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Ciment : Dangoté inquiète les cimentiers togolais

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Depuis quelques mois, le marché togolais est envahi par le ciment de marque Dangoté, en provenance du  Nigéria. A Lomé, les cimentiers locaux notamment CIMTOGO, filiale de l’allemand HeidelbergCement dénoncent un dumping commercial.

Le ciment produit  au Nigéria dans les usines de Dangote Group, du richissime homme d’affaires nigérian Aliko Dangoté, membre du conseil d’administration de «Togo Invest Corporation S.A. » et du Conseil présidentiel pour l’investissement, est désormais disponible sur le marché togolais. Ceci, après quelques réticences des autorités douanières, traduites par un blocage des camions convoyant le produit, à la frontière de Sanvee Kondji.

En effet, les règles communautaires prescrivent que pour bénéficier des avantages de la CEDEAO notamment sur le Schéma de Libéralisation des Echanges (SLE), qui assure la libre circulation des marchandises sans le paiement des droits de douanes et des taxes d’effet équivalent à l’importation dans l’espace CEDEAO,  les producteurs qui veulent importer dans un autre pays de l’espace doivent fournir le certificat d’origine qui prouve que le produit est bien fabriqué dans la CEDEAO.  Un retard dans la fourniture de ce certificat serait la cause principale, de cette rétention aux frontières.

Pour bénéficier de la SLE, les pays d’origine des produits à l’importation, doivent également ouvrir leur marché aux autres pays. Ce qui n’est pas le cas du Nigéria, qui non seulement, interdit l’importation du ciment et mais aussi subventionne la société Dangoté de 30%.

Dumping commercial

Dans les points de vente à Lomé, le ciment Dangoté est vendu à un prix légèrement inférieur à celui aux autres ciments, dont le prix est fixé par l’Etat. L’on peut expliquer  les bas prix du nigérian par la chute du Naïra, la monnaie nigériane qui a baissé les coûts de production et le conditionnement en sacs plastiques du ciment nigérian, contrairement à toutes les normes nationales et internationales en vigueur en matière environnementale  qui amoindrit les coûts d’emballage.

Les entreprises opérant dans le ciment dont CIMTOGO (du groupe allemand Heidelberg, N°2 mondial) dénoncent une concurrence déloyale. Il s’agit d’un dumping commercial, assure Jean Adolehounme, Directeur Administratif et des Ressources Humaines de CIMTOGO.

Pratique fréquente dans le commerce international, le dumping permet à des entreprises exportatrices de s’implanter sur un marché nouveau, où les habitudes des consommateurs ne leur permettraient pas de vendre leurs produits s’ils étaient proposés au même prix que ceux de leurs concurrents locaux. Cela peut conduire à des ventes à un prix inférieur au prix de revient.

Le dumping est interdit par l’OMC (Organisation mondiale du commerce), car considéré comme une concurrence déloyale.

CIMTOGO indique avoir déjà signalé cet état de choses aux autorités togolaises et compte sur Lomé pour protéger les entreprises locales et au détour, préserver les emplois.

Marché en pleine expansion

Le Togo dispose aujourd’hui de trois cimentiers, CIMTOGO , Diamond Cement et Fortia, les deux derniers, filiales de Wacem. Les capacités de production de leurs usines est de  2 millions de tonnes par an.  De quoi couvrir largement les besoins de la consommation locale estimés aujourd’hui  à 1.250.000 tonnes.

Présente au Togo depuis près de 50 années à travers CIMTOGO et deux autres filiales, le groupe Heidelberg s’est lancé récemment dans la construction d’une cimenterie à AWANDJELO dans la région de la KARA. Cette cimenterie va permettre de mieux alimenter le marché intérieur. Elle aura une capacité de plus de 200 000tonnes de ciment par an.

Dans les prochains jours, le marocain CIMAF (Ciment d’Afrique) qui envisage égalemnt de construire une cimenterie à Tabligbo dans la préfecture de Yoto (80 km de Lomé) pourrait également lancer les travaux de son usine.

Le président togolais a visité, début août, dans les environs de Lagos, capitale économique du Nigeria, l’une des cimenteries du groupe Dangote. A Lomé, certains interprètent cette visite comme le présage de la construction prochaine d’une cimenterie de Dangote à Lomé.

Dans un pays en construction comme le Togo, le marché local est en forte croissance.

Il faut rappeler également que le sous sol togolais dispose de plus à 75 millions de tonnes de réserve de calcaire (principal composant du clinker, qui sert à fabriquer le ciment) exploitables sur plus de 50 ans.

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