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Le Togo reçoit 34.6 millions de dollars de FMI

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Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) fait un nouveau décaissement de 34.6 millions de dollars au Togo à l’issue de la 5e revue de la performance économique du pays. Cette revue s’inscrit dans le cadre d’un programme de Facilité élargie de crédit (FEC).

Le FEC est un programme du FMI qui a pour but de réduire sensiblement le déficit budgétaire global du Togo afin de maintenir la dette à un niveau soutenable sur le long terme. Il vise à recentrer les politiques sur la croissance durable et inclusive au moyen de dépenses sociales ciblées et de dépenses d’infrastructure financées de manière durable, ainsi qu’à résoudre les difficultés financières des deux banques publiques du Togo.

Les résultats obtenus par le Togo à l’issue de la 5e revue dudit programme sont jugés satisfaisants par le Conseil d’administration du FMI. Ce qui l’a amené à décider d’un nouveau décaissement de 25,17 millions de DTS (environ 34.6 millions de dollars) en faveur du pays, portant le montant total des décaissements au titre de l’accord de la FEC à 151.02 millions de DTS (environ 207.8 millions de dollars).

Le montant de l’accord triennal en faveur du Togo qui est de 176,16 millions de DTS (environ 242,4 millions de dollars, ou 120 % de la quote-part du Togo), a été approuvé en mai 2017.

La croissance économique devrait s’accélérer à 5,3% en 2019 et osciller autour de 5½% à moyen terme. Le Togo s’est conformé aux critères de déficit budgétaire de l’UEMOA depuis 2017 ; le déficit budgétaire global devrait s’établir à 2,9% du PIB en 2019 et à 1,9% du PIB en 2020. La dette a diminué et devrait tomber sous la barre des 70% du PIB à partir de 2020.

source: Togoenlive

Afrocolor Zo, artiste candidat à la présidentielle de 2020

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Une nouvelle candidature pour la présidentielle de 2020 au Togo vient d’être annoncée. Il s’agit de Afrocolor Zo, de nom d’artiste « Mister B » du mouvement SHINE. L’annonce a été faite ce samedi 26 octobre à Lomé lors d’une conférence de presse. Reconnaissant sa défaite avant l’officialisation de sa candidature, il se positionne pour négocier le pouvoir avec le président actuel.

Pour le candidat indépendant du mouvement SHINE, un organisme d’éveil de conscience, programme de société est très pertinent pouvant séduire les togolais, à lui accorder des voix.

 « Le programme que je propose au peuple togolais est axé sur un nouveau statut de l’Etat, où le Togo devient une fédération constituée de ses grandes régions économiques, dirigées chacune par des gouverneurs élus pour un mandat de 10 ans », a déclaré le candidat artiste.

Peu connu de la scène politique, l’artiste refuse de s’aligner derrière les candidats déjà déclarés ou encore sur d’autres partis.  « Je ne peux pas suivre ces gens. Je préfère me mettre du côté du gouvernement. Quand on fait quelque chose depuis des années et ça ne marche pas, il faut changer de stratégie. C’est pourquoi je viens négocier », a-t-il précisé.

Le candidat du mouvement SHINE se dit venir pour négocier le pouvoir de Gnassingbé car comme le dit-il: « quand on est haut placé, on n’aime pas descendre. Il faut passer par la négociation pour arracher au moins le poste de Premier ministre à l’actuel gouvernement au lieu de vouloir descendre le baobab ».

Le Sénégal plane sur le toit de l’Afrique

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Les lions de la Teranga toujours tête haute et planent sur le toit de l’Afrique. C’est ce qui ressort de l’actualisation du classement mensuel des nations, déterminant les meilleures équipes nationales des mois de septembre-octobre 2019 de la FIFA ce jeudi 24 octobre.

Le Sénégal, malgré qu’il n’ait joué qu’un seul match lors des dates FIFA du mois d’Octobre (1-1 vs Brésil), les homme de Aliou Cissé stagne à la 20e place mondial. En Afrique, les Lions occupent toujours la première place.

