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Amazones en action: Terrorisme et pauvreté dans le viseur

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Les femmes sont à l’honneur tout le mois de mars, comment vous apprécier la lutte pour la parité qui est d’ailleurs le thème de la célébration de la femme  cette année ? Je suis plutôt inquiète, parce que toutes les années on parle de la journée mondiale de la femme mais il n’y a pas d’avancée en tant que tel. J’ai l’impression qu’on utilise les femmes. Chaque année on nous dit vous êtes belle, vous êtes si vous êtes cela, et en réalité nous sommes flattées. Mais personne ne contribue vraiment à l’équité genre, que nous prônons. Aujourd’hui on parle de  50/50 à l’an 2030, je me dis qu’il ne faut pas qu’on rêve. Il faut des actions concrètes. On va se regrouper quelque part pour dire c’est la journée de la femme, on fête et puis ça s’arrête là. Il faut qu’on change de stratégie. Les femmes doivent se mettre au travail. On doit contribuer chacun à sa façon et chacun selon ses possibilités pour faire avancer l’équité genre, au lieu de se retrouver un jour et c’est fini, chacun reste dans son coin, on attend l’année prochaine et chacun crie encore équité genre. Il y a les colloques par ici, les conférences par là, mais il n’y a pas d’avancée dans la pratique. Et je suis sûr que si on ne rêve pas, à moins qu’on ne change de stratégie,  en 2030, il n’y aura pas de différence par rapport à ce que nous vivons aujourd’hui. C’est ce constat qui me rend un peu pessimiste. Le 08 mars doit être un jour de réflexion. A vous entendre, vous n’êtes pas convaincue des moyens engagés pour atteindre l’idéal parité. Que proposez vous ? C’est un travail de terrain qu’il faut faire, il faut parler avec les femmes. Le plus important n’est pas de se faire voir sur les médias, mais de faire le travail de terrain, de sensibiliser, de conscientiser les femmes. C’est ce que nous faisons au quotidien. Quand tu croises une copine, une sœur, tu lui parle de comment elle doit se valoriser, lui faire comprendre qu’elle peut faire autant que les hommes. Aussi au niveau de l’éducation de base, changer les donnes. Tant qu’on respire, il faut continuer ce travail de terrain. Visiblement Amazones de la République fait plus dans l’action que dans les promesses. Vous voulez bien dérouler votre agenda pour la célébration de la femme ? Nous faisons déjà beaucoup de choses, mais pour cet évènement, particulièrement nous avons décidé de lancer deux activités phares. Nous allons nous attaquer à la question du terrorisme. Quelle marge de manœuvre la femme entant que mère peut disposer pour contribuer à prévenir le terrorisme.  Nous voulons des comportements préventifs et non pas curatif, parce que sur le plan curatif, l’armée est là, elle joue son rôle. Mais dans la prévention, on doit impliquer davantage les femmes. Nous avons fait ce choix parce que partout dans le monde c’est la psychose. Aujourd’hui on a peur quelque soit le milieu dans lequel on se trouve. En Europe, en Asie comme en Afrique c’est pareil. Nous avons constaté que les armes ont montré leur limite et donc nous devons nous impliquer davantage. La femme a un rôle très important à jouer dans cette lutte. Nous allons également lancer une micro finance. Parce qu’après réflexion sur la lutte contre le terrorisme, nous avons constaté que la pauvreté contribue beaucoup à changer d’idée aux gens. Comme on dit, le sexe faible, c’est un esprit faible la femme. Moindre chose parce qu’elle est dans une situation compliquée, elle est prête à accepter tout, à se livrer, finalement on la détourne facilement puisque c’est un esprit faible.  Donc on se dit qu’il faut mettre les moyens à la disposition de ces femmes misérables, pour du moins faire quelque chose pour subvenir aux besoins de la petite famille. C’est une contribution importante dans la lutte contre le terrorisme. Cette action protège également nos jeunes filles qui vont à la recherche du travail dans la sous-région et les jeunes garçons qui vont à l’aventure et ne reviennent pas. Est-ce qu’ils ne sont pas ces jeunes qu’on enrôle dans les actes terroristes ? Ce sont des interrogations. Donc il faut trouver une solution à tout çà pour éliminer cette possibilité d’enrôler ces jeunes dans ce fléau mondial. Pour nous, avec la micro finance nous allons essayer d’appuyer la femme dans ces activités génératrices de revenu, c’est également une façon de contribuer à réduire la pauvreté et à résoudre aussi le problème du terrorisme. Quel message vous avez pour les femmes du monde entier ? Il faut que toutes les femmes prennent conscience qu’elles ont un rôle à jouer, que toute les femmes sont en mesure de contribuer. J’invite les femmes à transcender ce complexe d’infériorité vis-à-vis des hommes et de montrer qu’elles ont la même valeur, la même capacité que l’homme pour contribuer efficacement au développement de nos communautés. Propos recueillis par Jérémie G. & Yannick Agboka   Photo: Rose Koudjome]]>

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