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Le Front Citoyen Togo Debout s’insurge contre l’augmentation des taxes et exige la libération des personnes arrêtées

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Une nouvelle taxe routière est en vigueur au Togo depuis quelques semaines et imposée aux engins à deux roues. Ce qui a semé dans plusieurs villes du pays des contestations des populations, des émeutes et des arrestations.

Le Front Citoyen Togo Debout s’insurge contre cette augmentation des taxes, exige la libération des personnes arrêtées, demande au gouvernement de ne plus nourrir les rancœurs et aux populations de rester mobilisées…

Voici l’intégralité de la déclaration du Front Citoyens Togo Debout.

A partir du 18 mars 2021, de nouveaux tarifs sont entrés en vigueur aux péages routiers. Le gouvernement a choisi de relever substantiellement ces tarifs et pour la première fois, de les imposer aux engins à deux roues. Trois jours avant, soit à compter du 15 mars 2021, entrait en vigueur la Taxe sur les Véhicules à Moteur (TVM) qui s’étend de 15.000 FCFA pour les motos de plus de 125 cm3 à 65.000 FCFA pour les camions de plus de 12 tonnes. Le gouvernement, dans sa communication, dit avoir procédé à ces augmentations pour répondre aux enjeux d’entretien et de modernisation du réseau routier national.

Loin d’être anodines, surtout en cette période de crise sanitaire mondiale qui précarise davantage nos populations, ces mesures drastiques ont un impact certain au plan socio-économique. Au Togo, la structure économique est dominée par l’informel et le métier des transports résorbe une bonne partie du chômage des jeunes. Selon un économiste togolais, « au Togo, 90% des emplois qui dynamisent l’économie nationale sont pourvus par sa branche informelle reconnue pour la précarité économique de la majorité de ses opérateurs ». Et d’ajouter, « face à la pandémie du COVID-19, les mesures de riposte prises par le gouvernement ont engendré une diminution globale des activités dans tous les secteurs et plus particulièrement dans l’informel. Ces mesures ont engendré, surtout au niveau des entreprises individuelles, le déclin du régime ordinaire des activités et, dans certains cas, des pertes d’activités, avec pour conséquences des rentrées insuffisantes d’argent ».

Autrement dit, à l’instar de la majorité de la population qui subit les effets néfastes de la pandémie et des différentes restrictions, les acteurs de l’économie informelle, comme les conducteurs de taxis et de taxis motos, vont devoir débourser leurs maigres ressources pour payer ces suppléments de taxes. Déjà en situation de précarité, alors qu’ils sont confrontés à l’inflation des produits de première nécessité sans que leur pouvoir d’achat n’ait connu une amélioration, c’est le moment choisi par le gouvernement pour dérouler sa panoplie d’impositions : taxes aux péages routiers, TVM etc. Quel paradoxe !

A une période où le monde entier est en guerre contre la pandémie du COVID-19, le gouvernement impose un effort supplémentaire aux populations. Cet effort pouvait avoir un sens, si chaque denier de l’État était utilisé à bon escient pour le développement de la Nation. Or ce n’est pas le cas, car l’actualité montre que les scandales économiques ont toujours le vent en poupe et que les pratiques répréhensibles sont toujours de mise au plus haut sommet de l’État : le Pétrolegate, le scandale Bolloré, (pour ne citer que ces derniers scandales), sont la traduction du bradage du patrimoine national par les tenants du pouvoir qui s’enrichissent de façon illicite et ostentatoire au détriment des masses populaires et ce impunément, sans susciter de réaction appropriée de la part des autorités gouvernementales ou des institutions compétentes. Au Togo, on a le sentiment que les populations remplissent le panier par le haut au prix d’efforts inlassables, tandis que des profiteurs, (cette minorité décriée par le président lui-même), siphonnent le panier par le bas.

Il est alors clair que la justice et l’équité ne sont plus des valeurs cardinales dans notre pays. Le système est bâti pour enrichir davantage l’oligarchie pilleuse, tandis que la grande masse populaire s’appauvrit au fil des jours.

Dans ce contexte difficile où l’autorité publique n’hésite pas à affamer des enseignants en leur coupant les salaires sous des motifs fallacieux, le gouvernement persiste dans l’option de l’injustice sociale par ces taxes avec lesquelles il veut asphyxier financièrement les populations.

Avec l’impunité comme mode de gouvernement, les restrictions des libertés de manifestation pour taire les contestations, le musellement de la presse, le gouvernement, au lieu de lutter contre la pauvreté dans notre pays, organise une lutte contre les pauvres populations avec ces taxes injustifiées et inopportunes. Les injustices sociales sont de plus en plus criantes et sont devenues un véritable fléau.

Face à tous ces problèmes, le Front Citoyen Togo Debout tient à dire solennellement au gouvernement que : s’il veut être véritablement artisan de la paix civile, il doit revoir sa décision d’augmentation des taxes et libérer immédiatement ceux qui ont été arrêtés pour avoir exprimé leur ras le bol, car le cumul des frustrations, n’est jamais signe de cohésion sociale. Et si gouverner c’est tenir compte des aspirations du peuple, il est temps de ne plus nourrir les rancœurs qui durent depuis des années.

Le Front Citoyen Togo Debout demande aux populations de défendre leurs droits et de rester mobilisées pour la recherche de leur épanouissement.

Fait à Lomé, le 21 mars 2021

Pour Le Front Citoyen Togo Debout 

Professeur David Ekoué DOSSEH

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