Doing Business 2020: Le Togo gagne 69 places

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Le Togo gagne 69 places dans le segment de la création d’entreprise. C’est la dernière performance qu’enregistre le Togo dans le dernier rapport du Doing Business (DB 2020) rendu public ce jeudi 24 octobre.

84ème mondial l’année dernière, le Togo se classe désormais 15ème sur cet indicateur, avec une progression de 6,4 points, reconnaissant ainsi les nombreuses réformes entreprises par le gouvernement.

Pour l’institution dirigée par David Malpass, « la création d’entreprise a été facilitée par la suppression de l’obligation de faire authentifier les documents et par le raccourcissement du délai d’enregistrement ».

Pour créer son entreprise au Togo, la démarche se fait en 3 procédures, pour un délai moyen de 2 jours et demi (en comparaison, ce temps est en moyenne de 21,5 jours dans l’espace subsaharien, et de 9,2 jours dans la zone OCDE), avec un coût de création de 25 000 FCFA pour une Société à Responsabilité Limitée (Sarl), contre plus de 272 000 FCFA en 2012.

Doing Business 2020: Le Togo pays réformateur

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Le ministre de l’économie et des finances a présenté le rapport du Doing Business 2020 et les résultats enregistrés par le Togo ce jeudi 24 octobre.

Classé 137ème l’an dernier, le Togo fait son entrée dans le Top 100 des pays où il est le plus facile de faire des affaires, avec un bond de 40 places et un score de 62,3, en amélioration de 7 points par rapport à l’an dernier.

7775 sani in nous allons maintenir le rythme des rformes et travailler davantage pour de meilleurs rsultats doing business ocb

Mieux, ces résultats font du Togo le 3ème pays le plus réformateur au monde, 1er sur le continent avec 40 points d’évolution par rapport au précédent classement, devant des nations comme le Rwanda, le Nigéria ou encore l’Afrique du Sud. Ces résultats, le Togo les doit principalement à 05 réformes réussies.

La création d’entreprise, avec la suppression de l’obligation d’authentification des documents et le raccourcissement du délai d’enregistrement. Au Togo, il est devenu possible de créer son entreprise en 4 heures maximum. Grâce à cette réforme, le Togo fait un bon de 69 places, quittant du 84ème au 15ème rang mondial.

Le permis de construire, où le Togo a réduit les coûts et les délais d’obtention. Une formalité simplifiée par la mise en place d’un portail en ligne pour le dépôt des demandes.

Le raccordement à l’électricité où le Togo a fait baisser les coûts des travaux ainsi que du dépôt de garantie pour les nouveaux branchements.

Le transfert de propriété où là aussi, les coûts ont été réduits de manière considérable, la mise en place d’un guichet unique et d’un taux forfaitaire.

Enfin dernière réforme qui a révélé le Togo dans le prestigieux classement, l’obtention de prêts où le Togo marque là encore une énorme progression, quittant du 144ème rang au 48ème, avec un score de 70 contre 30 (+40).

Pour rappel, les 10 économies qui ont connu l’amélioration la plus notable dans le DB 2020 sont l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Togo, Bahreïn, le Tadjikistan, le Pakistan, le Koweït, la Chine, l’Inde et le Nigeria.

L’ACDIEF lance un salon pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin

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La deuxième édition du Salon International des Expositions Echanges et Foire au Féminin (SIEF) est officiellement lancée ce 24 octobre dans la capitale togolaise, Lomé sur le thème « entrepreneuriat des jeunes filles, un moyen pour l’atteinte de l’ODD5 ». Ce salon est ouvert à tous togolais comme étrangers et verra la participation des exposants des pays de la sous-région, des entrepreneurs, les jeunes filles, femmes, stylistes, bref tous ceux qui sont dans le domaine de la marquinerie et perlage.

