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Pour la 18è année consécutive, JVE va rassembler des jeunes de toute l’Afrique pour célébrer l’agroécologie, le patrimoine et les traditions

Du 15 au 30 août 2022 prochain s’ouvre dans le grand Kloto plus précisément à kpélé Tsiko, le Festival Agro Bio Culture (FABC) autrefois appelé Semaine de la Biodiversité Culturelle (SBC). Organisée par Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), cette rencontre de formation des jeunes autour de l’agroécologie, le patrimoine et les traditions, est à sa 18 ème édition cette année. Le festival est organisé chaque année pour créer un espace de dialogue entre les jeunes, les enfants et les plus âgés au sein des communautés ainsi que d’apporter une expertise et des connaissances provenant de sources scientifiques et traditionnelles.

Organisé en collaboration avec les autorités locales et d’autres parties prenantes, ce festival célèbre la diversité culturelle, le patrimoine et les traditions tout en promouvant les pratiques qui préservent la nature et améliorent le développement communautaire durable et un cadre de tourisme et d’apprentissage.

Il a pour but d’optimiser l’action de la jeunesse africaine pour une gestion collaborative des ressources naturelles, la restauration et la promotion d’une culture durable de connaissances et ressources combinées pour une transition efficace vers des solutions fondées sur la nature.

Il est un moyen de célébrée des pratiques cultuelles et culturales transmises de génération en génération pour la préservation de l’environnement et de la Biodiversité. Il permet de faire valoir les connaissances endogènes notamment celle des femmes dans la conservation des semences, la transmission du savoir et la promotion de la consommation locale, les pratiques fondées sur la nature. Cette semaine sera meublée d’ateliers de formation, de foires aux semences et des échanges sur l’agroécologie, des expériences pratiques de sélection des semences, des processus de valorisation des produits locaux, de spectacles culturels, chants et danses et visites sur le terrain.

Selon les organisateurs, « La crise alimentaire mondiale est la conséquence de systèmes agricoles à forte intensité d’intrants externes et de ressources qui sont souvent à l’origine d’une déforestation massive, de pénuries d’eau, d’une perte de biodiversité, d’un épuisement des sols et d’importantes émissions de gaz à effet de serre ».

Ils pensent qu’en Afrique, les paysans font partie des plus vulnérables face au changement climatique. Les pratiques agroécologiques représentent un potentiel majeur pour faire face aux enjeux de gestion durable des ressources naturelles et de la croissance démographique.

Au Togo, l’agriculture occupe 57 % de la population active. Le type d’agriculture pratiqué est de type familial. Or, l’impact des changements climatiques globaux qui se traduit par une forte tendance à l’aridification dans le nord du pays, amplifie la menace que les pratiques agricoles inadaptées représentent pour la fertilité des sols, dont l’état de dégradation est déjà avancé. Confrontée à la dégradation des terres cultivables, l’agriculture traditionnelle et de type familial ne permet plus de subvenir aux besoins des familles. L’agriculture industrielle, basée sur une forte mécanisation et des intrants coûteux (semences améliorées, engrais et pesticides de synthèse), reste inaccessible à la majorité des cultivateurs. Les produits souvent issus de ce type d’agriculture ne connaissent pas assez de transformation. Aussi observe-t-on une préférence des produits importés souvent transformés par rapport aux produits locaux.

Face à cette situation, il est urgent de trouver une solution et d’engager le potentiel des jeunes et des femmes dans la possession et la gouvernance foncière à travers la formation, l’accès à l’information et la reconnaissance et la protection de leurs droits.

Ainsi, l’agroécologie constitue pour les organisateurs du festival une réponse favorable, car « elle prend en compte l’aspect environnement, social, politique, économique et culturel. Elle est également une réponse à la dégradation des terres et à l’exode rural des jeunes, facteurs clefs pour la reconquête de la souveraineté alimentaire et pour l’amélioration des conditions de vie en milieu rural et la préservation de l’écosystème. Mener des actions en vue de promouvoir l’agroécologie, ou de pratiquer l’agroécologie revient alors à la prise en compte des défis de la décennie des nations unies de la restauration des écosystèmes… ».

Pendant une semaine d’activités, les participants venus principalement de chaque préfecture du Togo, mais aussi de la sous-région africaine découvriront les meilleures pratiques et actions qui pourraient inspirer et soutenir la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature pour relever les principaux défis mondiaux, notamment le changement climatique. Ils seront sensibilisés à la nécessité urgente d’enrayer la perte de biodiversité et de rétablir la santé des écosystèmes par des pratiques durables d’utilisation des terres et la restauration des paysages forestiers. Les capacités et les connaissances des jeunes, des femmes et d’autres groupes sur les politiques de conservation seront renforcés afin d’améliorer la coopération avec d’autres parties prenantes et de les aider à identifier et à profiter des opportunités locales et nationales.

Une aubaine de mobilisation de multi-acteurs pour la promotion de la culture, des connaissances indigènes, de la souveraineté alimentaire, de la consommation et de la production locales et pour soutenir la transition territoriale vers l’agroécologie.

Diverses activités sont prévues pour le festival. Il s’agit notamment des formations de l’Université forestière d’Agame (UFA), le fonctionnement de système AVEC, l’Élaboration de projet, l’entrepreneuriat social, l’économie circulaire, la pratique de l’agroécologie, le marketing social, et l’Artisanat locale sans oublier des visites touristiques, de partage d’expérience et restauration de la nature et de visite d’étude de l’écosystème.

 

 

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