Le Mouvement EN AUCUN CAS n’ira plus aux prochaines élections locales. Dans un communiqué rendu public, le Mouvement de l’activiste Folly Satchivi dénonce la manière dont l’opération de révision de listes électorales a été bâclée, et craint la fraude. Par ailleurs, il demande à ses membres qui ambitionnaient d’être candidats à ces élections de ne plus déposer leur candidature, le cas échéant de la retirer. Lecture!
COMMUNIQUÉ : Les élections n’ont de sens que
si tous les citoyens en âge de voter disposent de leurs cartes d’électeurs.
Il y a
quelques semaines, pensant pouvoir restreindre, par les urnes le pouvoir et les
marges de manœuvre du régime dictatoriale qui régente le Togo depuis 52 ans,
nous avons appelé les citoyens à aller massivement se faire inscrire afin de
porter à la tête des communes des grandes villes du pays les candidats issues
de l’opposition démocratique.
Mais en
suivant attentivement l’évolution du processus, depuis l’annonce de la date des
élections locales jusqu’au recensement bâclé, nous constatons que le régime,
fidèle à ses vieilles habitudes et à ses méthodes archaïques a tout verrouillé
et n’a aucunement l’intention de céder un seul pan de son pouvoir aux forces en
lutte pour le changement.
En effet,
nous constatons d’une part que des centaines de milliers de citoyens acquis à
la cause des forces démocratiques ont été volontairement privés de carte
d’électeurs. Or, une élection n’a de sens que si tous les citoyens en âge de
voter disposent de leurs cartes d’électeurs. Ce qui n’est actuellement pas le
cas dans notre pays.
Ainsi, un
candidat de l’opposition bien que populaire et très aimé par sa communauté, n’a
aucune chance d’être élu. Tout simplement parce que ceux qui l’aiment et sont
censés le voter n’ont pas de carte d’électeur.
D’autre
part, nous remarquons qu’avec le fichier électoral actuel, une personne mal
intentionnée ou pistonnée par le pouvoir en place peut voter au moins cinq (5)
fois ; C’est-à-dire dans cinq (5) communes différentes. Ce qui doit faire
réfléchir les candidats de l’opposition.
De même,
nous apprenons de sources concordantes que des citoyens des pays frontaliers
(Bénin, Ghana et Burkina ) avaient été payés par certains barrons du régime
pour venir s’inscrire et voter le 30 juin pour le Parti au pouvoir.
La fraude
étant donc réelle et très avérée et, surtout après le refus systématique du
gouvernement et de la CENI de poursuivre les opérations de révision des listes
électorales, le Comité Exécutif du Mouvement EN AUCUN CAS s’est urgemment réuni
et a, après une réflexion approfondie décidé de se retirer du processus en
cours et a, dans la même logique instruit tous les membres du Mouvement qui
ambitionnaient d’être candidats à ces élections aux issues déjà connues de ne
plus déposer leur candidature, le cas échéant de la retirer.
Aussi,
estimant que le salut du peuple ne viendra que d’une lutte populaire, organisée
et non-violente, le Mouvement EN AUCUN CAS a décidé de ne plus jamais
s’associer à une élection organisée par le régime cinquantenaire en place.
Ceci étant,
le Mouvement EN AUCUN CAS ne se battra désormais, au plan politique que pour la
libération des détenus politiques, la défense des droits et libertés acquises
au prix d’énormes sacrifices par le peuple Togolais, le départ de Faure
GNASSINGBE au terme de son mandat, la mise en place d’une transition
démocratique et la mise en place d’un organe ad hoc chargé d’organiser les
élections présidentielles de 2020.
L’enjeu
étant donc de taille, nous avons besoin d’une opposition unie, conquérante et
audacieuse dotée d’une stratégie gagnante.
C’est
pourquoi nous appelons toutes les organisations politiques et citoyennes ayant
œuvrer de près ou de loin pour le boycott massif de la tragi-comédie électorale
du 2018 par plus de 85% de la population à se mettre ensemble.
Fait à Lomé,
le 27 mai 2019
Le Comité
Exécutif