Cette action de grandeur est à l’actif de l’Association Action Collective pour le Développement Intégral de l’Enfance et de la Jeune Fille (ACDIEF), qui veut faire de la gente féminine, un outil de développement, d’engagement et de leadership. Un monde qui comprend et se prend en charge par ces talents.

le public au lancement du salon
le public au lancement du salon

Pour Malm Flora, chargée de la promotion des droits de la jeune fille et de l’entrepreneuriat des jeunes « Le salon a été initié suite à un programme qui a été mis en place par l’acdief, le programme de mobilisation de la gente féminine pour une meilleure implication au processus de développement au Togo ou de leur communauté. Suite à ce programme nous avons eue à former certaines jeunes filles et après ces formations nous sommes dit pourquoi ne pas aller au-delà pour leur permettre de montrer ce qu’elles ont appris à travers les formations au public, voilà pourquoi l’organisation de ce salon. Pour cette deuxième édition toutes les exposantes ne sont pas des formées de l’acdief mais certaines sont d’acdief et d’autres sont déjà dans le domaine de la marquinerie, du perlage et autres domaines de l’artisanat »

Visite des stands
Visite des stands

Elle précise que l’objectif de l’ACDIEF en organisant ce salon est de permettre aux jeunes filles qui sont dans le domaine de la marquinerie, de l’art et autres de s’échanger, d’avoir des rencontres qui peuvent leur permettre d’exceller dans leur domaine de faire plus dans le milieu de l’entrepreneuriat, d’aller au-delà et être des leaders.

« Le SIEF, selon le président de l’ACDIEF, Gadje Koudjovi, est un cadre offert par l’ACDIEF à ces jeunes filles pour agrandir leurs carnets d’adresse, se faire découvrir et échanger avec d’autres » a-t-il précisé.

Le SIEF, c’est l’exposition des accessoires en pagne, perles, batik et autres articles à caractère culturel. Ce programme est spécialement destiné aux jeunes filles et femmes dénommé « programme de mobilisation de la gente féminine pour son implication au processus du développement au Togo ». Un programme qui a permis de former plus de quatre cent cinquante jeunes filles et femmes en entrepreneuriat.

La photo de famille après le lancement officiel
La photo de famille après le lancement officiel

Pendant quatre jours, cette deuxième édition du salon international des échanges, expositions et foire aux féminins (SIEF), beaucoup d’acteurs du monde entrepreneurial et numérique vont à travers des conférences débats sur les thèmes de l’entrepreneuriat et des formations pratiques sur les compétences numériques permettre aux participants de mieux cerner ces notions afin d’être compétitifs dans leur domaine d’activité. Ces outils très importants vont aussi leur permettant de vendre mieux non seulement autour d’elle mais au-delà des frontières. Le salon prend fin ce dimanche avec à l’affiche un défilé de mode. L’évènement cette année a eu le soutien indéfectible du FAIEJ et de Made in Togo.

Le SIEF vise aussi à mobiliser des fonds pour accompagner les jeunes filles formées à s’installer. C’est un rendez-vous riche en exposition, des rencontres B&B, des formations sur place et un défilé de mode. Le SIEF, C’est du 24 au 27 octobre 2019 à la place Anani Santos non loin du grand marché de Lomé.

L’ACDIEF est une organisation qui lutte essentiellement pour la protection des droits des enfants et de la jeune fille à travers l’éducation et la santé.

Joseph, pêcheur sénégalais : « Je peux être accusé de trafic d’êtres humains, si j’aide les migrants »

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Joseph, originaire du Sénégal est pêcheur à Lampedusa, une île italienne de 6 299 habitants. L’homme de 40 ans, sans papier pendant deux ans en Italie a finalement eu un titre de séjour de cinq(5) ans, lui permettant de travailler en tant que pêcheur sur l’une des iles des pélages, Lampedusa. Mais, la vie n’est pas toujours rose pour ce sénégalais.

