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Evala 2016 : Pya en fête, Kara morne

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Un contraste en cette période de juillet, moments d’intenses festivités dans la Kozah, au nord du Togo. Kara est morne, inanimée, triste à la limite, pendant qu’à Pya, on savoure les délices d’une fête très prisée dans le milieu. Récit.

Depuis samedi, les luttes traditionnelles ont démarré en pays Kabye. Et pourtant, à Kara, chef lieu de la préfecture de Kozah, fief des Kabye, l’ambiance n’est pas celle des jours de fête. Difficile de savoir que les luttes ont commencé en observant la ville. Seuls quelques panneaux géants de différentes sociétés de la place vous rappellent que vous êtes bien en période d’Evala, luttes traditionnelles.

« Kara n’est pas animée essentiellement, parce que les luttes se déroulent dans les différents cantons, et l’ambiance c’est autour des terrains de lutte », explique Alex, étudiant à l’université de Kara. Et pourtant, Dominique, gérant d’un restaurant bar dans la ville nous indique avoir fait de meilleurs affaires l’année passée. « Cette année, rien ne marche », indique-t-il, la mine déconfite.

A Kara, ce jour est une journée comme les autres, aucun engouement spécial pour ces festivités. Si beaucoup pensent que cette situation est due à l’absence de moyens financiers, certains estiment que la religion aussi est passée par là. « Beaucoup d’églises éveillés interdisent à leurs fidèles de participer de quelques manière que ce soit aux festivités d’Evala. Et quand on voit le nombre d’églises éveillées que se revendique la ville, on comprend pourquoi les gens ont si peu le cœur à la fête.

Pya, 7km de Kara, l’ambiance dans la bourgade contraste parfaitement avec  celle de Kara. Dès l’entrée dans le canton, des banderoles géantes annoncent les couleurs de ces luttes. Là, on fête vraiment, même si ce lundi n’est pas jour de lutte dans le canton. Musique et bars déchainés, regroupement informels, souvent autour d’un revendeur de méchouis (le porc et le chien sont les animaux dont la viande est prisée) ou de tchoukoutou (boisson locales à base de mil), l’ambiance est particulière, et attise la curiosité des visiteurs.

Ici, l’on a à cœur les Evalas. « Aucune personne, aucune autorité fut-elle morale ne peut interdire les Evalas ici, c’est notre fête », estime Kpatcha, un cadre de la localité que nous rencontrons. « Un temps de retrouvailles et de redécouverte de son identité », indique un autre cadre.

Les Evalas sont en effet, pour beaucoup de cadres de cette localité, l’occasion de retourner chez soi, pour vivre les réalités des siens, et partager dans la bonne ambiance et dans l’humeur quelques mets locaux.

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