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Pour Rémy Kodjo BOAYE, le PACEJ est initié pour appuyer les communes dans leurs exercices de développement et l’entrepreneuriat des jeunes

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Le 30 juin 2019, le Togo a connu des élections municipales, qui ont permis la prise de fonction des maires. Ces derniers dans l’exercice de leurs fonctions ont nécessairement besoin d’être soutenus par des organisations non gouvernementales.

S’inscrivant dans cette logique, le Programme d’appui aux communes et l’entrepreneuriat des jeunes (PACEJ) a été initié pour appuyer les communes dans leurs exercices de développement et l’entrepreneuriat des jeunes.

Pour le coordinateur du PACEJ, Rémy Kodjo BOAYE, qui a accepté nous parler du projet, psychologue appliqué de formation, l’idée du projet est née suite à un constat fait de l’immobilisme en matière du développement. Cela serait du à la non gouvernance démocratique des institutions. Donc le projet vient à point nommé pour soutenir les communes et l’entrepreneuriat des jeunes au Togo.

Voici l’intégralité de l’interview du coordinateur accordée à Elite d’Afrique.

Bonjour monsieur Rémy Kodjo BOAYE !!!

Décrivez-nous brièvement le projet

Bonjour Elite d’Afrique

Nous remercions Elites d’Afrique pour cette opportunité qu’il a offert au PACEJ de se faire découvrir aux yeux du public togolais et d’ailleurs. L’information a toujours été une chose précieuse dont aucune personne ; qu’elle soit physique ou morale, ne peut se passer. C’est pourquoi nous souhaitons vous remercier encore une fois pour l’énorme travail que vous faites.

PACEJ de son acronyme est plutôt un programme destiné à l’Appui des Communes et à l’Entreprenariat des Jeunes. Mais pour connaitre notre motivation profonde et la mission du PACEJ ; il faut en venir à la genèse même de ce programme. Quand Rémy participa au programme YALI/DAKAR en 2017, l’un des aspects qui l’a le plus marqué fut la situation de la gouvernance démocratique des institutions africaines; intrinsèquement lié à l’immobilisme en matière de croissance et du développement socio-économique des pays africains. Ca été l’un des sujets les plus récurrents de nos réflexions où nous avions relevé toutes les causes liées à notre absence de développement, je veux parler des pays africains. Il y’a peut-être des chiffres très intéressants qui portent à croire le contraire mais dans la pratique, il manque ce petit quelque chose que nous n’arrivons pas à identifier. Et comme à l’époque déjà, s’annonçait de plus en plus fort, la volonté de développement des politiques sur la décentralisation nous avions cru à la possibilité de participer à quelque chose de nouveau. Comment ? En dotant les institutions des outils et de responsables ou employés animés d’une volonté réelle ; construire !

En quoi le PACEJ diffère-t-il concrètement par rapport aux autres déjà existent ?

Je ne sais pas si on est différent de qui que ce soit, parce que nous avions passé beaucoup de temps pour étudier à chaque niveau pour découvrir ce qui marche avec les autres et ce qui ne marche pas. Et si nous avons compris une chose, j’insiste qu’il ne s’agit pas d’être différent. Ce que nous devons comprendre la quintessence de ce que nous appelons « développement » ; elle fait appel à deux aspect. L’aspect géographique, le lieu et l’aspect matériel et immatériel qui sont les ressources et l’ensemble des mutations que peuvent connaitre cette zone géographique. L’un des avantages qui constitues notre force , c’est de ne pas avoir été un programme gouvernemental à la naissance et aussi sans obtenir un financement d’une quelconque partie en levé de fonds. Nous nous sommes développés à la manière des startups ; ce qui nous a permis de développer des réflexes comparable à ceux développer par les startups qui sont devenus aujourd’hui de grands groupes. C’est cela qui nous a permis de comprendre que nous ne pouvons catalyser le développement local qu’à travers l’entreprenariat et l’entreprenariat à travers les communautés. La segmentation du territoire national en région, en préfecture et maintenant en communes avec des structures organisationnelles décentralisées vont permettre de mieux cartographier les marchés et les segmenter en fonction des besoins et permettre aux startups de se positionner avec des coûts maitrisés et des produits adaptés.

