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Ce vétérinaire béninois qui a défié et vaincu la science

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Monsieur Babadjide est docteur vétérinaire à Lokossah au Bénin. Il est promoteur du concept “la maison du paysan”, une sorte de ferme s’étendant sur 700 m² qui renferme presque toutes les espèces d’animaux domestiques.

De la poule aux pintades en passant par les lapins et les porcs, des dindons aux cabris(…) la ferme du docteur Babadjide est en réalité en “effraction” car dans le milieu universitaire, un tel panaché d’animaux à élever n’est pas conseillé.

Bien qu’allant à l’encontre de la logique universitaire, Michel Babadjide,loin de baisser les bras, a plutôt cru en son projet pour en faire non pas une activité génératrice de revenus mais une “activité génératrice de bénéfices”.

« Les poules, les pintades viennent récupérer ce que les lapins gaspillent, là où le bec des poulets ne peut pas aller, celui des pigeons y va, lorsqu’on tue ici des lapins, nous donnons les intestins aux porcs.»

En gros rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Et selon Michel Babadjide interviewé par Africa24 dans l’émission Décryptage, “Ce sont ces éléments qui vont permettre la rentabilisation de toutes les spéculations ici (…)”.

Monsieur Babadjide est docteur vétérinaire
Monsieur Babadjide est docteur vétérinaire

Des secrets pour faire évoluer sa maison des paysans , il en dispose encore plusieurs, le fermier vétérinaire.

Ayant étudié le comportement animal assez longtemps pour déterminer que les pintades sont d’excellentes pondeuses mais de piètres couveuses, complètement à l’opposé des poules qui couvent comme des cheffes et ont du mal à pondre, il a trouvé une formule qui jusque là fait ses preuves.

Dès qu’une poule s’apprête à couver “nous lui donnons au moins 20 oeufs à couver. Et si 3 à 4 poules font des poussins 21 jours plus tard, nous rassemblons tous les poussins et les confions à la mère la plus méchante qui les gardent jusqu’à maturité. On en a ainsi donné jusqu’à 78.” Le docteur Michel estime que nous aurions atteint l’auto suffisance alimentaire si chaque paysan élevait ainsi ses bétails.

Après 15 ans d’opposition scientifique, ils sont rentrés en février dernier dans la mouvance scientifique avec l’approbation de leur méthode par l’Institut National des Recherches Agronomiques du Bénin (INRA-Benin).

Son challenge est de produire à partir de 10 poules locales, 300 poulets vivant en six mois. La maison du paysan sera bientôt transformée en village du paysan, “une université qui va diffuser le savoir sur le traditionnel amélioré afin de porter le traditionnel à un niveau de rentabilité qui sera utilisé par plus de 90% des pays africains.

En attendant de donner chair à son projet d’université , le vétérinaire Michel Babadjide fait le tour du continent avec la FAO (Programme alimentaire des Nations unies) pour former partout où besoin se fait sentir.

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