Joseph était également pêcheur et parallèlement lutteur au Sénégal. Ce qui l’a amené en Italie, une blessure en 2014. Arrivé à Florence pour sa rééducation, le sénégalais a pris l’option du non-retour. « Je n’avais jamais pensé à aller en Europe mais une fois en Italie, j’ai décidé d’y rester. »

Après trois mois, le visa étant expiré, Joseph a travaillé dans l’ombre pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, restée au pays.

« J’ai d’abord été videur pendant deux ans dans une boite de nuit de Florence. Dès que la police arrivait, je partais en courant me cacher car j’avais trop peur d’être renvoyé au Sénégal. »

Après deux années passées à travailler au noir dans la région, joseph a finalement décroché un contrat de pêcheur de cinq ans à Lampedusa. Ceci, lui permet d’être à l’abri des autorités, du moins jusqu’en 2021. Dans l’exercice de cette nouvelle tâche, le sénégalais rencontre des migrants qu’il ne peut malheureusement pas secourir.

« Quand nous partons en mer plusieurs jours, nous croisons parfois des embarcations de migrants en détresse. C’est très dur pour moi car je me dis que je pourrais être à leur place. Malheureusement je ne peux pas les aider car sinon les autorités italiennes peuvent m’accuser d’être un trafiquant et me renvoyer au pays. »

L’idée d’un retour dans son pays, le Sénégal ne traverse plus l’esprit de cet homme de 40 ans, lui qui a participé à plusieurs combats au Nigéria, en Afrique du Sud, au Niger.

Togo : Kerozen fait taire la polémique

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Suite aux réactions de certains Togolais à l’invitation de l’artiste ivoirien du Couper-Décaler, Kerozen DJ à la fête de la bière, l’intéressé même s’y prononce.

Pour répondre à ceux qui ne souhaitent plus voir le poulain d’Emma Dobre  sur la scène au Togo, Kerozen sur sa page Facebook démontre qu’il est plus aimé au Togo.

Selon lui, « le Togo est le pays où ma musique a été plus mise en statut WhatsApp », a-t-il écrit.

Tout en renchérissant en Mina, langue la plus parlée au sud du Togo, Kerozen dit aimer en retour les Togolais, « Mes frères Togolais lékéo?  Moulomi n’tor, moulomi n’tor dèh », a indiqué le DJ ivoirien.

Car pour lui, il sera au Togo le nombre de fois qu’il sera invité, « c’est pourquoi 20 fois on m’invitera 20 fois je viendrai au Togo si mon temps me le permet ».

Kerozen dans ses écrits voit au-delà de tout, les enfants du même continent.

« Nous sommes tous Africains que DIEU nous garde rdv à la fête de la bière one love » a-t-il conclu.

Sotchi : Poutine veut doubler les échanges entre la Russie et l‘Afrique

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Une quarantaine de dirigeants africains sont à Sotchi pour le premier sommet Russie-Afrique, pendant deux jours. Ce rendez-vous doit symboliser le grand retour de Moscou en Afrique, notamment du côté économique.

L’image résume à elle seule les ambitions de Moscou en Afrique : Vladimir Poutine aux côtés de son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi devant un parterre de dirigeants africains, à l’ouverture du sommet de Sotchi. La Russie veut gagner des marchés en Afrique. Elle veut diversifier ses échanges et rattraper le temps perdu dans les années 1990, après l’effondrement de l’URSS. 

Car si la Russie est de retour en Afrique, ce retour est encore modeste et le président russe veut aller plus loin dans cette reconquête. En 2018, les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique se sont élevées à environ 20 milliards de dollars. C’est beaucoup plus qu’il y a quelques années, mais c’est dix fois moins que la Chine.

