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Journée mondiale sans tabac/ la protection de l’environnement visée: les acteurs dénoncent les efforts de l’industrie du tabac à travers une campagne « Clean Up »

Le monde entier célèbre ce jour du 31 mai, la journée mondiale sans tabac. Elle est instituée par l’Organisation Mondiale de la Santé pour souligner les effets négatifs de la production et de la consommation de tabac sur la santé, la société, l’économie et l’environnement. Le tabac tue jusqu’à /la moitié de ceux qui en consomment et fait plus de 8 millions de morts chaque année dans le monde, plus de 7 millions d’entre eux sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs, et environ 1,2 million des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée. Plus de 80 % des 1,3 milliard de fumeurs dans le monde vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire et on enregistre que l’épidémie de tabagisme est l’une des plus graves menaces ayant jamais pesé sur la santé publique mondiale. La consommation du tabac est nocive et il n’y a pas de seuil en-dessous duquel l’exposition est sans danger. Il est souvent consommé sous la forme de cigarettes, pipe à eau, le tabac sans fumée, les cigares, les cigarillos, le tabac à rouler, le tabac pour pipe, les bidis et les kreteks.

Face à la dangerosité de ses effets hautement dépendogène et nocive pour la santé, des voix s’élèvent pour lutter contre sa consommation. Le tabac sans fumée contient de nombreuses toxines cancérigènes et sa consommation augmente le risque de cancer de la tête, du cou, de la gorge, de l’œsophage et de la cavité orale (cancer de la bouche, de la langue, des lèvres et des gencives) ainsi que de plusieurs affections dentaires mais aussi nuit gravement à l’environnement. Ce qui permet d’ailleurs à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) de choisir pour cette journée Mondiale Sans Tabac édition 2022 comme thème « Le tabac: une menace pour notre environnement ».

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Au niveau de l’organisation onusienne, cette célébration vise à sensibiliser le grand public à l’impact du tabac sur l’environnement -culture, production, distribution et déchets et aussi à permettre aux consommateurs de renoncer au tabac.

A l’occasion de cette célébration, l’Alliance pour le Contrôle du Tabac en Afrique en collaboration avec le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de l’Accès Universel aux Soins, en conference de presse, ce 31 mai 2022, a lancé une campagne dénommé « Clean Up » qui vise à dénoncer les efforts que fait l’industrie du tabac pour « verdir » sa réputation et ses produits en les commercialisant comme des produits respectueux de l’environnement. Avec des émissions de gaz à effet de serre équivalant à 84 mégatonnes de dioxyde de carbone par an, l’industrie du tabac contribue au changement climatique et amoindrit la résilience face à ces changements, ce qui entraîne un gaspillage énorme des ressources et endommage gravement et durablement les écosystèmes naturels.

Pour l’Alliance pour le Contrôle du Tabac en Afrique, chaque année, environ 3,5 millions d’hectares de terres sont détruits pour y cultiver du tabac. Ce qui contribue ainsi à la déforestation, surtout dans le monde en développement. L’abattage des forêts pour y planter du tabac provoque une dégradation des sols et une baisse des rendements.

« Plus de 80 % du 1,3 milliard de fumeurs dans le monde vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, là où la charge de morbidité et de mortalité liées au tabac est la plus lourde. Le tabagisme contribue à l’approfondissement de la pauvreté car les ménages dépensent en tabac des sommes qu’ils auraient pu consacrer à des besoins essentiels tels que l’alimentation et le logement. Les coûts économiques du tabagisme sont considérables : il s’agit à la fois des coûts substantiels qu’entraînent le traitement des maladies causées par le tabagisme et du capital humain perdu à cause de la morbidité et de la mortalité imputables au tabac » précise l’organisation.

Au Togo, la consommation de tabac concerne environ 10,6% des hommes (15 à 49 ans), et près de 0,9% des femmes (soit plus de 10 fois moins) en 2017, selon les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED (2018), reprises par une récente étude du CADERDT sur les impacts économiques de la consommation de tabac sur les ménages togolais.

Léonce Dieudonné SESSOU, Secrétaire Exécutif de l’Alliance pour le Contrôle du Tabac en Afrique (ACTA), relève que le tabac de sa culture à la gestion des déchets, en passant par la fabrication et la vente de ses produits, l’industrie du tabac est caractérisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une menace pour l’environnement.

Ainsi pour lui la célébration de la journée mondiale sans tabac 2022 vise à sensibiliser les populations à l’impact environnemental du tabagisme en ce qui concerne la culture du tabac, la production, la distribution et les déchets post-consommation. La culture et le traitement du tabac figurent parmi les pratiques agricoles les plus destructrices pour l’environnement dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Il ajoute que dès le début du cycle de vie de la production, la culture du tabac utilise intensément des engrais et des pesticides. Ces produits chimiques sont lessivés des champs de tabac et finissent par contaminer l’eau des nappes phréatiques, des rivières et des mers. Pire encore, ces produits agrochimiques et ces pesticides provoquent de graves problèmes de santé chez les agriculteurs en cas d’exposition et peuvent entraîner la mort. Ces activités entraînent la libération de gaz à effet de serre et d’autres déchets toxiques qui polluent l’air. Les émissions associées au transport des produits finis contribuent également à la pollution atmosphérique.

« L’émission contient un mélange complexe de produits chimiques. La fumée contribue à des milliers de tonnes métriques connues comme cancérigènes pour l’homme et gaz à effet de serre qui affectent grandement le changement climatique. A cela s’ajoute les mėgots de cigarettes, jetés après usage qui sont également nuisibles à l’environnement. Les multinationales de tabac sont désignées comme l’un des pires pollueurs au monde méprisant ainsi les lois protégeant l’environnement établies par l’OMS » Léonce Dieudonné SESSOU.

Depuis des années, le Togo fait des efforts pour le bien des populations et spécialement pour sauver la jeunesse qui est la proie facile de l’industrie du tabac. Ainsi le représentant du Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique et de l’Accès Universel aux Soins, Dr Wotobe kokou précise que « Dans notre pays, la consommation de tabac concerne environ 10,6% des homme (15 à 49 ans), et près de 0,9% des femmes (soit plus de 10 fois moins) en 2017, selon les données de l’institut national de la statistique et des études économiques et démographiques. Ces résultats montrent à suffisance les efforts du gouvernement à combattre cette épidémie du siècle que nous impose l’industrie du tabac ».

 

Pour lui le contrôle de l’épidémie tabagique passe par l’intensification de la sensibilisation de la population plus précisément les jeunes pour qu’ils évitent le piège de la première consommation. « Il nous revient, acteurs de la santé publique de communiquer davantage sur les risques de la production et de la consommation du tabac. Notre souci majeur est de renforcer la lutte contre l’achat du tabac et ses produits dérivés sur l’ensemble du territoire, en ciblant particulièrement les ménages à revenu faible et intermédiaire des milieux ruraux » a-t-il fait savoir.

Le Togo a ratifié la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac le 15 novembre 2005 et a ensuite promulgué la loi n° 2010-017 du 31 décembre 2010 relative à la production, à la commercialisation et à la consommation des cigarettes et autres produits du tabac et la publication de ses décrets et arrêtés d’application. Autre mesure forte prise par notre pays le Togo est la ratification le 30 janvier 2018 du Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac afin de combattre et de réduire les conséquences financières, juridiques et sanitaires de ce dernier

Et en février dernier, le Togo a défini les avertissements sanitaires qui doivent figurer sur les conditionnements de tabac et ses dérivés, fixant les teneurs maximales en goudron, nicotine et monoxyde de carbone.

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