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OLIVIA DE SOUZA, MARRAINE DU FESMA :  « L’édition 2023 sera un rendez- vous du donner et du recevoir, un cadre de partage et de transmission »

La deuxième édition du Festival la Marmite (FESMA) démarre le 26 avril prochain pour prendre fin le 07 mai 2023. De nombreuses innovations sont annoncées pour cet évènement qui a déjà fait ses preuves l’année dernière. La Cheffe Olivia De Souza, marraine du FESMA, dans cet entretien exclusif avec Focus Infos, donne des détails sur ce qui se fera durant les deux semaines au Centre togolais des expositions et foire (CETEF) Togo 2000.

 

La 2è édition du FESMA démarre ce 26 avril. Quel est le programme de cette année ?

 

Olivia De Souza : L’édition 2023 propose aux participants un programme riche, diversifié, « appétissant » et pour tous les goûts. Elle sera meublée d’une grande foire culinaire et agroalimentaire, le cœur de l’évènement, où sont attendus une centaine d’exposants et plus de 50 000 visiteurs.  Notre pari à travers cette grande rencontre à la fois festive et prospective, est de promouvoir toute la chaîne de valeurs, de la ferme à l’assiette. Ainsi, c’est une foire pour les producteurs, les transformateurs, les distributeurs, les grossistes, les artisans, les commerçants, les industriels, les financiers ou encore les institutionnels. 

 

Cette édition se veut être un carrefour du donner et du recevoir, un cadre de transmission avec des formations et ateliers, et de partage avec des échanges et rencontres. De fait, pendant la foire, est programmé un colloque scientifique international animé par des universitaires, des professionnels et des praticiens sur le thème : « Des aliments et des hommes ». Egalement, des tables-rondes sur des thèmes dont par exemple « Aliments et santé : les valeurs nutritives des produits »,  « Promotion du consommer local : comment réduire notre dépendance vis-à-vis des produits importés ? » etc,  un workshop sur «  Créer et développer son business en restauration », des ateliers de cuisine animés par des chefs de renom ou encore des Master class sur « Art de la table : entre tradition et modernité», «  Les secrets des mélanges d’ingrédients culinaires pour une cuisine gastronomique africaine réussie », ou encore « Tradition et innovation ».  Des animations, des jeux, tombola, concerts et un diner de gala sont également au programme. 

 

Quelles sont les principales innovations de cette édition ? 

 

O.D : Cette édition est essentiellement marquée par la digitalisation de nos services. Ainsi, les participants peuvent notamment réserver leurs stands et payer leurs tickets en ligne, commander leur plat préféré à la foire depuis leur lieu de travail ou leur domicile et se faire livrer. Les Master Class et ateliers de cuisine seront publics et diffusés en ligne. Je citerai aussi l’étape régionale, notamment celle de Kara qui nous a permis d’aller à la rencontre de nos frères et sœurs de cette région, dans une démarche de communion, d’inclusion territoriale et de partage. 

 

Vous avez retenu comme thème cette année : « Cuisine et ODD : repenser la culture, le partage et la consommation des     aliments ». Cela correspond-il à vos objectifs ?  

 

O.D :  Nous avons choisi ce thème parce qu’il est d’actualité. Il s’agit pour nous d’aborder les enjeux d’alimentation, de production et de consommation durables à travers la cuisine. Comme vous le savez, la proportion de personnes souffrant de la famine dans le monde croît sans cesse. Selon les chiffres des Nations-Unies, elles seraient près de 690 millions, soit environ 9% de la population mondiale exposés à la faim.  

 

La pandémie de la Covid-19 qui a sévi pendant deux ans, a exacerbé la situation.  Et si la tendance ne s’inverse pas, les personnes touchées par la faim atteindraient 840 millions d’ici à 2030. 

Dans ce contexte, tous les spécialistes soutiennent qu’un changement profond du système mondial et d’agriculture et d’alimentation est nécessaire pour relever le défi de nourrir décemment et suffisamment les habitants de la terre, y compris les 2 milliards de personnes supplémentaires qu’elle comptera d’ici 2050. Cela passe par une augmentation des capacités de la productivité agricole ainsi qu’un renforcement des   systèmes durables de production de nourriture. 

 

L’édition 2023 du FESMA, avec en arrière-plan l’Objectif de développement durable (ODD) 1 qui ambitionne d’éliminer la pauvreté et la faim dans le monde, veut donc offrir un cadre à la réflexion sur les nouveaux paradigmes à adopter ainsi que les mesures à mettre en œuvre afin de changer le système mondial d’alimentation et d’agriculture pour combattre la faim dans le monde.

 

FI : Le ndolé, un plat camerounais désormais inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Bientôt un plat togolais ? 

 

O.D : C’est le sujet d’une table-ronde que nous avons organisée à Kara en mars dernier dans le cadre du FESMA. Le constat unanime est que notre pays est un carrefour d’une diversité de mets et de saveurs comme nulle part ailleurs. Leur qualité nutritive et leur apport au bien-être n’est plus à démontrer. 

 

De fait, nous n’aurons que l’embarras du choix pour les mets à porter au patrimoine de l’UNESCO. Cela dépendra donc davantage de notre capacité à nous organiser, à travailler avec l’ensemble des acteurs pour structurer un projet autour de cette ambition. Ce sera un travail à la fois harassant, longue haleine, mais surtout passionnant.  

FI : A quelques jours désormais de l’ouverture, quel message adressez-vous aux Togolais ?

 

O.D :Je voudrais d’abord avoir un mot pour les plus hautes autorités togolaises. Les féliciter pour leur leadership et leur engagement pour la promotion de la cuisine togolaise et du consommer local ; et leur exprimer notre gratitude pour leur soutien au FESMA. 

Ensuite remercier l’ensemble des partenaires et sponsors, sans qui l’ambition et le rêve que nous portons ne pourront se matérialiser. 

 

Remercier par ailleurs l’ensemble des acteurs, notamment l’Union des acteurs de la gastronomie togolaise (UAGT), l’Union des chefs cuisiniers du Togo (UCCT), Développement de l’art culinaire au Togo (DACT) ou encore l’Association des jeunes professionnels de l’hôtellerie du Togo ( AJPHT) qui sont à  nos côtés pour que la fête soit belle chaque année.  Nous sommes heureux d’accueillir   cette année, Les Cuisines africaines, association basée à Paris (France).

 

J’invite tous ceux qui n’ont pas encore réservé leurs stands à s’empresser de le faire car nous clôturons définitivement les inscriptions à la fin de la semaine. 

Enfin, j’invite toute la population à venir faire la fête autour de la cuisine du Togo et d’Afrique, du 26 avril au 07 mai à la foire Togo 2000, car le FESMA, c’est avant tout, une grande fête.

 

Source Focus Infos N°310 du 19 avril 

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