Pour Vladimir Poutine, il faut que cela augmente plus vite : « À mon avis c’est très peu. Surtout si l’on tient compte du fait que sur ces 20 milliards… 7,7 milliards, correspondent à notre commerce avec l’Egypte. Soit 40 %. Mais nous avons beaucoup de partenaires potentiels en Afrique, vraiment beaucoup. Avec de bonnes perspectives de développement et un potentiel de croissance important. »

Vladimir Poutine veut ainsi doubler d’ici cinq ans le volume des échanges entre son pays et le continent africain. C’est un minimum, a ajouté le président russe. Et c’est notamment en diversifiant qu’ils comptent y arriver : « Le volume des échanges s’accroit et pas seulement dans les matières premières. Il augmente pour les produits agricoles et industriels. De manière générale, la Russie exporte davantage de produits agricoles dans le monde que d’armements. »

Le président russe a également promis de poursuivre sa politique d’effacement de la dette. Un point-clé de la stratégie russe de Moscou déjà utilisé ces dernières années pour négocier en échange des contrats d’armements ou dans le nucléaire civile.

Mais Moscou a, bien sûr, d’autres ambitions sur le continent africain. On a beaucoup parlé ces deux dernières années de la présence de mercenaires russes dans certains pays, de l’arrivée d’armes et de conseillers militaires en République centrafricaine. Une éruption qui a surpris et inquiété certains pays, comme la France. Pour Moscou, c’est du moins le discours qui est tenu ici, c’est d’abord l’économie qui se trouve au cœur des ambitions russes et ce marché africain destiné à croître dans les prochaines décennies.

Source rfi

Jean-Pierre Fabre : « la persévérance paie toujours »

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La présidentielle au Togo, c’est dans six mois, en avril 2020. Et face au président sortant Faure Gnassingbé, Jean-Pierre Fabre vient d’être investi candidat. C’était samedi dernier lors du congrès de l’ANC, l’Alliance nationale pour le changement, le principal parti d’opposition. Deux fois, Jean-Pierre Fabre a perdu. Mais cette fois, il croit à une élection transparente, grâce notamment aux pressions d’Emmanuel Macron et de sa ministre porte-parole Sibeth Ndiaye. Pourquoi elle ? En ligne de Lomé, M. Fabre répond aux questions de RFI.

RFI : Deux fois, vous avez perdu. Pourquoi vous représentez-vous ?

Jean-Pierre Fabre : Parce que la persévérance paie toujours. Vous savez, vous auriez pu poser cette question à plusieurs chefs d’État. Monsieur Jacques Chirac, monsieur François Mitterrand… Proche de chez nous, ici, le président Nana Akufo-Addo… Donc la persévérance paie. Et ensuite, c’est un serment que j’ai fait, d’œuvrer inlassablement à l’instauration de la démocratie et de l’État de droit chez moi. Il faut que je termine le boulot.

Mais si vous avez perdu en 2010 et en 2015, qu’est-ce qui vous fait penser que cette fois est la bonne ?

En vérité, tout le monde sait que je n’ai pas perdu, mais que ce sont les conditions de transparence et d’équité du scrutin qui manquaient. Et donc aujourd’hui, nous allons nous atteler en profondeur à une amélioration significative du cadre électoral.

Le 24 septembre, vous avez écrit au chef de l’État Faure Gnassingbé pour lui demander d’ouvrir des discussions sur l’organisation de la présidentielle d’avril prochain, notamment sur le fichier électoral, composition de la CENI et la composition de la Cour constitutionnelle. Mais pour l’instant, le pouvoir ne vous a pas répondu.

Le chef de l’État ne m’a pas répondu. Mais j’ai eu beaucoup de discussions avec les représentants de la communauté internationale au Togo, comme des ambassadeurs. Je rentre de voyage et j’ai eu des discussions il y a une semaine exactement au Quai d’Orsay. Je crois que chacun comprend la nécessité de cette discussion pour asseoir un cadre électoral crédible, transparent.

Et vous demandez à la Cédéao, et notamment aux présidents guinéen Alpha Condé et ghanéen Nana Akufo-Addo, d’intervenir auprès du pouvoir togolais dans ce sens ?

