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Complexe scolaire Gal Gnassingbé Eyadema en ruine : quel héritage pour le père de la nation ?

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Situé en plein centre ville, entre le camp Gal Gnassingbé Eyadema et le lycée de Tokoin, l’apparence du complexe scolaire Gal Gnassingbé Eyadema contraste avec l’image qu’on tente de donner au président, père de la nation dont il porte le nom. Incursion dans un bidonville qui porte le nom du plus célèbre personnage du pays et où sont formés les futurs cadres du pays.   Une odeur nauséabonde remontant d’un égout à ciel ouvert, rempli à ras bord d’eau stagnante et de feuilles mortes, chatouille les narines à l’entrée. En face, pose en toute sérénité, gilet par balle, arme au poing, deux sentinelles du Régiment Para Commando de la Garde Présidentielle (RCGP). Nous sommes au Camp Général Gnassingbé Eyadema.   Un portail haut de d’un mètre à peine donne accès au complexe scolaire Général Gnassingbé Eyadema. Un couple d’élève défèque sur un vaste dépôt d’ordure ménagère contigu à la clôture. Une ligne de bâtiments scolaire à l’abandon complète le décor. Il est 9h30, c’est la récréation.  Des centaines d’enfants inondent la cour sous le doux soleil matinal. Ils sont rejoints un quart d’heure plus tard par leurs ainés du collège. Il ne fait plus bon vivre à l’école primaire Général Eyadema créée depuis le 12 août 1972. « C’était un village d’enfant ici. Les élèves n’arrivent même pas à reconnaître tous les enseignants », s’est rappelé un professeur après une vingtaine d’année de service dans l’établissement. La gloire d’antan de cet établissement qui a formé plusieurs hauts cadres de l’armée nationale et de la fonction publique, ont fait place à la misère. Bien que les problèmes sautent aux yeux, le corps enseignants et la direction ont leur langue dans la poche. Personne ne veut se prononcer sur la question. Peur du camp d’en face ? On ne saurait le dire. Mais quelques courageux nous ont permis sous anonymat de comprendre le phénomène.   L’insalubrité C’est le gros des problèmes. « Ce sont les habitants des maisons voisins qui viennent jeter les ordures dans l’établissement. La composition des ordures en dit long. Nous sommes dans un établissement scolaire, vous comprenez que nos ordures ne sont que des papiers, des feuilles mortes et quelques sachets », a rouspété un enseignant. Le mal s’est aggravé depuis que l’établissement n’a plus les moyens d’engager un agent de sécurité. Les toilettes confie-ton sont partagées avec les voisins. « En plein jour, les gens viennent faire leur besoin. Nous avons tenté en vain de les dissuader. Nous sommes finalement fatigués de leurs comportements. Quand on ferme les toilettes avec les cadenas, ils défoncent les portes. Presque tous les blocs de latrines n’ont plus de portes », a expliqué dans l’anonymat un doyen de l’établissement. Les sanitaires sont impraticables pour les élèves. « Les toilettes sont trop sales, çà sent très mauvais. Les choses sont cassées dans les WC. Les mûr sont cassés on a peur qu’ils tombent sur nous et avec nous. Les gens chient et urinent à même le sol. Il n’y a même pas de l’eau pour se laver les mains. On va au niveau de la clôture pour faire nos besoins. Moi aussi je viens de là », a décrié Anita, élève au collège.   Pas d’enseignants Plusieurs blocs ont été fermés par manque d’enseignants pour encadrer les élèves.  Ce n’est pas les élèves qui manquent, ni les cadres pour les encadrer, mais les moyens financiers font défaut pour satisfaire la demande. Alors que des bâtiments sont vides, les élèves sont en nombre pléthorique dans les salles de classes. « Nous avons au début 9 groupes et chacun à du CI au CM2. Les groupes se ferment chaque année et aujourd’hui nous sommes à 4 groupes. Personne ne sait si tous les 4 vont ouvrir à la rentrée prochaine. Les difficultés financières sont apparentes ! Les groupes n’ont plus toutes les classes. Des blocs entiers sont fermés, mais nous avons des élèves en surnombre à gérer dans nos classes », a expliqué un enseignant. C’est pour redynamiser l’établissement que le gouvernement crée par décret en 2012,  le CEG Gal Gnassingbé Eyadema dans la même enceinte. C’est un bloc polyvalent du primaire à l’abandon qui abrite les 712 élèves inscrits cette année. Les problèmes sont du même au pareil au primaire comme au collège. A peine a-t-il pris la direction du CEG en octobre 2015, Abalotou Félix s’est mis à la tâche pour trouver une solution au chapelet de problèmes qui écorne l’image du célèbre complexe scolaire. Il a déjà pris langue avec les autorités compétentes pour trouver une solution à certains problèmes dont il garde secret la liste. Et pourtant, il existe bel et bien une fondation, qui porte le nom de l’illustre personnage et donc le même nom que l’école, qui dit travailler dans le domaine de la santé. Quoi qu’on dise, le nom de l’illustre chef d’Etat, Gal Gnassingbé Eyadema risque de disparaître sous les ruines de cet établissement qu’il chérissait de son vivant.]]>

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