Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) s’est rendue du 10
et le 24 janvier 2019 dans plusieurs capitales d’Afrique de l’Ouest pour
des discussions avec les institutions de l’Union économique et
monétaire ouest africaine (UEMOA) sur les politiques communes de ses
pays membres.
Le Togo est membre de l’Union.
La croissance
économique régionale a dépassé 6% en 2018 pour la septième année
consécutive, malgré une détérioration des termes de l’échange et la
persistance de défis sécuritaires dans certains pays-membres.
L’inflation
est restée faible, compte tenu de l’ancrage du Fcfa à l’Euro mais aussi
d’une offre suffisante de produits vivriers et de la faible
répercussion moyenne de la hausse des cours mondiaux du pétrole sur les
prix intérieurs de produits pétroliers.
Les efforts de
consolidation budgétaire auraient permis au déficit budgétaire consolidé
de passer de 4,3% du PIB en 2017 à 3,9% du PIB en 2018.
Les termes de l’échange défavorables ont contribué à une hausse du déficit du compte courant extérieur.
La
dette publique et le service de la dette se sont accrus, reflétant les
niveaux encore élevés des déficits budgétaires et d’autres opérations
des Trésors nationaux. La couverture des réserves de change en mois
d’importations est passé de 3,9 à fin 2017 à 4,3 à fin 2018, une
augmentation facilitée par les émissions d’Euro-obligations par la Côte
d’Ivoire et le Sénégal, qui ont également contribué à atténuer les
tensions sur la liquidité bancaire.
Dans un contexte
d’importantes réformes du cadre prudentiel et réglementaire, le secteur
bancaire a continué d’enregistrer de bons résultats, malgré la
persistance de zones de vulnérabilité, souligne le FMI.
Les perspectives restent favorables mais sont sujettes à des risques baissiers, prévient l’institution.
La croissance économique devrait rester supérieure à 6% sur le moyen terme, dans un contexte où tous les pays de l’UEMOA se sont fortement engagés à mettre en œuvre des programmes nationaux d’assainissement budgétaire et de développement visant à améliorer la compétitivité et renforcer la dynamique de l’investissement privé.
Les principaux risques pesant sur cette perspective incluent le
risque de retards dans la mise en place des programmes de réformes
nationaux, celui de nouveaux défis sécuritaires, ainsi que les
incertitudes relatives à la croissance mondiale et aux conditions sur
les marchés financiers internationaux.
L’ajustement des déficits
budgétaires nationaux vers le critère de convergence de l’UEMOA de 3% du
PIB à partir de cette année mais aussi une meilleure maîtrise des
autres sources d’accroissement de la dette publique sont cruciaux pour
assurer la stabilité macroéconomique et soutenir la croissance.
La
consolidation budgétaire nécessitera d’accroître la mobilisation des
ressources intérieures pour permettre également de créer l’espace
budgétaire nécessaire pour répondre de manière soutenable aux importants
besoins de développement, y compris en matière d’investissement en
infrastructures et de dépenses sociales et de sécurité.
Au vu de
l’évolution positive des réserves de change, Le FMI a évalué que
l’orientation actuelle de la politique monétaire était appropriée, tout
en soulignant que la BCEAO devait garder une flexibilité d’ajustement de
ses opérations de politique monétaire en cas de changements
importants.
La transmission de la politique monétaire serait
renforcée par une liquidité et une profondeur accrues du marché
secondaire des titres et du marché interbancaire qui sont essentielles
au développement du marché financier régional et donc du secteur privé.
Le
Fonds a noté avec satisfaction que la première année d’introduction
d’importantes réformes pour moderniser le secteur financier,
conformément aux principes de Bâle II et III, s’est bien déroulée.
Ces
réformes incluent l’augmentation graduelle, sur plusieurs années, du
capital minimum requis pour les établissements bancaires, l’introduction
d’un nouveau plan comptable, le renforcement de la supervision
consolidée des groupes bancaires, la mise en place d’un cadre de
résolution bancaire renforcé ainsi que d’un fonds de garantie des dépôts
et de résolution.
La mise en œuvre effective de ces importantes
réformes devrait rendre le système financier plus stable et plus
résilient face aux chocs et lui donner plus d’espace pour financer le
développement des économies de l’UEMOA.
L’UEMOA regroupe 8 pays : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.
Source : republicoftogo