 1992 », fustige-t-il.
Le leader du PNP note que le régime togolais fait tout pour sauter le verrou lié au temps qu’impose la constitution « pourtant en harmonie avant l’heure avec les constitutions des Etats de la sous-région, aujourd’hui très avancés en matière de démocratie ». Le but visé par le pouvoir, selon lui, est de se conformer à ce qu’il appelle « testament politico-familial de feu Gnassingbé Eyadèma ».
Tikpi Atchadam croit que la possibilité offerte au Chef de
l’Etat actuel de participer à la présidentielle de 2020 répond à un schéma de
pouvoir à vie. Pour lui, les nouvelles dispositions sont des tentatives de
maintien de Faure Gnassingbé au pouvoir.
« Celles-ci accordent à ce
dernier des garanties et des privilèges inimaginables qui rappellent ceux de
Louis XVI… Nous sommes dans une situation du souverain législateur. Avec la
nouvelle constitution, Faure Gnassingbé, en toute impunité, dispose d’un droit
de vie sur chaque citoyen. Ainsi, il devient souverain au vrai sens du terme.
Rien au-dessus de lui, même pas Dieu », appuie Me Atchadam.
Le président du PNP condamne « une attitude cinique »
de l’Assemblée nationale « qui ne représenterait pas le peuple mais le
président ». Tikpi Atchadam pointe du doigt un texte personnel, en
déphasage avec le travail fourni par l’expert constitutionnaliste commis par la
CEDEAO.
« Des comités contre le 4e mandat de Faure doivent se constituer très rapidement »
Me
Atchadam pense que le Togo n’a pas besoin d’un sénat qui serait un
« refuge ». Il voit à travers cette réforme une façon d’effacer les 3
mandats effectués par le Faure Gnassingbé et de compter son 4e mandat comme étant le premier en 2020.
Au vu de cet argumentaire, le leader du PNP appelle à s’opposer
à la « candidature de trop » de Faure Gnassingbé en 2020 parlant
d’une perspective inadmissible pour le Togo.
« Pour ce faire, en plus
des structures existantes dont les actions sont à saluer, des comités contre le
4e mandat
de Faure doivent se constituer très rapidement. Toutes les voix de ce pays, sur
le territoire national comme dans la diaspora doivent porter un seul et même
message : non au 4e mandat
de Faure Gnassingbé ».
Tikpi Atchadam appelle les autorités religieuses, la diaspora,
les artistes togolais de la chanson à porter ce combat contre cette dite
candidature. Le patron du parti au cheval blanc mobilise pour des élections
libres et démocratiques et la normalisation de la vie politique au Togo.
L’opposant réaffirme la position de son parti qui est de ne pas
participer aux élections locales mais de continuer la mobilisation pour le
rendez-vous de 2020 afin de libérer la nation née sous Sylvanus Olympio.
Tikpi Atchadam s’est également prononcé sur l’arrestation des responsables et
militants de son parti politique. Condamnant le fonctionnement de la justice,
il appelle à leur libération ainsi que la libération de tous les « détenus
politiques ».
« Effacer un règne de 15
ans, effacer des centaines de morts, ignorer des handicapés à vie et des
détenus politiques n’avance en rien notre pays. C’est plutôt au niveau des
détenus politiques qu’il convient de mettre le compteur à zéro avant de le
refermer définitivement », a-t-il ajouté.
Pour finir, Me Atchadam appelle les populations à rester
mobiliser pour répondre massivement, efficacement, à tout moment au rendez-vous
avec le destin du pays.
« La victoire en main, nous pourrons nous réconcilier avec nous-mêmes, réhabiliter les grandes figures togolaises et africaines, refonder l’Etat togolais sur la bases des valeurs de libertés, de justice pour les citoyens égaux et contribuer à la construction de l’Afrique… », a-t-il conclu.
source: Togobreaking