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Migrants : 43 Togolais repêchés sur les côtes camerounaises

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Le récent secours porté aux cent dix-sept (117) migrants ouest-africains, dont quarante-trois (43) Togolais, repose avec gravité un certain nombre de questions liées au départ le plus souvent bien malgré eux des dizaines de Togolais en partance pour des horizons bien inconnus d’eux. Qu’est-ce qui les pousse tant à partir ? Pourquoi, malgré leur rapatriement, ces candidats à l’émigration continuent à quitter leur pays à la recherche d’un mieux-être ? Si beaucoup quittent le Togo qui les a vus naître, ce n’est pas tant de gaieté de cœur, mais c’est avec l’inébranlable espoir que l’herbe serait plus verte ailleurs. Car au Togo, ceux qui partent, jeunes pour la plupart, n’ont jamais cru que leur pays serait un gage de sécurité sociale, d’employabilité assurée et de bien-être. Aussi pensent-ils braver les mers, quitte à y laisser leur vie. Les autorités togolaises, elles, n’ont jamais apporté une solution à ces hommes et femmes qui entreprennent un périple où ils ont beaucoup à perdre. Car pour eux, rester dans un pays tel que le Togo, c’est se tuer à petit feu.

Pas plus avancés

Le 24 janvier 2018, les Togolais apprenaient hagards devant leurs postes téléviseurs et radios, le rapatriement de leurs concitoyens en danger de mort en Libye. Partis pour chercher du travail dans ce pays d’Afrique du Nord faisant partie du Maghreb, ils ont été pour beaucoup battus, d’autres ont été, selon leurs dires, torturés pendant leur séjour.

Les témoignages alors recueillis semblaient avoir pour but de dissuader quiconque s’aviserait d’entreprendre pareil odyssée dont l’issue s’avère pourtant des plus incertaines, d’entreprendre d’aussi risqué voyage. Les autorités étaient, Dieu sait comment, parvenues à rapatrier ces 136 migrants togolais qui avaient souffert le martyre. Et Damehame Yark ministre de la Sécurité jouait les hôtes pour accueillir ces Togolais dont certains ont été détenus à Tripoli, Benghazi et dans d’autres villes. En les accueillant à l’Aéroport de Lomé, on avait cru qu’on en resterait là, qu’on trouverait une solution pour de vrai pour que ceux qui partent restent au pays. Mais voilà qu’un an et demi après, la triste histoire migratoire a repassé les plats.

Cette fois, la ville balnéaire et Port de la Région du Sud du Cameroun a été le théâtre d’une embarcation en perdition. Il est fait état de cent dix-sept (117) migrants ouest-africains qui ont été secourus au large de Kribi. Parmi ces miraculés, on en a dénombré quarante-trois (43) qui sont des Togolais. Plus que jamais, le casse-tête migratoire reste en travers de la gorge des autorités togolaises. Les autorités ont du même coup montré leurs limites dans cette affaire qui ternit l’image du Togo. C’est donc qu’on n’est pas plus avancés.

Générations sacrifiées au profit d’une minorité pilleuse

Ce nouveau drame n’est pas, loin s’en faut, le fruit du hasard. Cette chaotique situation montre une fois de plus le très peu de cas qu’ont toujours fait, et continuent de faire les autorités pour retenir leurs propres concitoyens qui ont du mal à se reconnaître dans leur politique. Qu’on n’aille pas chercher de midi à quatorze heures. Ce qui cause ici le départ de ces gens, c’est le poids de leurs conditions de vie précaires qu’ils n’ont ni peu ni prou la force de soutenir. Aussi décident-ils un beau matin de partir. Ce serait injuste de leur faire un quelconque grief. On voit mal des concitoyens qui ont le minimum vital à leur disposition prendre du jour au lendemain le chemin de l’exil pour trouver on ne sait quel confort.

Au Togo, des milliers de Togolais sont pauvres et ils doivent leur pauvreté à leurs dirigeants qui ont privatisé les richesses locales du pays. Les multinationales françaises et indo-pakistanaises, en l’occurrence, continuent d’avoir un contrôle absolu sur les économies locales, laissant ainsi peu de chances aux populations de jouir des atouts qui au départ leur appartiennent.

Au Togo, nombreux sont les jeunes qui sont diplômés, formés dans les universités et écoles de qualité, mais qui ne trouvent pas d’emploi qui soit à la mesure de leurs compétences. Ils deviennent une charge pour leurs familles et certains de ces sans-emploi, pour ne pas subir honte et dénuement, choisissent de faire dans l’informel. En attendant mieux. Sauf qu’au Togo, attendre mieux revient à construire des châteaux en Espagne.

Pendant que ces gens sombrent dans la misère, on a des vieux clous du régime qui, au lieu de débarrasser le plancher pour permettre aux plus compétents qu’eux de travailler, s’accrochent, tels des faucons, à un poste qu’ils prennent pour leur chasse gardée.

Ainsi est créée une forte inégalité. Une forte inégalité savamment maintenue. D’un côté, on a des entreprises multinationales et des caciques du système RPT/UNIR qui pètent dans la soie ; de l’autre, des millions de Togolais qui se tuent de jour comme de nuit à trouver de quoi joindre les deux bouts.

Faure Gnassingbé a beau reconnaître qu’une minorité s’accapare les richesses du pays. Lui et cette même minorité, qu’il n’a de cesse de privilégier, continuent d’envoyer à l’exil bien des Togolais réduits à croupir dans une misère qui ne dit pas son nom.

Avec cette situation créée par le chef de l’Etat lui-même et sa caste, on ne peut qu’assister à un nombre croissant de candidats à l’émigration.

Aussi longtemps qu’ils seront aux commandes, les Togolais désespérés seront tentés de prendre la mer.

Source: togotribune.com

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