Nous ne l’avons pas encore demandé, parce que nous avons été échaudés par l’attitude des chefs d’État de la CEDEAO, l’année dernière, et donc nous sommes très prudents. Mais nous pensons qu’une combinaison des efforts de toutes les composantes de la communauté internationale avec la pression intérieure va aboutir à l’ouverture de cette discussion pour que nous puissions avoir un cadre électoral normal.

Qu’est-ce que vous appelez la « pression intérieure » ?

La mobilisation populaire. Nous n’avons pas le choix. Nous n’étions pas très loin d’obtenir des résultats, lorsque la CEDEAO s’est interposée entre le pouvoir et nous, en février 2018.

Vous pensez aux grandes manifestations de 2017-2018 à Lomé et en province ?

Bien sûr. Nous n’étions pas très loin. Et est-ce que nous avons commis une erreur de faire confiance à la CEDEAO, alors que déjà en 2005 elle avait fait la même chose ? Elle s’était interposée pour que finalement on obtienne des élections qui se sont terminées par un massacre de population.

Vous vous dites prêt à manifester, mais depuis le mois d’août dernier une nouvelle loi restreint sévèrement le droit de manifester au Togo.

Oui, vous avez raison. Mais cette loi, en vérité, interdit pratiquement les manifestations au Togo. Cette loi a été dénoncée par les Nations unies, qui déclarent qu’elle viole les droits humains, notamment la liberté d’expression et la liberté de manifester. Donc nous allons faire les démarches, mais nous n’allons pas respecter une loi inique, dénoncée par les Nations unies qui demandent une nouvelle lecture de la loi.

Vous reprochez à la CEDEAO de vous avoir laissé tomber deux fois, en 2005 et en 2018. Pourtant, vous faites appel à elle. N’est-ce pas une contradiction ?

En politique, il n’y a pas toujours des contradictions. Les institutions sous-régionales et continentales sont là pour qu’on les saisisse. Et lorsqu’un problème se pose, notre seule arme, c’est la saisine de ces institutions.

Vous êtes déçu par Alpha Condé et Nana Akufo-Addo ?

Je vais répondre oui, parce que leur histoire personnelle nous a menés à croire qu’ils allaient s’investir pour qu’on obtienne un meilleur résultat. Nous n’avons pas compris que cette mission de la CEDEAO se soit terminée en queue de poisson, et que depuis on n’ait plus aucune nouvelle de ces chefs d’État.

Et Emmanuel Macron ?

Question importante. Vous savez, monsieur Emmanuel Macron a manifesté une volonté de changer les rapports entre la France et l’Afrique. Surtout qu’il a autour de lui des responsables politiques d’origine togolaise. Il y a une députée. Je pense qu’elle s’appelle Laetitia Avia. Et encore plus proche, il y a une ministre porte-parole du gouvernement actuel. Il y a des liens avec le Togo et c’est madame Sibeth Ndiaye,qui a des parents au Togo.

Sa maman est togolaise…

Dont la maman est togolaise… Donc c’est une situation favorable pour nous, parce que ces personnes ne peuvent pas être insensibles à la situation actuelle au Togo. On ne peut pas être ministre dans un gouvernement d’un pays comme la France – une démocratie avancée – et fermer les yeux sur ce qui se passe dans son pays d’origine. Donc ce sont des canaux par lesquels nous pouvons faire parvenir des messages.

Et si le pouvoir togolais fait la sourde oreille et refuse toute discussion sur la transparence du scrutin à venir, est-ce que vous irez quand même à la présidentielle d’avril prochain ou est-ce que vous la boycotterez ?

Je ne vais pas répondre à cette question. Je dis que nous ferons la pression nécessaire, en conjuguant nos efforts avec ceux de la communauté internationale pour que, pour une fois, se déroulent au Togo des élections normales qui ne se terminent pas par des massacres de populations. Et donc si la communauté internationale veut régler les problèmes en amont, il vaut mieux qu’elle s’implique également et qu’elle use de son influence.

Source Rfi