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Le franc cfa la France a son mot à dire

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Souvent « Il s’agit d’un débat dévoyé et qui n’a plus rien de rationnel. Il est instrumentalisé par des mouvements politiques qui veulent recruter leurs militants dans une jeunesse africaine qui aspire au progrès et au bien-être mais qui souffre parfois de constater que des retards de développement freinent ses légitimes espoirs.

Alors, plutôt que de rassembler cette jeunesse autour de projets de développement crédibles, certains préfèrent lui inoculer une sorte de conscience victimaire et lui faire croire que si cela ne va pas toujours bien en Afrique, c’est à cause de la France et du franc CFA », regrette M. Vizy avant de mettre le doigt sur certaines vérités crues : « La France ne représentait plus, en 2016, que 6% des exportations des pays de l’UEMOA et 3% de celles des pays de la CEMAC.

J’ai pu lire aussi que le dépôt de 50% des réserves de change au Trésor français contraignait les pays africains à brader leurs ressources naturelles pour alimenter en devises ce compte d’opérations, alors qu’aucun montant minimum n’est fixé en valeur absolue et que ce compte peut tout à fait être débiteur lorsqu’une banque centrale africaine est à cours de devises et que la France lui en fournit ! … »

Il passe en revue certaines vérités qui pourraient resituer les cartes, il dit montre en l’occurrence que : « Les billets et les pièces en francs CFA sont effectivement fabriqués en France. Il s’agit d’un choix technique et économique, la France disposant d’une longue expérience dans le domaine et fabriquant des monnaies sécurisées.

L’externalisation de la production de monnaie n’est d’ailleurs pas le propre du franc CFA. Le franc guinéen, le birr éthiopien, le shilling ougandais sont par exemple fabriqués en Angleterre.

C’est en Allemagne que sont fabriquées les monnaies de la Mauritanie, de l’Erythrée, de la Tanzanie ou de de la Zambie. Le Libéria confie la fabrication de sa monnaie aux Etats-Unis d’Amérique.

Madagascar qui n’est pas dans la zone-franc confie la production de ses billets à la France. Il n’y a d’ailleurs, en Afrique, que 9 pays qui fabriquent eux-mêmes leur propre monnaie.

La vérité est que ce sont bien les Etats africains membres de la zone-franc qui, eux-mêmes, « frappent monnaie » car ce sont eux qui décident de la quantité de monnaie mise en circulation, et certainement pas la France. »

Sans langue de bois, M. Vizy, parle de l’économiste togolais Kako NUBUKPO, l’une des figures de proue de la lutte contre le CFA en Afrique aujourd’hui. « Ses difficultés avec le franc CFA sont plutôt à rechercher dans l’historique de ses relations avec la BCEAO…. Mais comme c’est un économiste avisé, il reconnait aussi que la zone-franc alimente bien des fantasmes. Alors puisque c’est un ami de la France – il a travaillé pour la Francophonie et pour des structures publiques françaises – je l’invite à sortir de l’ambiguïté vis-à-vis de la France et à prendre sa défense lorsqu’elle est injustement attaquée. Qu’il conteste le dispositif ou critique la politique monétaire des banques centrales, il en a parfaitement le droit. Cela participe du débat économique. Mais qu’il laisse dire que, par le franc CFA, la France perpétue une forme de domination coloniale n’est pas compréhensible de la part d’un ami de la France. Je suis sûr qu’il va se ressaisir et appeler à la modération dans un débat qui doit rester apaisé», souligne l’ambassadeur.

Cette sortie médiatique de l’ambassadeur de France au Togo, vient à point nommer, au moment où la polémique autour s’enfle autour et semble se noyer dans un océan de fake news à l’ère de l’essor des nouvelles technologies. Marc Vizy a le mérite de relancer le débat avec d’autres pans éludés de la question. Vive le débat !

source: togomatin

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