Qui pourrait vraiment bénéficier du projet ?

Nos principales bénéficiaires sont les étudiants, les jeunes diplômés ou inscrit dans les universités du Togo. A l’heure actuelle, nous sommes uniquement avec l’université de Lomé et nous espérons que d’autres universités publiques comme privées vont nous contacter pour faire partir de cette aventure .Il n’y a aucun engagement financier des universités envers nous actuellement, nous ne savons pas si cela va changer ou pas dans un future proche ou lointain. Aujourd’hui l’Université de Lomé n’hésite pas à mobiliser les moyens qu’il faut afin d’obtenir les résultats escomptés. Je pense que c’est un engagement volontaire, vu les efforts consentis de tous les côtés.
Nos seconds bénéficiaires, sont les communes/les maires, les conseillers municipaux, les organisations de la société civile, les comités de développement, les préfectures/préfets, les institutions publiques, les groupements d’intérêts économiques et les entreprises. Nous les mettons tous ensembles parce que leurs actions ou démarchés vont dans le même sens ; répondre à la satisfaction des populations même si chacun le désigne avec un nom diffèrent.

Quelle est la stratégie pour identifier les véritables problèmes des communes ?

Notre motivation première n’est pas de résoudre les problèmes liés aux communes parce que c’est une mission qui revient aux Maires et ses conseillers ; c’est la raison pour laquelle ils sont élus. Notre responsabilité est d’anticiper les mutations profondes de la société pour amener les startups et autres à profiter de ses avantages. Ce que nous croyons, c’est qu’aucun candidat ne doit obtenir un diplôme universitaire aujourd’hui sans avoir une expérience entrepreneuriale assez poussée. Il est évident que tout le monde puisse entreprendre, qu’une minorité puisse avoir un produit ou une entreprise qui marche, et que très peux puissent atteindre un succès national, continental voir planétaire. La réussite L’important pour nous ce n’est pas d’avoir un succès planétaire ou un succès tout court, c’est de développer les caractères sensibles au succès ; soit pour se faire employer dans une entreprise ou travailler à la solde du gouvernement. En cela, on vient à un niveau où ; on sait ce que la vie attend de nous et développer un savoir-faire réel totalement différent des aptitudes scolaires. La différence face à l’état actuel, c’est qu’on ne conçoit pas le travail que font les entreprises et les efforts que ces dernières ont fourni pour arriver là où ils en sont aujourd’hui ; parce que le contribuable provient à hauteur de 60% au Togo de tous ces sacrifices.

Y-a-t-il des communes déjà retenue ? Et sur quelle base ?

Nous sommes dans un processus démocratique, en fait c’est la stratégie pour laquelle nous avons opté. Ce n’est pas à nous de sélectionner les communes mais plutôt à elle de nous choisir. Les communes sont instaurées à base d’un système politique décentralisé sans aucune influence extérieure. Les choisir est un peu comme aller à contre nature de ce qu’elles représentent et prendre sur nous une responsabilité qui n’est pas nécessaire. Une fois que nous autres nous allons arriver à faire nos devoir au point de devenir la seule option face à la responsabilité qui est la leur, ils n’auront d’autres choix que de nous choisir ; c’est cela notre devise, être le meilleur !

En quoi peut-être traduit votre appui à l’Université de Lomé, par exemple ?

Peut-être que c’est ce que nous faisons, mais il est un peu osez de le présenter comme cela. Nous, notre rôle est d’apporter aux startups les outils nécessaires à leur croissance. Ces startups qui sont actuellement des étudiants de l’Université de Lomé et l’Université dans son rôle de préparation de la jeunesse togolaise à l’emploi ; ce qui n’est pas une tâche facile, a choisi de nous appuyer, mais comme ce n’est pas assez, elle amène ses partenaires à en faire autant. Je pense que nos rôles, je veux dire l’UL et le PACEJ, sont complémentaires et il est indispensable de travailler de manière synchroniser en s’appuyant l’un sur l’autre comme nous avons décidé de le faire actuellement.

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